Sans modération

Chroniques musique (juin) : Marguerite sur écoute !

ROCK

  The Outsiders

 Thinking about Today, Pseudonym Records, 2013

The Outsiders (65-70), groupe de rock néerlandais musicalement très proche des Pretty Things.
Ils enregistrent d’abord une version sauvage du rythme& blues américain, leur 1er album étant un recueil de leur 1er 45 tours et le second un live en studio. Le 3e album C.Q est quant à lui beaucoup plus psychédélique, proche de  SF Sorrow de leurs mentors Pretty Things,  un concept album réalisé avant Tommy des Who.
Malgré leur indéniable talent la popularité des Outsiders déclinera et le groupe se séparera en 1970.

En attendant tout fan de garage-psyché se doit de connaitre ce cd : Thinking about today, regroupant leurs trois albums.

Merci qui ? Merci Marguerite !

Période R&B :

Période rock :

 

MUSIQUE CLASSIQUE

Isabelle Druet, mezzo

Anne Le Bozec, piano.

Shakespeare songs, NoMadMusic, 2016

 

De Schubert à Castelnuovo-Tedesco, Isabelle Druet et Anne Le Bozec composent un joli florilège de chansons inspirées de Shakespeare, issues de ses comédies, ses tragédies ou sa poésie. Virtuose du langage, maître des sentiments humains, expert des intrigues machiavéliques du pouvoir et des tyrans, chantre de l’amour et du jour présent : voici quelques uns des visages du message shakespearien. Ce récital plutôt intimiste et mélancolique montre comment des musiciens français (Berlioz, Chausson, Saint-Saëns, Poulenc) ou germaniques (Wolf, Brahms, Schumann, Korngold) ont fait leur les figures d’Ophélie ou de Desdémone.

Les coulisses

La semaine de Mazayo まさよ

Bonjour ! こんにちは

Je suis une bibliothécaire japonaise de la médiathèque de l’Institut français du Japon – Tokyo, donc le pays du Sushi et de « nyan-nyan » ! (miaou miaou en français).

J’ai commencé un stage d’observation dans la médiathèque Marguerite Duras  samedi dernier, dans le cadre d’une formation pour les bibliothécaires à l’étranger . Ma médiathèque se trouve au centre de Tokyo, mais elle est beaucoup plus petite qu’ici (1/15), mais c’est quand même la plus grande bibliothèque publique française au Japon.

En arrivant, lors de la visite guidée par Alexia, conservatrice, responsable adjointe de Marguerite Duras, j’ai eu l’impression de me sentir « Alice in wonderland ».

alice

Il n’y manque rien : toutes les collections, tout l’équipement, tous les espaces pour les usagers – enfants, adolescents, étudiants, adultes… –  Tous les animations et événements ainsi que les outils virtuels tels que Bibliothèque numérique et  la collection  « Lire autrement » … je n’ai jamais connu une bibliothèque pareille au Japon,  à ma connaissance.  Je trouve qu’ici  les médiathèques sont très en avance en matière de « Numérique ».  Mes amis  français, ne vous y trompez pas, les japonais ne sont pas si bien en technique de pointe dans le milieu de la bibliothèque !

Le bâtiment est une construction très agréable et bien organisée pour l’utilisation du public de même que pour le personnel, me semble-t-il.  Il est très important que le lieu ait du charme pour le public, dans ce sens notre médiathèque au Japon, elle est aussi très kawaï ! (afin de donner envie de venir).  Oui, c’est une bibliothèque « chouette », où on doit se sentir bien tant sympa que sérieux ?

Enfin, tout le personnel, en particulier, me donne une grosse envie de travailler ensemble, ce qui me semble le plus important, quand on est bibliothécaire.

La différence entre la médiathèque Marguerite Duras et la médiathèque français de Tokyo ? Pour  le savoir, venez visiter notre médiathèque, c’est la meilleure façon de vivre les médiathèques  !!

Merci beaucoup ! どうもありがとうございました

Masayo まさよ

lire autrement

Retour sur… L’Oreille ne fait pas la sieste (mai)

l'oreille-ne-fait-pas-la-sieste

Comme chaque mois, nous avons sélectionné pour vous quelques livres audio et vous avez aussi partagé vos coups de cœur. Si vous avez manqué la présentation faite à la médiathèque le jeudi 4 mai , vous pouvez retrouver les références des livres audio partagés ci-dessous et écouter quelques extraits.

