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Chroniques musique (juillet-août) : Marguerite sur écoute !

ELECTRO

                                           

 Forest Swords

 Compassion, Ninja Tune, 2017

Forest Swords est le projet du britannique Matthew Barnes, après son premier album Engravings, paru en 2013 sur le label Triangle, le voici de retour avec un nouvel LP.

Suite à plusieurs collaborations, notamment avec le groupe Massive Attack, le musicien et producteur, propose, avec Compassion, une musique expérimentale, proche du trip-hop, du dub, où des sonorités orientales ou tribales s’invitent sur certains morceaux. Des nappes instrumentales inquiétantes ou plus tranquilles font leur apparition et laissent cours à la rêverie, parfois la mélancolie. A d’autres instants des éléments synthétiques peuvent surgir et rappeler une certaine rudesse de la musique électronique.

La musique de Forest Swords est puissante car elle est riche, sans être fourre-tout. Il faut du talent pour restituer autant de facettes de la musique électronique et Matthew Barnes y parvient, nous entrainant dans une heure de divagation émotionnelle et musicale.

 

FUSION LATINE

 

Orkesta Mendoza

¡Vamos a guarachar! Glitterbeat records, 2016

Avec l’élection de Donald Trump, on a oublié qu’une bonne partie du sud des États-Unis est de plus en plus hispanophone (s’il ne l’a pas toujours été). Voici donc un combo de Tucson, Arizona, emmené par un des musiciens du groupe Calexico, célébrant les Cumbias, Mambos et autres Rancheras à la manière des voisins mexicains. Enfin, pas tout à fait, Sergio Mendoza et ses acolytes aiment trop le Rock pour ne pas insuffler quelques guitares « surf »et une touche de psychédélisme. On pense parfois aux groupes alternatifs de Barcelone comme Dusminguet, mais avec le charisme du chanteur mexicain Salvador Duran et un savoir-faire certain de l’orchestre, la sauce (piquante !) prend rapidement.

 

 

MUSIQUE CLASSIQUE

 

Filarmonica della Scala

Riccardo Chailly, dir.

Overtures, preludes & intermezzi  Decca, 2017

Cet enregistrement célèbre plus de 230 ans de créations dans la légendaire salle milanaise.

Le programme présente une sélection d’extraits symphoniques d’opéras italiens du XIXème siècle, créés à la Scala.

On y trouve des tubes (Norma, Madame Butterfly) mais également des ouvrages moins célèbres comme « Il finto Stanislao » de Verdi ou « Siberia » de Giordano. L’Orchestre Philharmonique de la Scala et Riccardo Chailly mettent magnifiquement en valeur ce répertoire inscrit dans leurs gènes.

 

 

 

ROCK

 

The Weirdos

Weird world 1977-1981 vol. 1 Frontier Records, 1991

 

We got the neutron bomb vol. 2 Frontier Records, 2003

The Weirdos est l’un des groupes phares de la scène punk de L.A.  de la fin des années 70 (avec X, les Germs et les Screamers).

Leur 1er single « destroy all music » sort en 1977 , il sera suivi par 2 maxi EP .

Le groupe est un équivalent humoristique de leurs collègues new-yorkais les Ramones,  avec un chanteur dont la voix ressemble à celle de David Johansen des N.Y. Dolls.

The Weirdos comme beaucoup de groupes punk de leur génération se séparent au début des années 80 pour se reformer ensuite début 90  donnant naissance à une compilation et un nouvel album « Condor ».

 

 

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Chroniques musique (juin) : Marguerite sur écoute !

ROCK

  The Outsiders

 Thinking about Today, Pseudonym Records, 2013

The Outsiders (65-70), groupe de rock néerlandais musicalement très proche des Pretty Things.
Ils enregistrent d’abord une version sauvage du rythme& blues américain, leur 1er album étant un recueil de leur 1er 45 tours et le second un live en studio. Le 3e album C.Q est quant à lui beaucoup plus psychédélique, proche de  SF Sorrow de leurs mentors Pretty Things,  un concept album réalisé avant Tommy des Who.
Malgré leur indéniable talent la popularité des Outsiders déclinera et le groupe se séparera en 1970.

En attendant tout fan de garage-psyché se doit de connaitre ce cd : Thinking about today, regroupant leurs trois albums.

Merci qui ? Merci Marguerite !

Période R&B :

Période rock :

 

MUSIQUE CLASSIQUE

Isabelle Druet, mezzo

Anne Le Bozec, piano.

