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Chroniques musique (octobre) : Marguerite sur écoute !

MUSIQUE CLASSIQUE

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Romain Leleu & ensemble Convergences

Inspirations, Little Tribeca, 2016

Si vous avez aimé Sur la route, laissez-vous guider les yeux fermés au gré des inspirations de Romain Leleu. Le trompettiste nous entraîne dans un répertoire composé durant les deux ans de sa tournée. De l’aria de Bach aux salles obscures (« Cinema Paradisio »), le musicien nous livre les musiques qui l’accompagnent au quotidien. L’arrangement de « Youkali » avec l’ensemble à cordes Convergences est d’une mélancolie bouleversante.

A noter également la création de Vincent Peirani, « Random Obsession ».

 

Pour en savoir plus sur Romain Leleu

 

 

 

ROCK

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The Shaggs

Philosophy of the world, 1969

Voici un disque qui fut l’objet d’un véritable culte : enregistré en 1969 par les sœurs Wiggin sous la direction de leur père, il eut la réputation d’être le PIRE album de Rock jamais enregistré… Pourtant le disque plut particulièrement à des sommités comme Frank Zappa ou Capitain Beefheart.

Lester Bangs, le fameux critique et Kurt Cobain en firent même un de leurs disques de chevet. Quoi qu’il en soit, géniales ou nulles, les Shaggs préfigurent de dix ans des groupes entièrement féminins comme les Slits ou les Raincoats.

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Chroniques musique (septembre) : Marguerite sur écoute !

INCLASSABLE

 

strandebarm-450x450Stein Urheim

Strandebarm, Hubro 2016

Qu’il soit franc-tireur ou leader de groupe, le guitariste norvégien Stein Urheim a toujours suivi son propre chemin. Affilié au jazz moderne, il nous propose pour cet album inclassable l’étendue de ces influences : musique carnatique, ambient, drone music, jazz et surtout blues. Il dit s’être inspiré du fjord qui donne son nom à l’album, et de fait, les ambiances sont méditatives, rêveuses et généralement apaisées. Quelque chose du son « nordique » ressort de l’impression générale, comme si l’artiste avait tenté de faire sienne toutes ces références pour se forger une personnalité originale. Une tentative plutôt réussie…

 

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Tony Hymas joue Léo Ferré, Nato Music 2016

Ça fait quasiment vingt ans que le pianiste anglais tourne autour de l’œuvre de Léo Ferré. Interprétée en 1997 et enregistrée en 2011, il disait de la chanson Avec le temps que « C’est une magnifique pièce au piano comme la Sonate au clair de lune de Beethoven ». En 2015, il participe à un concert hommage à Ferré et enchante complètement le public. Il réitère l’expérience à deux reprises avec le même résultat ; s’impose alors l’enregistrement d’un disque. Seul au piano, l’éclectique Hymas fait très peu de jazz dans ces titres agencés comme un récital. Il livre 15 reprises de chansons très connues en commençant par les airs chantants (La vie d’artiste, Jolie môme, C’est extra… ) et en progressant vers l’univers mélancolique et révolté du poète anarchiste (Petite, Thank you Satan, Est-ce ainsi que les hommes vivent ?… ). On pense à Ravel et Beethoven qu’appréciait Le Lion. Délicatesse et force sont au rendez-vous pour cet hommage à Ferré qui aurait 100 ans le 24 août.

Léo Ferré le passionné de musique classique (article Télérama)

 

ROCK

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Real Kids

The Real kids, Norton records 1991

Après avoir joué en 1970 à Boston au sein des Modern Lovers, alors qu’il n’avait que quinze ans, John Felice monte les Real Kids en 1975. Leurs références : le rock & roll (ils reprennent aussi bien des morceaux d’Eddie Cochran que de Buddy Holy) et le rock sixties, côté Kinks et Rolling Stones). En 1978, paraît leur premier album éponyme : un coup de maître, alliant énergie et mélodies, qui rappelle les Flamin’ Groovies de la période Flamingo/Teenage Head. Ils sortiront ensuite plusieurs albums inégaux durant les années 80, malgré le changement de personnel. John Felice reste seul maître à bord et le groupe se sépare vers la fin des années 80. Devenus cultes, les Real Kids se sont retrouvés l’année dernière et tournent désormais à travers le monde…

 

MUSIQUE DU MONDE

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Rosemary Standley, Sylvain Griotto

A queen of hearts, Le Chant du Monde 2015

A queen of hearts renoue avec la tradition des tours de chant à l’américaine : une chanteuse, un pianiste. C’est un hommage glamour à la mélancolie des voix de Marlène Dietrich, Marilyn Monroe, Billie Holiday et autres chanteuses/actrices américaines. Ce précieux songbook donne à entendre des mélodies devenues des standards du classique, du jazz ou de la chanson. On retrouve Kurt Weill, Gershwin, Nina Simone, Carlos d’Alessio, etc. La voix pure de Rosemary Standley (du groupe Moriarty) se love comme dans un écrin dans l’accompagnement subtil de Sylvain Griotto.

