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Chroniques musique (novembre) : Marguerite sur écoute !

INCLASSABLE

 

banabilaMichel Banabila

Early works, things popping up from the past, 2016

Se définissant lui-même comme artiste sonore, le néerlandais Michel Banabila œuvre depuis les années 80 dans les mondes du cinéma, du théâtre et de la danse. Ce disque présente, comme son nom l’indique, ses premières productions et on y découvre un compositeur inspiré, déjà inclassable et intéressé par l’expérimentation. Si son travail sur les bourdons de la musique Drone et les samples (dont c’était les premiers pas) fascinent, on retiendra la fraîcheur de ses mélodies et de ses ambiances. Un disque qui pourrait séduire les aficionados de l’ambient, d’un certain jazz moderne, voire des compositeurs classiques du début du XXe siècle. Et surtout ceux qui, sans ornières, sont prêts à s’immerger dans l’univers de Michel Banabila.

 

 

ROCK

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Pure Hell

Noise addiction : 1978 New York & London sessions, Welfare Records, 2016

En 1978, Marguerite D. – grande fan de Rock comme chacun sait – eut la surprise de découvrir, en première partie de Johnny Thunders à Londres, un groupe de punk rockers entièrement noirs : Pure Hell.

Le groupe se forme en 1974 et se situe dans la lignée des Stooges et du MC5 et de Hendrix.

Ils migrent dès 75 à New York où le Glam est en train de virer au punk avec des groupes comme les Ramones, Television et autres Dead boys, et ouvrent l’un des derniers concerts des N.Y Dolls.

Pure Hell est en fait assez similaire aux Dead Boys : d’authentiques «  black trash ( !) » pratiquant un rock féroce et noisy. Un 45 tours sorti en 78 : une reprise de Nancy Sinatra : these boots are made for walking alors que leur excellent album « noise addiction » ne parait qu’en 2006.

Faute de succès le groupe se sépare en 1980.

Un groupe comme les Bad Brains, avec une carrière plus conséquente, cite Pure Hell comme une de leur influence principale.

Découvrez ce groupe atypique et leur album Noise Addiction ainsi qu’un dvd live en studio.

Merci Marguerite.

 

 

 

INCLASSABLE : musique contemporaine et musique électronique

Statea V. Wagner & Murcof

Vanessa Wagner & Murcof

Statea, InFiné, 2016

La rencontre de ces deux artistes était loin d’être évidente: l’une pianiste française au répertoire classique, le second un producteur de musique électro, Fernando Corona, plus connu sous le pseudonyme de Murcof.

Pourtant c’est à l’occasion d’un évènement proposé par le label InFiné, au cours duquel les deux musiciens étaient programmés, qu’ils se sont connus. Vanessa Wagner terminait d’interpréter d’une pièce d’Erik Satie, lorsque Murcof prit le relais afin de proposer une transition originale.

Suite à cela, les deux artistes se sont retrouvés et de là, est né ce projet intitulé « Statea » (soit « balance » en ancien italien), un album qui propose des réarrangements d’œuvres issues du répertoire de la musique classique et contemporaine (Satie, Cage, Glass…) avec un morceau, malgré tout, du groupe culte de musique électronique, Aphex Twin.

Ce disque nécessitera certainement plusieurs écoutes (j’en suis à la 4e !) afin d’être apprécié mais pas besoin d’être amateur de classique, de contemporain ou d’électro pour se laisser transporter vers des horizons riches et variés: certains thèmes sont revisités de manière plus sombre voire angoissante, d’autres plus cinématographique alors qu’au contraire, certains, mènent à la rêverie avec une légèreté que ne proposaient pas les orchestrations originales.

Alors soyez curieux et laissez-vous tenter par ce voyage…

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Chroniques musique (octobre) : Marguerite sur écoute !

MUSIQUE CLASSIQUE

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Romain Leleu & ensemble Convergences

Inspirations, Little Tribeca, 2016

Si vous avez aimé Sur la route, laissez-vous guider les yeux fermés au gré des inspirations de Romain Leleu. Le trompettiste nous entraîne dans un répertoire composé durant les deux ans de sa tournée. De l’aria de Bach aux salles obscures (« Cinema Paradisio »), le musicien nous livre les musiques qui l’accompagnent au quotidien. L’arrangement de « Youkali » avec l’ensemble à cordes Convergences est d’une mélancolie bouleversante.

A noter également la création de Vincent Peirani, « Random Obsession ».

 

Pour en savoir plus sur Romain Leleu

 

 

 

ROCK

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The Shaggs

Philosophy of the world, 1969

Voici un disque qui fut l’objet d’un véritable culte : enregistré en 1969 par les sœurs Wiggin sous la direction de leur père, il eut la réputation d’être le PIRE album de Rock jamais enregistré… Pourtant le disque plut particulièrement à des sommités comme Frank Zappa ou Capitain Beefheart.

Lester Bangs, le fameux critique et Kurt Cobain en firent même un de leurs disques de chevet. Quoi qu’il en soit, géniales ou nulles, les Shaggs préfigurent de dix ans des groupes entièrement féminins comme les Slits ou les Raincoats.

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Chroniques musique (septembre) : Marguerite sur écoute !