Shakespeare songs, NoMadMusic, 2016

 

De Schubert à Castelnuovo-Tedesco, Isabelle Druet et Anne Le Bozec composent un joli florilège de chansons inspirées de Shakespeare, issues de ses comédies, ses tragédies ou sa poésie. Virtuose du langage, maître des sentiments humains, expert des intrigues machiavéliques du pouvoir et des tyrans, chantre de l’amour et du jour présent : voici quelques uns des visages du message shakespearien. Ce récital plutôt intimiste et mélancolique montre comment des musiciens français (Berlioz, Chausson, Saint-Saëns, Poulenc) ou germaniques (Wolf, Brahms, Schumann, Korngold) ont fait leur les figures d’Ophélie ou de Desdémone.

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Chroniques musique (avril) : Marguerite sur écoute !

CHANSON FRANÇAISE

 

Mathilde

Je les aime tous, Naïve, 2016

 

 

 

Ce premier album de Mathilde, découverte dans l’émission The Voice sur TF1, dévoile sept reprises de classiques de la chanson française et cinq compositions originales. Il est le fruit de la collaboration entre la chanteuse et de grands artistes de jazz qu’elle affectionne tout particulièrement, comme le trompettiste Stéphane Belmondo et le pianiste Jacky Terrasson.

Avec sa voix puissante et douce, l’artiste ouvre les horizons de ce genre plutôt réservé aux connaisseurs. Ce qui est particulièrement réussi à travers ses reprises de l’Hymne à l’amour d’Edith Piaf, Une chanson douce d’Henri Salvador ou La Javanaise de Serge Gainsbourg. Ainsi, au fil des douze titres de son disque, on se laisse porter par sa voix qui nous parle d’amour. Car cet album parle avant tout d’amour sous toutes ses formes : passionnel, charnel, perdu, naissant… Mathilde les aime tous et nous le prouve avec talent.

 

 

 

MUSIQUE CLASSIQUE

 

 

Richard Strauss

Eine Alpensinfonie,BR Klassik, 2016

 

 

 

Dans ces deux chefs-d’œuvre du répertoire post-romantique germanique, l’auditeur n’est plus seulement spectateur, mais aussi acteur ! Le voici au pied des pentes, au contact de l’immensité minérale, mesurant avec inquiétude l’effort démesuré à accomplir. Le grain, la dureté des cordes lorsque c’est nécessaire, le caractère organique et vivant de la masse minérale du son, l’éclat aveuglant des cuivres sont proprement fascinants. Ce Strauss atteint des paroxysmes d’émotions lorsque l’étagement des plans sonores offre une profondeur inouïe dans la gamme des expressions. Un chef de génie et un orchestre superlatif qui brille, exulte et montre au public présent à l’occasion de cet enregistrement en concert, l’incroyable richesse de sa palette sonore.

 

 

 

ROCK

 

Les Météors

Wreckin’ Crew, Sanctuary Records, 1983

 

 

 

Les Météors sont un trio anglais formé au début des années 80 autour de P. Paul Fenech (guitare, voix ).

Ils sont le premier groupe de psychobilly, un mélange musical de rockabilly et de punk-rock accompagné de paroles inspirées par la science-fiction et divers films d’horreur de série B.

Suivi par un public «  turbulent » les Météors sont un peu un équivalent anglais aux Cramps : ils diffusent une musique directe issue de la tradition rock & roll mais d’une façon menaçante et particulièrement rageuse.

Toujours en activité, les Météors ont changé de line-up maintes fois, P. Paul Fenech restant le seul membre du groupe d’origine. Wreckin’ Crew demeure l’un de leurs meilleurs albums.

 

 

 

 

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Chroniques musique (mars) : Marguerite sur écoute !

CHANSON

rejane

La Réjane

La Réjane, Autoproduction, 2016

La Réjane, c’est Hélène Argo, une chanteuse qui a longtemps navigué dans les eaux chatoyantes du jazz et de la musique brésilienne avant de se révéler comme auteur-compositeur avec ce premier disque. Juste accompagnée du multi-instrumentiste Thomas Coeuriot (Biolay, Souchon, etc), elle livre un opus étonnamment charmeur. Bien qu’on ait l’impression d’être parfois en terrain connu, on se laisse porter par ces mots et ce timbre hypnotisant de musicalité. A suivre…

 

 

