Sans modération

Chroniques musique (mai) : Marguerite sur écoute !

MUSIQUE AFRICAINE

 

Teta Lando

Independancia, 1975, Fanon records

1975, c’est l’année où l’Angola cesse d’être une colonie portugaise. Teta Lando célèbre l’événement avec quelques uns des meilleurs musiciens du moment, mais les différentes factions désirant accéder au pouvoir s’entredéchirent et il doit très rapidement s’exiler, pour ne revenir que quinze ans plus tard. Témoin d’une époque, ce disque fait la part belle au semba, ce rythme urbain né à Luanda quelques décennies plus tôt avec les premiers désirs d’émancipation, mais est aussi traversé de superbes Lamentos, pas si éloignés du Fado. Certains disent même que ce dernier viendrait d’Afrique. Quoi qu’il en soit, énergiques ou pleines de « saudade », ces chansons nous éclairent sur un pays et une époque bien méconnus sous nos latitudes…

 

CHANSON

Les 50 ans de Saravah

Divers artistes,2016, Saravah

Ceci n’est pas une compilation, c’est un hommage ! Saravah, le label de Pierre Barouh (qui nous a quitté en décembre 2016) a su, à l’image de son créateur, casser les codes, emprunter des chemins de traverse et prendre son temps. Cet opus est tout à fait dans l’esprit, bien que la nouvelle génération invitée soit, époque oblige, bien loin de l’humeur parfois foutraque des premiers artistes. N’empêche, les Camélia Jordana, Bertrand Belin, Jeanne Cherhal et autres se montrent tendrement respectueux, et ça marche. On a même droit à un duo François Morel-Yolande Moreau tout à fait réjouissant. Un bel adieu à Pierre Barouh.

 

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Chroniques musique (avril) : Marguerite sur écoute !

CHANSON FRANÇAISE

 

Mathilde

Je les aime tous, Naïve, 2016

 

 

 

Ce premier album de Mathilde, découverte dans l’émission The Voice sur TF1, dévoile sept reprises de classiques de la chanson française et cinq compositions originales. Il est le fruit de la collaboration entre la chanteuse et de grands artistes de jazz qu’elle affectionne tout particulièrement, comme le trompettiste Stéphane Belmondo et le pianiste Jacky Terrasson.

Avec sa voix puissante et douce, l’artiste ouvre les horizons de ce genre plutôt réservé aux connaisseurs. Ce qui est particulièrement réussi à travers ses reprises de l’Hymne à l’amour d’Edith Piaf, Une chanson douce d’Henri Salvador ou La Javanaise de Serge Gainsbourg. Ainsi, au fil des douze titres de son disque, on se laisse porter par sa voix qui nous parle d’amour. Car cet album parle avant tout d’amour sous toutes ses formes : passionnel, charnel, perdu, naissant… Mathilde les aime tous et nous le prouve avec talent.

 

 

 

MUSIQUE CLASSIQUE

 

 

Richard Strauss

Eine Alpensinfonie,BR Klassik, 2016

 

 

 

Dans ces deux chefs-d’œuvre du répertoire post-romantique germanique, l’auditeur n’est plus seulement spectateur, mais aussi acteur ! Le voici au pied des pentes, au contact de l’immensité minérale, mesurant avec inquiétude l’effort démesuré à accomplir. Le grain, la dureté des cordes lorsque c’est nécessaire, le caractère organique et vivant de la masse minérale du son, l’éclat aveuglant des cuivres sont proprement fascinants. Ce Strauss atteint des paroxysmes d’émotions lorsque l’étagement des plans sonores offre une profondeur inouïe dans la gamme des expressions. Un chef de génie et un orchestre superlatif qui brille, exulte et montre au public présent à l’occasion de cet enregistrement en concert, l’incroyable richesse de sa palette sonore.

 

 

 

ROCK

 

Les Météors

Wreckin’ Crew, Sanctuary Records, 1983

 

 

 

Les Météors sont un trio anglais formé au début des années 80 autour de P. Paul Fenech (guitare, voix ).

Ils sont le premier groupe de psychobilly, un mélange musical de rockabilly et de punk-rock accompagné de paroles inspirées par la science-fiction et divers films d’horreur de série B.

Suivi par un public «  turbulent » les Météors sont un peu un équivalent anglais aux Cramps : ils diffusent une musique directe issue de la tradition rock & roll mais d’une façon menaçante et particulièrement rageuse.

Toujours en activité, les Météors ont changé de line-up maintes fois, P. Paul Fenech restant le seul membre du groupe d’origine. Wreckin’ Crew demeure l’un de leurs meilleurs albums.

 

 

 

 

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Chroniques musique (mars) : Marguerite sur écoute !