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Chroniques musique (août) : Marguerite sur écoute !

MUSIQUE INCLASSABLE

 

691-756-thickboxBaeshi Bang

Vintage k-pop revisited, Buda Musique 2016

Si vous êtes fan d’ethio-jazz, vous connaissez sans doute le groupe parisien Akale Wube mené par le saxophoniste Etienne de la Sayette. Adepte de la sono mondiale, le musicien et son nouveau groupe lorgnent cette fois-ci du côté de l’Asie en revisitant les chansons du crooner coréen des années soixante Bae Ho, inconnu en France et oublié en Corée. Avec ces 10 reprises instrumentales, le quintet propose une musique inédite et pleine de charme mélangeant en toute liberté jazz, musique faussement naïve à la Comelade, ambiances cinématographiques, exotica rigolote, pop planante et easy listening. Si la mixture peut sembler hétéroclite, l’originalité et les qualités musicales sont au rendez-vous : douceur mélancolique, beauté des mélodies et osmose entre les musiciens.

 

JAZZ

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Makaya McCraven

In the moment, IARC 2016

C’est un faux disque live que nous propose le jeune batteur Makaya McCraven. Même si tout le matériel de base vient de ses concerts donnés en 2014, les enregistrement ont été découpés, remontés, transformés en boucle parfois. Le plus souvent accompagné d’un bassiste et d’un vibraphoniste, le batteur développe des climats très originaux, parfois fascinants. Entre jazz (il est bien là !) et hip-hop, avec quelques forts parfums électro. Moins « Soul brother » que Robert Glasper, Makaya McCraven joue dans la veine actuelle mais a visiblement un univers très personnel, dont cet album fait espérer qu’il s’épanouira dans l’avenir.

 

 

ROCK

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The Long Ryders

The best of the Long Ryders, Prima Records, 2009

The Long Ryders étaient un des principaux éléments de la scène rock de Los Angeles durant les années 80. Ils combinaient une inspiration mi-folk rock mi-country (le « Y » de Ryes étant un clin d’œil aux Byrds) avec une énergie héritée du mouvement punk et un attrait pour le psychédélisme.

On pourrait les comparer aux Flamine ‘ Groove de la 2e période, dont ils reprennent d’ailleurs un titre : Miser!

Après avoir enregistré quatre albums ils se séparent à la fin des années 80…

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Chroniques musique (juillet) : Marguerite sur écoute !

ROCK

LA british invasion déferle sur DURAS !

Retour sur une époque glorieuse, en tout cas en ce qui concerne le rock : les sixties…

4 « nouveautés » à l’appui :

  • Tout d’abord, une réédition des 2 albums des Them :

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The complete Them 1964-196, Sony Music, 2015

Le groupe de Van Morisson de 1964 à 1966 s’impose comme l’un des groupes de rhythm and blues les plus influents de son temps, un équivalent irlandais aux Animals d’Eric Burdon.
Ils eurent une pléiade de titres dans les charts, dont le fameux GLORIA, qui devient de suite un standard de rock.

 

  • Une compilation du Spencer Davis Group :

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The Spencer Davis Group
Keep on running : the collection, Cherry Red Records, 2013

Un groupe de rock britannique, originaire de Birmingham fondé en 1963 par Spencer Davis avec Stevie Winwood et son frère Muff.
Un groupe majeur, lui aussi, très orienté rhythm and blues mais avec une coloration psychédélique. Le groupe se sépare en 67, après avoir enregistré trois albums quand Steve Winwood quitte le groupe pour former Traffic en 1967, puis Blind Faith avec Clapton en 1969.

 

  • Un cd de hits sixties d’un authentique chanteur de rhythm and blues :

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Out of time, Sanctuary Records, 2006

Adulé des Mods dès 1962, il reprend des titres de Sam Cooke, Otis Redding et autres maîtres, mais c’est en 66 qu’il connaît le succès avec « out of time» un titre alors inédit des Rolling Stones.