Rendez-vous le jeudi 1 juin pour échanger autour d’une sélection de coups de cœur

Chanson douce / Texte de Leïla Slimani lu par Clotilde Courau

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

casqueÉcoutez un extrait de Chanson douce

Continuer / Texte de Laurent Mauvignier, lu par Denis Podalydès

Sibylle, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux. Comment en est-elle arrivée là ? Comment a-t-elle pu laisser passer sa vie sans elle ? Si elle pense avoir tout raté jusqu’à aujourd’hui, elle est décidée à empêcher son fils, Samuel, de sombrer sans rien tenter. Elle a ce projet fou de partir plusieurs mois avec lui à cheval dans les montagnes du Kirghizistan, afin de sauver ce fils qu’elle perd chaque jour davantage, et pour retrouver, peut-être, le fil de sa propre histoire.

casqueÉcoutez un extrait de Continuer

Moi, Malala, je lutte pour l’éducation et je résiste aux talibans / Texte de Malala Yousafzai, lu par Guila Clara Kessous

Témoignage de cette jeune Pakistanaise, victime de l’obscurantisme taliban, qui gêne les extrémistes par son engagement en faveur de l’éducation des filles dans son pays. Son combat, affirme-t-elle, est bien plus global : dans le monde, plus de soixante millions d’enfants sont non scolarisés. Elle a reçu le Prix Nobel de la paix 2014.

casqueÉcoutez un extrait de Moi, Malala

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur / Texte de Herper Lee, lu par Cachou Kirsch

Dans une petite ville d’Alabama, à l’époque de la Grande Dépression, Atticus
Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 – au coeur de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis –, connut un tel succès. Mais comment ce roman est-il devenu un livre culte dans le monde entier ? C’est que, tout en situant son sujet en Alabama dans les années 1930, Harper Lee a écrit un roman universel sur l’enfance. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique. Couronné par le prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur s’est vendu à plus de 40 millions d’exemplaires dans le monde entier..

casqueÉcoutez un extrait de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

En attendant Bojangles / Texte d’Olivier Bourdeaut, lu par Louis Arene

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur Mr. Bojangles de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.  Louis Arene sert avec délice cette histoire triste et drôle, tragique et étincelante, ce petit bijou au style si inventif et poétique.

casqueÉcoutez un extrait de En attendant Bojangles

Les coulisses

Le Paris de nos aînés

Tous les 15 jours nous recevons, les mercredis matins, 2 groupes de personnes âgées des Centre d’accueil de jour Les Balkans et Etimoë , pour une séance de lectures, de chansons, de contes ou de projections de films.

Ces séances conviviales sont très appréciées. Non seulement par le public, (quelques-unes de ces dames adorent chanter ) mais aussi par nous, bibliothécaires, qui les organisons. C’est l’occasion de mettre en valeur nos documents et faire découvrir des pépites.

La dernière séance était consacrée à Paris et nous vous recommandons le beau court métrage de Joris Ivens « La Seine a rencontré Paris » un documentaire poétique en noir et blanc de 1957.

Sur une musique originale de Philippe Gérard, enchanté(e)s par le commentaire de Jacques Prévert dit par Serge Reggiani nous pénétrons dans Paris par voie fluviale en nous laissant conduire au fil de l’eau. On participe au plaisir du cinéaste qui observe les gestes quotidiens des mariniers, des  artisans, filme à la dérobée des couples d’amoureux, un photographe et ses mannequins .

Puis (heureux hasard ?) survient un thème récurrent dans l’œuvre d’Ivens : l’orage fait fuir les promeneurs qui courent s’abriter.

Joris Ivens (1898-1989) eut une longue carrière d’artiste militant. Il répondit notamment à l’invitation de Poudovkine pour travailler en Union soviétique, il s’engagea aux côtés des républicains espagnols, puis porta témoignage sur tous les combats de ce que l’on a appelé le Tiers-mondisme. Cependant, si le sens de la responsabilité politique le préoccupait au plus au point, Joris Ivens ne renonça jamais au regard poétique qu’il aimait porter sur les choses et qui marquait déjà ses tout premiers films.

Le film de Joris Ivens  est un film-poème sur Paris et la vie parisienne aux bords de la Seine.
« Jacques Prévert n’a pas mis Paris en bouteille. Il l’a mis en Seine ».

Pour compléter cette projection nous avons lu des textes… de Prévert bien sûr ! « Chanson de la Seine », « Étranges étrangers », ainsi que ce « Couplet de la rue de Bagnolet » de Robert Desnos que nous vous livrons :

Couplet de la rue de Bagnolet

Le soleil de la rue de Bagnolet
N’est pas un soleil comme les autres.
Il se baigne dans le ruisseau,
Il se coiffe avec un seau,
Tout comme les autres,
Mais, quand il caresse mes épaules,
C’est bien lui et pas un autre,
Le soleil de la rue de Bagnolet
Qui conduit son cabriolet
Ailleurs qu’aux portes des palais.
Soleil ni beau ni laid,
Soleil tout drôle et tout content,
Soleil d’hiver et de printemps,
Soleil de la rue de Bagnolet,
Pas comme les autres.

Robert Desnos

Sans modération

Coup de cœur romans jeunesse : la démocratie en danger

Brexit, élection de Donald Trump, banalisation du FN, en ces temps de montée des extrémismes, la bibliothèque vous propose une sélection de romans jeunesse sur le sujet. Car comme le dit Stéphane Hessel : « Il n’est jamais trop tôt pour s’engager » ; et l’on pourrait ajouter : il n’est jamais trop tard pour découvrir ces textes !