CHANSON

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La Réjane

La Réjane, Autoproduction, 2016

La Réjane, c’est Hélène Argo, une chanteuse qui a longtemps navigué dans les eaux chatoyantes du jazz et de la musique brésilienne avant de se révéler comme auteur-compositeur avec ce premier disque. Juste accompagnée du multi-instrumentiste Thomas Coeuriot (Biolay, Souchon, etc), elle livre un opus étonnamment charmeur. Bien qu’on ait l’impression d’être parfois en terrain connu, on se laisse porter par ces mots et ce timbre hypnotisant de musicalité. A suivre…

 

 

ROCK

cocker

Joe Cocker  

Sheffield steel, Island records, 1982

Au début des années 80, épuisé par les excès et les substances en tout genre, prématurément vieilli, Joe Cocker est au bord de la déchéance et de l’oubli. Grâce à Chris Blackwell, qui l’accueille sur son label Island, il reprend le chemin des studios en 1982. Blackwell, alors producteur de Bob Marley, lui adjoint la fantastique rythmique jamaïcaine Sly &Robbie, ainsi que quelques musiciens de studios de Kingston. On retrouve aussi un des orfèvres de de la world music émergente de l’époque, le claviériste Wally Badarou. Même si le répertoire est majoritairement composé de R&B et de rock, comme toujours chez Cocker, le rythme est clairement chaloupé et la guitare atmosphérique d’Adrian Belew (de King Crimson) apporte la touche originale ultime au propos. Bien loin de ses productions ultérieures, souvent marquées par la lourdeur et les clichés, cet opus est probablement un des meilleurs de la discographie du chanteur anglais.

 

 

MUSIQUE CLASSIQUE

 

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André Navarra

The Cello, cristal records classique, 2016

 

 

 

En 15 ans (de 1954 à 1969), André Navarra aura enregistré la plupart des oeuvres majeures du répertoire du violoncelle avec les plus grands orchestres (Halle Orchestra, Orchestre de Paris, Czech Philharmonic) conduits par des chefs d’orchestres tels que Sir John Barbirolli, Charles Munch ou Karel Ancerl. En harmonie avec ces grands musiciens, il a su aborder tous les styles, depuis la finesse de la musique française de Lalo et Saint-Saëns en passant par le romantisme de Dvorak, Brahms et Elgar, le bouillonnement slave de Prokofiev, Khatchatourian, Martinu et Kodaly. Cependant, cette carrière de soliste hors du commun a trop souvent été occultée par la renommée du maître prodigue de la grande École française du violoncelle (on compte parmi ses élèves Frédéric Lodéon, Etienne Péclard ou Philippe Müller qui a repris la classe du maître au conservatoire à sa mort en 1988 ). Ce coffret qui reprend des bandes radiophoniques soigneusement remastérisées montre à quel point Navarra était un musicien exceptionnel, aimant se mesurer à l’orchestre grâce à une puissance de jeu phénoménale n’excluant jamais la délicatesse.

 

Sans modération

Chroniques musique (février) : Marguerite sur écoute !

JAZZ

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Yussef Kamaal

Black focus., Brownswood Recordings, 2016

Contrairement à ce que laisseraient penser la pochette et le titre, ce disque n’est pas une fusion musique orientale-jazz à la Rabih Abou-Khalil, par exemple. Il s’agit de musiciens britanniques jouant un jazz très ouvert aux tendances actuelles. Le groupe Yussef Kamaal, mené par le batteur Yussef Dayes et le claviériste Kamaal Williams, semble se situer dans la mouvance de Robert Glasper, mais ce n’est qu’une apparence. S’ils incorporent des éléments de hip-hop, les londoniens regardent souvent dans le rétroviseur des 70’s, version jazz-rock et fusion, et s’inspirent clairement des sons de la métropole anglaise, du trip-Hop au drum and bass, avec un zeste de psychédélisme. Et toujours avec cette touche funky dont le virtuose de la basse Tom Driessler n’est pas pour rien. Ce disque, leur premier sur le label de Gilles Peterson, est plus que prometteur.

 

 

ROCK

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Sex pistols

Spunk, Sanctuary, 2015

 

Enregistré fin 76 – début 77 cet album, Spunk, est à l’origine une maquette diffusée quelques mois avant la parution du disque officiel des Sex Pistols.

Moins puissant au niveau du son, Spunk est marqué par la présence de Glen Matlock, bassiste originel et âme musicale du groupe.

En effet, pratiquement toutes les chansons du groupe sont conçues à partir de ses idées musicales puissamment complétées par Paul Cook (batterie) et Steve Jones (guitare). Johnny Rotten écrivant les paroles. Les lignes de basses sont ici bien plus remarquables et présentes que sur Never Mind the Bollocks où celles-ci sont tenues en grande partie par Steve Jones. (Sid Vicious le nouveau bassiste s’avérant trop inexpérimenté.

Inutile de préciser que lorsque les Pistols se séparent de Matlock, ils n’ont plus beaucoup de chance de survie musicale (le groupe « splittera » en 1978).

Replongeons-nous, pour ce quarantième anniversaire de la naissance du punk-rock, sur les origines anglaises du mouvement !

 

 

 

A l'affiche!

Sieste musicale

 

20161217_151339Le samedi 17 décembre a eu lieu dans l’auditorium la première sieste musicale organisée par la médiathèque Duras.

Un moment doux et chaleureux, loin du stress et de la frénésie qui précède les fêtes de fin d’année.

Retrouvez la playlist diffusée lors de cet événement pour prolonger le plaisir !

CLIQUEZ ICI !

 

Et voici une présentation des artistes et des œuvres écoutées: