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Le Salon de Marguerite, juin 2015

Salon de marguerite

Samedi 6 juin, se tenait, comme tous les mois, le salon de Marguerite, salon littéraire, réunissant bibliothécaires et lecteurs autour de leurs lectures.

salon margot juin

Voici les titres dont bibliothécaires et lecteurs ont parlé :

Joseph, Marie-Hélène LafonJoseph / Marie-Hélène LAFON (Buchet Chastel)

Marie-Hélène Lafon, professeur agrégé, enseigne le français, le latin et le grec à Paris. « Née dans une famille de paysans », elle est originaire du Cantal, où elle a vécu jusqu’à ses 18 ans, décor de la majorité de ses romans.
Joseph, son dernier roman, est le portrait d’un homme, ouvrier agricole, à l’heure de ses 58 ans.
On découvre ce personnage par petites touches. Une vie en retrait.
C’est un homme qui observe beaucoup. On nous décrit quelqu’un de doux et d’un peu seul.
Il évoque ses différentes places, les patrons qu’il a connus, son enfance, ses souvenirs d’école, sa famille
C’est le portrait du monde rural, d’un monde qui se délite ; le portrait des « gens de peu ».
L’écriture de Marie-Hélène Lafon est « organique ». Ce court roman est dense, sans fioritures, dotée d’une belle écriture.

Belleville-Barcelon, Patrick PecherotBelleville-Barcelone / Patrick PECHEROT (Folio policier)

Écrivain et journaliste né en 1953, Patrick Pécherot a exercé plusieurs métiers dans le social.
Un temps proche des milieux libertaires et pacifistes, il s’engage syndicalement à la CFDT. Il écrit des livres plutôt policiers mettant en scène le monde prolétaire.
« Belleville- Barcelone » est le deuxième volet d’une trilogie qui se déroule dans le Paris de l’entre-guerre et met en scène un personnage détective prénommé Nestor (clin d’œil à Léo Malet).
Le premier volume s’appelle « Les brouillards de la Butte » et le troisième « Boulevard des branques ».
« Belleville-Barcelone », qui peut se lire tout à fait indépendamment du premier, se déroule dans l’Est parisien.
Nestor, détective de l’agence Bohman, est engagé par un riche industriel pour mettre un terme à l’idylle que sa fille entretient avec un ouvrier communiste. Une affaire a priori facile mais qui va le plonger au cœur de la lutte qui oppose communistes et trotskystes à la veille de la seconde guerre mondiale.
L’enquête est jonchée de cadavres, tous impliqués dans un trafic d’armes à destination des Républicains espagnols.
On découvre un petit monde industrieux, celui des débardeurs du canal de l’Ourcq, des bougnats et des lavandières, des rempailleuses et des concepiges, on se promène dans les quartiers populaires de Paname.
L’ambiance est vraiment réussie.

L'homme incertain, Stephanie ChaillouL’homme incertain / Stéphanie CHAILLOU (Alma)
1er roman 2015

« Il arrive que nous vivions séparés de « ce que nous pouvons ». C’est même le sort de la plupart des hommes, la plupart du temps. » Gilles Deleuze.

C’est l’histoire d’un homme qui rêvait d’une vie simple. Avoir une ferme, une femme qui l’aime, des enfants. Cultiver la terre. En somme, être heureux.
Mais le rêve se brisa net dans les années 70 lorsque la politique agricole commune fit son apparition et emporta tout sur son passage : la ferme, les bêtes, les champs et l’espoir. En un long monologue, cet homme nous livre le récit d’une vie tiraillée entre désarroi et culpabilité. D’une vie qu’il pense ratée. En contrepoint de ce témoignage, s’entend une autre voix, douce et si présente, celle des enfants du fermier qui, telle une comptine, évoque les jours heureux à la ferme.
Une prose simple, délicate et profonde qui va à l’essentiel.

Baronne BlixenBaronne Blixen / Dominique de SAINT PERN (Stock)
1er roman 2015

Dominique de Saint Pern livre tous les visages de cette femme flamboyante et complexe que fut Karen Blixen.
C’est par le regard et la voix de Clara Svenden, qui fut sa secrétaire après son retour d’Afrique, que Karen Blixen renaît dans cette biographie romancée. Si Meryl Streep rendit célèbre la romancière, sur ses années en Afrique, dans le film Out of Africa de Sydney Pollack, Dominique de Saint Pern décrit également les drames qui ont jalonné sa vie (son père se suicide alors qu’elle avait 10 ans, elle se marie par défaut au frère jumeau de l’homme qu’elle aimait, cet homme lui transmettra la syphilis, son grand amour Denys Fynch Hatton se tuera en avion…). A son retour au Danemark dans la maison familiale, elle écrira des contes et des romans qui auront un très grand succès.