On n’a rien vu venir – romans à sept voix – Alice Deuzio, 2012

Sept auteurs se sont réunis pour raconter, en sept chapitres, l’histoire de sept familles confrontées à l’arrivée au pouvoir d’un parti liberticide. Ce roman débute le soir des élections présidentielles: la population fête avec enthousiasme l’arrivée au pouvoir du Parti de la liberté qui leur promet du « nouveau » et « une société en mouvement ». Sous ces termes flous se cache un parti qui n’a pour liberté que le nom puisqu’un véritable régime totalitaire va peu à peu se mettre en place : aux obligations absurdes (se lever tous les jours à 6h33, n’écouter que les musiques autorisées par le Chef du Parti…), s’ajoutent des lois discriminatoires. Toute personne jugée un tant soit peu « différente » est désormais exclue. Dans chaque famille va germer l’idée de ne pas se conformer à l’ordre établi, et chacune à sa manière fera acte de résistance. Ce récit rappelle les romans d’anticipation de George Orwell (1984 et La ferme des animaux) et il évoque aussi bien évidemment la seconde guerre mondiale et le nazisme.

Un roman percutant qui montre l’importance du développement de l’esprit critique et qui sensibilise à l’engagement citoyen dès le plus jeune âge. Stéphane Hessel, militant politique et auteur du manifeste « Indignez-vous !» en signe la préface et s’adresse directement aux jeunes en leur disant « Il n’est jamais trop tôt pour s’engager ».

 

 

Guerre, et si ça nous arrivait ? – Janne Teller – Édition Les Grandes personnes, 2012

À cause d’une guerre qui éclate entre les pays de l’Union Européenne, une famille de Français s’exile en Égypte. Après un an d’enfermement dans un camp de réfugiés, elle obtient un titre de séjour permanent, et est autorisée à vivre à Assouan. Ils refont leur vie en vendant des pâtisseries. S’ils parviennent à s’insérer petit à petit dans cet autre pays, des détails leur rappelleront constamment qu’ils n’y resteront que des étrangers.

Il y a plusieurs choses dans ce court texte. La situation de guerre, puis celle de réfugiés, puis celle d’immigrés devant s’intégrer dans une société où ils sont considérés comme des citoyens de  » troisième zone « , et enfin ce qui reste de ce déplacement forcé même lorsque l’intégration a fini par se faire. L’interpellation directe du lecteur dans la courte introduction permet de se plonger dans cette situation, en fait un impératif qui marche au début, et qui glisse ensuite sur la personnalisation de ce  » tu  » dans le personnage principal du récit. C’est une vrai base de discussion, de réflexion, sur la situation des réfugiés et la difficulté de s’intégrer dans un pays d’accueil. Le texte est un peu court et rapide dans l’enchaînement des événements pour véritablement prendre le lecteur dans une narration, mais dans le même temps le côté lapidaire du texte permet de donner un aspect impitoyable, assené, au destin de cette famille.

 

 

Eux, c’est nous – Daniel Pennac ; illustré par Serge Bloch ; textes de Jessie Magana et Carole Saturna – publié par les éditeurs jeunesse avec les réfugiés – 2015

Répondant à l’appel des Éditons Sarbacane, l’ensemble des éditeurs jeunesse a publié ce livre à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant le 20 novembre, afin de réaffirmer haut et fort les valeurs d’accueil et de solidarité envers les réfugiés. Daniel Pennac a écrit un texte (l’instinct, le cœur et la raison) qui interpelle notre conscience d’être humain et nous rappelle que la France a su intégrer tout au long du XXè siècle des populations venues d’ailleurs. Puis Jessie Magana et Carole Saturno ont décliné les 8 lettres du mot réfugiés: Réfugié, Étranger, Frontière, Urgence, Guerre, Immigration, Économie, Solidarité afin de répondre aux questions des enfants. Le tout s’accompagne des très beaux dessins de Serge Bloch.

 

 

Matin brun – Franck Pavloff – Cheyne – 1998

Charlie et son copain vivent une époque trouble, celle de la montée d’un régime politique extrême : l’État brun. Pour éviter les ennuis, ils détournent les yeux. Une courte nouvelle sur les petites lâchetés qui peuvent mener au pire. L’auteur, d’origine bulgare, a écrit des romans et des nouvelles pour la jeunesse.

La belle histoire de Matin brun date de quinze ans, mais elle trouve une résonance particulière dans l’actualité électorale de ce printemps 2017. C’est en effet la qualification inattendue de Jean-Marie Le Pen pour le deuxième tour de l’élection présidentielle de 2002 qui a propulsé les ventes de cet apologue de onze pages paru quatre ans plus tôt et racontant comment la « peste brune » envahit sournoisement les esprits. Éditée par la petite maison d’édition indépendante Cheyne, la nouvelle s’est vendue à ce jour à près de deux millions d’exemplaires. (source : Livres Hebdo)

Le célèbre texte a été repris en 2014 dans un album illustré par les peintures murales de C215.