Les Booktubeurs, ces prescripteurs des temps modernes

Qui fait vendre le plus de livres à votre avis ? Le grand journal ? On est pas couché ? Télé-matin ? Et non, le plus grand prescripteurs de livres c’est… La Grande Librairie. L’émission étant citée en tête par 72% des libraires.

Mais en ce qui concerne un pan entier de la littérature, à savoir la « Young Literature » (littérature adulescente), les recommandations des professionnels et les médias traditionnels tendent largement à être relégués au second plan face aux critiques et aux conseils de lecture qui circulent sur Internet.

Et oui, aujourd’hui ceux qui dictent ces lectures ce sont les booktubeurs! Ce néologisme est la contraction de deux mots anglais : book, soit livre et YouTube, la plateforme américaine de vidéos en ligne. Et bien que les chroniques littéraires existent depuis le lancement de la plateforme en 2005, il a fallu attendre 2009 pour que la tendance prenne de l’ampleur aux Etats-Unis. Aujourd’hui le phénomène est mondial.

Pour exemple El collectionista de Mundos ou encore Poland Bananas Books  cumulent à eux deux près de 350 000 abonnés dans le monde entier. Leur passion ? Parler bouquins dans des vidéos. Ce sont les fameux booktubeurs dont on vous parle!

En France, ils sont de plus en plus nombreux. Les Histoires de Margaux, Les lectures de NiNe, FairyNeverland… Bref tout un réseau de mordus de lecture. Des filles en majorité, mais pas que.

Les histoires de Margaux

Les lectures de NINE

FairyNeverland

Et un garçon !!!

 

Pas aussi suivis que leurs homologues étrangers, ces booktubeuses et booktubeurs gagnent néanmoins chaque jour en influence et intéressent de plus en plus les éditeurs. Ainsi sans Fairy Neverland, le livre Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers n’aurait jamais vu le jour. C’est elle qui, après avoir découvert ce roman dans sa version originale (il avait complètement échappé aux éditeurs français!), informe la maison d’édition Pocket Jeunesse de son coup de cœur. Le livre sort alors dans sa version française et devient un best-seller. Ici la booktubeuse est aussi devenue dénicheuse de talents.

Pour de nombreux acteurs de ce qu’il est convenu d’appeler le web 2.0 (ou web participatif), le but est moins de faire découvrir aux gens la littérature qu’on enseigne à l’école que la littérature qu’on aime, la littérature plaisir. Depuis ce nouvel espace de prise de parole ces jeunes booktubeurs s’adressent à toute une population de lecteurs de cette  » Young literature  » délaissée par les médias traditionnels ou, au contraire, méfiante face au harcèlement marketing de certaines maisons d’édition.

Ces nouveaux acteurs rebattent donc les cartes en créant un effet de proximité renforcé par l’authenticité ou la spontanéité de leurs critiques.

 

 

Côté bibliothèques ?

De nombreux établissements comblent leurs retards et adoptent petit à petit les codes en vigueur sur le web comme les échanges actifs avec les lecteurs, challenges et autres défis. Voici un échantillons de quelques bibliothèques qui produisent des contenus vidéos :

Le club de lecture ados de la bibliothèque de Montreuil

A Paris nos amis de Louise Michel ont déjà expérimenté

La bibliothèque de Chelles

 

 

A noter enfin  que le Salon du livre et de la presse jeunesse organise cette année la deuxième édition du concours BookTube Power. Et voici la vidéo de Mila la gagnante du concours 2015

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Chroniques musique (décembre) : Marguerite sur écoute !

ROCK

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Kilburn & The High Roads

Handsome, Cherry Red Records, 1974

Formé autour du chanteur Ian Dury, en 1970, le groupe est hors normes musicalement :

Il se situe à la lisière du jazz, du rock et du cabaret. Mais ce qui marque le plus dans ce groupe est sa grande maturité musicale. Ils vont enregistrer deux albums exceptionnels, en 1975 et 1978, sans rencontrer de véritable succès, malgré la reconnaissance unanime des critiques.