Evariste, François Henri DésérableÉvariste / François-Henri DÉSÉRABLE (Gallimard)
1er roman 2015

20 chapitres emplis de verve, de vivacité, de drôlerie pour relater autant d’années de vie d’un génie dont : « On a dit à tort qu’il fut victime d’un complot ; à raison qu’il fut aux mathématiques ce qu’à la poésie fut Arthur Rimbaud : un Rimbaud qui n’aurait pas eu le temps de nous envoyer la Saison à la gueule… »
Évariste Galois, jeune homme fougueux au funeste destin, fut, semble t-il, un personnage romanesque. François-Henri Désérable en dessine les contours de manière flamboyante, apostrophant le lecteur d’un « Mademoiselle » virevoltant, mélangeant les anachronismes. Évariste Galois, mathématicien de génie, révolutionna cette discipline. Il mourut sur un pré, le corps transpercé par une balle, lors d’un duel.

La miséricorde des coeursLa miséricorde des cœurs / Szilárd BORBÉLY (Christian Bourgois)

À travers les yeux d’un petit garçon de 5 ans, Szilárd Borbély raconte la vie d’une famille d’anciens koulaks dans un village hongrois dans les années 70. Entre un père devenu alcoolique, une mère abrupte, une grande sœur et un petit frère malade, cet enfant sans nom n’a de cesse d’observer, de subir et d’interpréter à sa manière la misère, la haine, la violence de tous. Comme si le poids du passé était insurmontable, comme si la miséricorde des cœurs n’existait pas.
La miséricorde des cœurs, roman paru en 2013 en Hongrie, est le seul roman de Szilárd Borbély, poète, critique littéraire qui s’est suicidé en 2014.
Il a écrit là un chef d’œuvre.
Imre Kertész, prix Nobel de littérature, lui a rendu hommage lors de sa disparition : « L’effroyable situation de notre pays. J’ai le sentiment, j’ai l’intuition de vivre dans une société malade qui rend ses membres malades », m’a écrit dans une de ses lettres Szilárd Borbély. Il a été le poète le plus prometteur et le plus perdu de la poésie hongroise qui aurait pu prétendre à un grand et brillant avenir ».

Vous trouverez dans notre Pinterest l’intégralité des titres présentés lors du dernier Salon de Marguerite et des précédents.

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Le Salon de Marguerite, mars 2015

Salon de marguerite

Samedi 28 mars, se tenait, comme tous les mois, le salon de Marguerite, salon littéraire, réunissant bibliothécaires et lecteurs autour de leurs lectures.

Salon de Marguerite

Salon de Marguerite

Voici les titres dont bibliothécaires et lecteurs ont parlé :

Bonheur national brutLe Bonheur national brut / François roux
Du Bouthan et de son indice de qualification du niveau de vie, il n’est point question dans ce roman, qui se déroule en France, de 1981 à 2012. De l’élection de François Mitterrand à celle de François Hollande.  Une fresque politique et sociale de la France à travers le destin croisé des quatre adolescents qui se perdent de vue et se retrouvent, transformés et fidèles à eux-mêmes. Un roman générationnel certes, mais qui séduira aussi les personnes n’ayant pas vécus ces années de l’intérieur. Les personnages sont attachants et même quelques semaines après avoir fermé le livre, on aimerait avoir de leurs nouvelles. Un indéniable coups de cœur de bibliothécaire !

retour à little wingRetour à Little Wing / Nickolas Butler
Hank, Lee, Ronny et Kip sont quatre copains d’enfance. Adultes, ils ont pris des chemins différents, mais sont restés profondément attachés à Litlle Wing, petite ville du Wisconsin  où ils ont grandi ensemble, vécu les mêmes histoires, connu les mêmes filles…
Une telle amitié peut elle résister au temps qui passe, aux différents choix de vie ?
Nicolas Butler signe un premier roman attachant, plein de charme,  rappelant inlassablement son attachement au pays, à la nature.
« Retour à Little Wing » a obtenu le Prix Page / America  lors du festival America 2014.

le roi disait que j'étais le diableLe Roi disait que j’étais le diable / Clara Dupond-Monod
Clara Dupond Monod s’attaque dans ce 6e roman à une légende de l’histoire de France : Aliénor d’Aquitaine. Elle nous conte l’histoire « non écrite », celle de l’intime, des coulisses du pouvoir. Aliénor, femme de caractère, fougueuse, orgueilleuse, se retrouve mariée à Louis VII, roi qui se destinait à la vie monacale et qui peine à trouver sa place à la tête de du royaume. Les points de vue des protagonistes, fort divergents, se succèdent et donnent un rythme à cette histoire qui l’ont pourrait aisément transposer aujourd’hui (mis à part capelines, balades à cheval et batailles en tout genre !). Une très belle écriture, un grand soin dans la construction et la narration : un réel plaisir de lecture !