 

  • Et enfin :

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80 US R&B mod, soul & garage nuggets, RPM Records, 2016

Une compilation Garage de plus de 80 groupes : des américains s’efforçant de sonner comme les formations issues de la british invasion (Stones, Yardbirds, Pretty Things…), formations qui elles-mêmes reprennent le son des standards de rock et de rhythm and blues américain.

Merci qui ? Merci Marguerite !

SOUL

 

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Sound of sinning, Monophonics 2015

Monophonics est un groupe de San Francisco qui prodigue une soul psychédélique très énergisante. Inspirée de rock 60’s, de soul et de funk, leur musique bien rodée lors de nombreux concerts n’est pas une pâle imitation. Le combo s’est fait connaître du public français en tournant en tant que backing band pour Ben l’Oncle Soul (qui assure le chant sur un des titres), mais c’est d’emblée la voix ardente du chanteur Kelly Finnigan qui nous accroche, soutenue par une section de cuivres au taquet et un quatuor à cordes qui donne, sur certains titres, une autre dimension à leur musique incandescente. Entre flamboyance et slows bien balancés, ce deuxième album très rock tournera en boucle sur les platines.

 

JAZZ

 

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Marcus Strickland

Nihil Novi, Blue Note, 2016

Nihil Novi, le premier album du saxophoniste Markus Strickland, est produit par Michelle Ndegeocello, et de fait, on retrouve un peu de l’univers de la bassiste de Washington. Un mélange de soul, de grooves puissants, de voix féminines, de sons hip-hop, et bien sûr de jazz. Car il s’agit bien de jazz, mais plutôt celui de Robert Glasper (qui participe d’ailleurs à l’album) que de Wynton Marsalis. Références aux samples, aux breakbeats (le batteur Chris Dave est là aussi), le son se veut résolument d’aujourd’hui. Et ça fonctionne plutôt bien. Les puristes ne pourront nier que cette musique, quelle que soit son appellation, n’aurait pu être enregistrée il y a quelques décennies, contrairement à certaines productions actuelles…

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Chroniques musique : Marguerite sur écoute !

ELECTRO

 

a3396950479_10Nicola Cruz

Prender el alma, ZZK Records 2015

Après des collaborations avec le producteur américano-chilien Nicolas Jaar, Nicola Cruz sort un premier album qui puise son inspiration dans les traditions amérindiennes (cumbia, flûte andine…) qu’il mêle à l’électro dans une approche des plus subtiles. Paru sur le label argentin ZZK Records, le disque du jeune Equatorien nous plonge dans la jungle amazonienne (la selva) et nous élève dans les montagnes andines. Dans une ambiance downtempo, les éléments électro se transforment en chants d’oiseaux, en murmure du vent, en pluie tropicale et croisent flûtes, guitares et percussions. Aérienne et voluptueuse, la musique de Cruz réinvente la cumbia et connecte ensemble tradition et modernité. La nature, omniprésente dans la musique de l’album, l’est aussi dans les paroles portées par les voix féminines de Huaira et Tanya Sanchez sur quelques titres. Il est plutôt rare d’entendre l’influence pré-colombienne dans les musiques actuelles et Nicola Cruz nous transforme en explorateurs sonores d’une contrée lointaine. Le musicien dit être en discussion pour intégrer une maison de disques plus importante, signe qu’on n’a pas fini d’entendre parler de ce véritable artisan sonore.

 

MUSIQUE DE FILM

les ogres boPhilippe Cataix

Les ogres, BUS films, 2016

On est immédiatement embarqué par la musique de Philippe Cataix (paroles, musique et accordéon).

À l’image de la troupe de théâtre itinérante du film, la palette des émotions est large : un accordéon et un piano tour à tour festifs ou plus mélancoliques, des paroles joliment ciselées, le tout entrecoupé de dialogues du film.  Une bande son soignée et enlevée.

 

JAZZ

 

0004598089_10Jeremy Udden & Nicolas Moreaux

Belleville project, Sunnyside records, 2015

La rencontre du saxophoniste américain Jeremy Udden et du contrebassiste français Nicolas Moreaux autour d’un projet baptisé « Belleville ». On sent néanmoins que le titre n’est qu’un prétexte tant le fort parfum d’ »Americana » semble être la clé de voute de cette rencontre. Un son de banjo, une guitare typée « Nashville », une ambiance Folk, parsèment le disque ici et là. Udden et Moreaux ne sont pas les premiers jazzmen à utiliser ce matériau, mais ils le font avec assez d’originalité et de sincérité pour créer un univers doux et bucolique, assez charmeur. Il faut dire qu’ils ont su s’entourer de musiciens inspirés, en particulier le guitariste Pierre Perchaux, impeccable créateur d’ambiances.