ROCK

cocker

Joe Cocker  

Sheffield steel, Island records, 1982

Au début des années 80, épuisé par les excès et les substances en tout genre, prématurément vieilli, Joe Cocker est au bord de la déchéance et de l’oubli. Grâce à Chris Blackwell, qui l’accueille sur son label Island, il reprend le chemin des studios en 1982. Blackwell, alors producteur de Bob Marley, lui adjoint la fantastique rythmique jamaïcaine Sly &Robbie, ainsi que quelques musiciens de studios de Kingston. On retrouve aussi un des orfèvres de de la world music émergente de l’époque, le claviériste Wally Badarou. Même si le répertoire est majoritairement composé de R&B et de rock, comme toujours chez Cocker, le rythme est clairement chaloupé et la guitare atmosphérique d’Adrian Belew (de King Crimson) apporte la touche originale ultime au propos. Bien loin de ses productions ultérieures, souvent marquées par la lourdeur et les clichés, cet opus est probablement un des meilleurs de la discographie du chanteur anglais.

 

 

MUSIQUE CLASSIQUE

 

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André Navarra

The Cello, cristal records classique, 2016

 

 

 

En 15 ans (de 1954 à 1969), André Navarra aura enregistré la plupart des oeuvres majeures du répertoire du violoncelle avec les plus grands orchestres (Halle Orchestra, Orchestre de Paris, Czech Philharmonic) conduits par des chefs d’orchestres tels que Sir John Barbirolli, Charles Munch ou Karel Ancerl. En harmonie avec ces grands musiciens, il a su aborder tous les styles, depuis la finesse de la musique française de Lalo et Saint-Saëns en passant par le romantisme de Dvorak, Brahms et Elgar, le bouillonnement slave de Prokofiev, Khatchatourian, Martinu et Kodaly. Cependant, cette carrière de soliste hors du commun a trop souvent été occultée par la renommée du maître prodigue de la grande École française du violoncelle (on compte parmi ses élèves Frédéric Lodéon, Etienne Péclard ou Philippe Müller qui a repris la classe du maître au conservatoire à sa mort en 1988 ). Ce coffret qui reprend des bandes radiophoniques soigneusement remastérisées montre à quel point Navarra était un musicien exceptionnel, aimant se mesurer à l’orchestre grâce à une puissance de jeu phénoménale n’excluant jamais la délicatesse.

 

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Chroniques musique (février) : Marguerite sur écoute !

JAZZ

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Yussef Kamaal

Black focus., Brownswood Recordings, 2016

Contrairement à ce que laisseraient penser la pochette et le titre, ce disque n’est pas une fusion musique orientale-jazz à la Rabih Abou-Khalil, par exemple. Il s’agit de musiciens britanniques jouant un jazz très ouvert aux tendances actuelles. Le groupe Yussef Kamaal, mené par le batteur Yussef Dayes et le claviériste Kamaal Williams, semble se situer dans la mouvance de Robert Glasper, mais ce n’est qu’une apparence. S’ils incorporent des éléments de hip-hop, les londoniens regardent souvent dans le rétroviseur des 70’s, version jazz-rock et fusion, et s’inspirent clairement des sons de la métropole anglaise, du trip-Hop au drum and bass, avec un zeste de psychédélisme. Et toujours avec cette touche funky dont le virtuose de la basse Tom Driessler n’est pas pour rien. Ce disque, leur premier sur le label de Gilles Peterson, est plus que prometteur.

 

 

ROCK

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Sex pistols

Spunk, Sanctuary, 2015

 

Enregistré fin 76 – début 77 cet album, Spunk, est à l’origine une maquette diffusée quelques mois avant la parution du disque officiel des Sex Pistols.

Moins puissant au niveau du son, Spunk est marqué par la présence de Glen Matlock, bassiste originel et âme musicale du groupe.

En effet, pratiquement toutes les chansons du groupe sont conçues à partir de ses idées musicales puissamment complétées par Paul Cook (batterie) et Steve Jones (guitare). Johnny Rotten écrivant les paroles. Les lignes de basses sont ici bien plus remarquables et présentes que sur Never Mind the Bollocks où celles-ci sont tenues en grande partie par Steve Jones. (Sid Vicious le nouveau bassiste s’avérant trop inexpérimenté.

Inutile de préciser que lorsque les Pistols se séparent de Matlock, ils n’ont plus beaucoup de chance de survie musicale (le groupe « splittera » en 1978).

Replongeons-nous, pour ce quarantième anniversaire de la naissance du punk-rock, sur les origines anglaises du mouvement !