INCLASSABLE

 

strandebarm-450x450Stein Urheim

Strandebarm, Hubro 2016

Qu’il soit franc-tireur ou leader de groupe, le guitariste norvégien Stein Urheim a toujours suivi son propre chemin. Affilié au jazz moderne, il nous propose pour cet album inclassable l’étendue de ces influences : musique carnatique, ambient, drone music, jazz et surtout blues. Il dit s’être inspiré du fjord qui donne son nom à l’album, et de fait, les ambiances sont méditatives, rêveuses et généralement apaisées. Quelque chose du son « nordique » ressort de l’impression générale, comme si l’artiste avait tenté de faire sienne toutes ces références pour se forger une personnalité originale. Une tentative plutôt réussie…

 

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Tony Hymas joue Léo Ferré, Nato Music 2016

Ça fait quasiment vingt ans que le pianiste anglais tourne autour de l’œuvre de Léo Ferré. Interprétée en 1997 et enregistrée en 2011, il disait de la chanson Avec le temps que « C’est une magnifique pièce au piano comme la Sonate au clair de lune de Beethoven ». En 2015, il participe à un concert hommage à Ferré et enchante complètement le public. Il réitère l’expérience à deux reprises avec le même résultat ; s’impose alors l’enregistrement d’un disque. Seul au piano, l’éclectique Hymas fait très peu de jazz dans ces titres agencés comme un récital. Il livre 15 reprises de chansons très connues en commençant par les airs chantants (La vie d’artiste, Jolie môme, C’est extra… ) et en progressant vers l’univers mélancolique et révolté du poète anarchiste (Petite, Thank you Satan, Est-ce ainsi que les hommes vivent ?… ). On pense à Ravel et Beethoven qu’appréciait Le Lion. Délicatesse et force sont au rendez-vous pour cet hommage à Ferré qui aurait 100 ans le 24 août.

Léo Ferré le passionné de musique classique (article Télérama)

 

ROCK

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Real Kids

The Real kids, Norton records 1991

Après avoir joué en 1970 à Boston au sein des Modern Lovers, alors qu’il n’avait que quinze ans, John Felice monte les Real Kids en 1975. Leurs références : le rock & roll (ils reprennent aussi bien des morceaux d’Eddie Cochran que de Buddy Holy) et le rock sixties, côté Kinks et Rolling Stones). En 1978, paraît leur premier album éponyme : un coup de maître, alliant énergie et mélodies, qui rappelle les Flamin’ Groovies de la période Flamingo/Teenage Head. Ils sortiront ensuite plusieurs albums inégaux durant les années 80, malgré le changement de personnel. John Felice reste seul maître à bord et le groupe se sépare vers la fin des années 80. Devenus cultes, les Real Kids se sont retrouvés l’année dernière et tournent désormais à travers le monde…

 

MUSIQUE DU MONDE

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Rosemary Standley, Sylvain Griotto

A queen of hearts, Le Chant du Monde 2015

A queen of hearts renoue avec la tradition des tours de chant à l’américaine : une chanteuse, un pianiste. C’est un hommage glamour à la mélancolie des voix de Marlène Dietrich, Marilyn Monroe, Billie Holiday et autres chanteuses/actrices américaines. Ce précieux songbook donne à entendre des mélodies devenues des standards du classique, du jazz ou de la chanson. On retrouve Kurt Weill, Gershwin, Nina Simone, Carlos d’Alessio, etc. La voix pure de Rosemary Standley (du groupe Moriarty) se love comme dans un écrin dans l’accompagnement subtil de Sylvain Griotto.

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Chroniques musique (août) : Marguerite sur écoute !

MUSIQUE INCLASSABLE

 

691-756-thickboxBaeshi Bang

Vintage k-pop revisited, Buda Musique 2016

Si vous êtes fan d’ethio-jazz, vous connaissez sans doute le groupe parisien Akale Wube mené par le saxophoniste Etienne de la Sayette. Adepte de la sono mondiale, le musicien et son nouveau groupe lorgnent cette fois-ci du côté de l’Asie en revisitant les chansons du crooner coréen des années soixante Bae Ho, inconnu en France et oublié en Corée. Avec ces 10 reprises instrumentales, le quintet propose une musique inédite et pleine de charme mélangeant en toute liberté jazz, musique faussement naïve à la Comelade, ambiances cinématographiques, exotica rigolote, pop planante et easy listening. Si la mixture peut sembler hétéroclite, l’originalité et les qualités musicales sont au rendez-vous : douceur mélancolique, beauté des mélodies et osmose entre les musiciens.

 

JAZZ

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Makaya McCraven

In the moment, IARC 2016

C’est un faux disque live que nous propose le jeune batteur Makaya McCraven. Même si tout le matériel de base vient de ses concerts donnés en 2014, les enregistrement ont été découpés, remontés, transformés en boucle parfois. Le plus souvent accompagné d’un bassiste et d’un vibraphoniste, le batteur développe des climats très originaux, parfois fascinants. Entre jazz (il est bien là !) et hip-hop, avec quelques forts parfums électro. Moins « Soul brother » que Robert Glasper, Makaya McCraven joue dans la veine actuelle mais a visiblement un univers très personnel, dont cet album fait espérer qu’il s’épanouira dans l’avenir.

 

 

ROCK

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The Long Ryders

The best of the Long Ryders, Prima Records, 2009

The Long Ryders étaient un des principaux éléments de la scène rock de Los Angeles durant les années 80. Ils combinaient une inspiration mi-folk rock mi-country (le « Y » de Ryes étant un clin d’œil aux Byrds) avec une énergie héritée du mouvement punk et un attrait pour le psychédélisme.

On pourrait les comparer aux Flamine ‘ Groove de la 2e période, dont ils reprennent d’ailleurs un titre : Miser!

Après avoir enregistré quatre albums ils se séparent à la fin des années 80…