A la dissolution du groupe en 78, Ian Dury formera quant à lui les Blockheads (les têtes de c… ) et entamera alors une brillante carrière internationale illustrée par quelques hits, dont le fameux Sex & drugs & rock&roll !

 

 

 MUSIQUE CONTEMPORAINE

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Philip Glass/Bruce Levingston (piano), Ethan Hawke (voix)

Dreaming awake, Sono Luminus, 2016

Le pianiste américain Bruce Levingston livre une interprétation admirable des compositions de Philip Glass. Au programme un arrangement pour piano hypnotique de la bande originale The Illusionnist, les études dont la numéro 2 avec de subtiles allusions à Bach et Chopin, sans oublier la lecture de l’acteur Ethan Hawke du poème Wichita Vortex Sutra d’Allen Ginsberg…. un joli écho de la performance de Ginsberg et Philip Glass en 1988.

ELECTRO

betterBetter Perspective : Technimatic

Better Perspective, Shogun,  2016

Deuxième album pour Pete Rogers et Andy Powell, le duo Technimatic, qui nous propose toujours une Drum&Bass mélodique et accessible, aux accents Pop et Soul, parfois pas si loin du Trip Hop. Les ambiances dégagent une certaine sophistication, voire du lyrisme, et le duo de Brighton ne néglige aucun détail. Même si on pourrait reprocher un manque d’aspérités à cet opus (mais est-ce obligatoire ?), où la dimension « tubesque »de certains titres est évidente, on ne peut que saluer l’incontestable qualité de la production. A suivre.

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Femmes solidaires dans l’Est parisien : Amicie Lebaudy (1847-1917)

Le fonds Découverte de l’Est parisien de la médiathèque, en partenariat avec le Pavillon de l’Ermitage, vous propose la dernière chronique de la série consacrée aux femmes solidaires dans l’Est parisien, dans le cadre de l’exposition actuellement visible au Pavillon de l’Ermitage jusqu’au 18 décembre 2016.

 

Amicie Lebaudy (1847-1917) : « Mère pieuse, tout sauf charitable »

 

Chronique n° 4 / 4

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Profil d’Amicie Lebaudy en médaillon © Coll. Amis de l’Ermitage

En 1863, Marguerite Amicie Piou, seize ans, épouse Jules Lebaudy, trente-cinq ans, propriétaire d’une raffinerie de sucre et bon parti.

Bon parti certes, mais plus pour longtemps.

Lebaudy et son fils cadet, dit « le petit sucrier », salissent la réputation familiale par leurs extravagances financières. Amicie quitte alors le foyer conjugal pour s’installer seule dans le quartier de Saint-Lazare.

Elle n’a désormais plus qu’une idée  : se consacrer à la cause ouvrière en construisant des logements sociaux pour les employés de la raffinerie.

Elle fonde alors le Groupe des Maisons ouvrières qui érige des immeubles d’habitations permettant aux familles d’ouvriers de vivre, contre un modeste loyer, dans un lieu sain qui leur assure de garder leur force de travail entière.

Ces logements deviennent aussi un lieu d’éducation : les murs sont parés de décors sculptés, moulés ou en mosaïque pour éveiller les consciences à l’art. La concierge, elle, surveille que les mœurs des habitants ne se dissipent pas.

L’entreprise construite par Amicie devient en 1917 la Fondation Lebaudy, à qui l’on doit aujourd’hui plus de trente immeubles d’habitations dans Paris.

 

Lire la chronique précédente
 

« Femmes solidaires – sociabilité mondaine et philanthropie dans l’Est parisien» au Pavillon de l’Ermitage, du 15 septembre au 18 décembre 2016 (ouverture du jeudi au dimanche 14 h – 17 h 30)

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