itineraire poete apacheItinéraire d’un poète apache / Guillaume de Staellens
« Quel était le combat de ma génération ? Suivre de longues études, ingurgiter des polycopiés pour se payer une baraque préfabriquée, un écran géant et des vacances en Thaïlande ? Pour crever dans une salle de bains, la joue contre le carreau froid, le bide débordant du peignoir blasonné ? Une vie pasteurisée ? Un plat sous vide ?
Je passe la main. »
Le jeune poète apache se nomme Nicolas Stanley : il est né d’une mère indienne et d’un père américain, richissime héritier. Il cherche une place dans cette société qu’il exècre, à laquelle il ne reconnait aucune valeur. Il dévore E.A. Poe, H. D. Thoreau, les comics, il écoute Nirvana, Radiohead, il tente de s’échapper en dessinant. Rebelle sans cause, il ère d’expériences en expériences (drogues, alcool, …), frise l’autodestruction. Intéressé par la politique, l’écologie, l’histoire, il s’éparpille un peu, avance sans but, vit au jour le jour, fait des rencontres, lâche tout du jour au lendemain pour changer de pays, vivre une nouvelle aventure.
Cet étrange road-movie, mi satire sociale, mi récit de voyage est un véritable coup de coeur C’est grunge, poétique, ethnique, identitaire, politique, littéraire, musical, touristique, historique. Ce poète apache est attachant de part ses désillusions, ses rêves fous, ses descentes aux enfers, ses espoirs, sa quête d’identité. Ce premier roman est un portrait cinglant de l’Amérique des années 1990, 2000 et d’une génération perdue.

la capitanaLa Capitana / Elsa Osorio
La Capitana c’est Micaela Feldman de Etchebéhère, dite Mika, née en 1902 en Argentine et morte à Paris à l’âge de 90 ans. Un parcours et une vie incroyable qui a traversé tout le XXe siècle et qui ne pouvait que susciter l’intérêt de l’auteure argentine Elsa Osorio. Au fil de la lecture, on a même parfois du mal à croire que cette femme a existé, tant son destin est romanesque et héroïque et l’on se réjouit de découvrir la véracité de la vie de cette militante passionnée, de cette intellectuelle, de cette combattante aguerrie. Femme libre, engagée, profondément attachée aux droits humains, à l’égalité, anti-fasciste, elle a notamment rejoint un groupe de militants du POUM durant la guerre civile espagnole en 1936, ce qui lui a valu ce surnom de « La Capitana ».
Très documenté (Elsa Osorio a consulté ses carnets, interrogé des proches), ce livre n’est pourtant pas un ouvrage historique, il reste un roman puissant, fort, très bien construit qui laisse la place à la voix de Mika, à celle de ceux qui la côtoie et même à celle de l’auteure, de façon non-linéaire. Un magnifique portrait de femme, une belle illustration de ce qu’est l’engagement.

Pas pleurerPas pleurer / Lydie Salvayre
Lydie Salvayre convoque les souvenirs de sa mère et ceux de Bernanos, par le biais de ses écrits, sur la guerre civile d’Espagne. Leurs souvenirs s’entrelacent, se mêlent, se démêlent quite à parfois nous faire nous demander si ils ont vécu la même histoire. Au-delà du récit des événements tragiques qui ont jonchés les années 1936, 1937, c’est l’occasion pour l’auteure de retranscrire le « fragnol » (savant mélange d’espagnol et de français) de sa mère, l’occasion d’exhumer son histoire enfouie au fond de sa mémoire, de libérer une parole. Un très beau récit, sorte d’hommage maternel, de témoignage filial, où l’intime rencontre l’Histoire ; une course après le temps qui fait s’effacer les souvenirs. Fort, poignant, parfois drôle, qui donne envie tout de même envie de se mettre à l’espagnol, certains passages, n’étant, hélas pas traduit !

la carte et le territoireLa carte et le territoire / Michel Houellebecq
Une écriture fluide, un roman qui se dévore. Une belle entrée dans l’univers de cet auteur à la personnalité si particulière. L’histoire d’un artiste qui abandonnant la photographie pour la peinture, rencontre … Michel Houelbecq.  Un roman plein d’humour et d’autodérision, abordant plein de thèmes : famille, art, amour, argent …

Fleur et sangFleur et sang / François Vallejo
L’histoire entrelacée de deux jeunes médecins, qu’un lien mystérieux unit à travers les siècles : Urbain Delatour officie au XVIIe siècle tandis qu’Etienne Delatour est un cardiologue réputé du XXIe siècle. On suit leur histoire en parallèle, chaque chapitre reflétant la voix de l’un puis de l’autre : fleur et sang. Sont ils de la même famille ? Quel est leur destin commun ? Un roman passionnant, très bien construit.

le pouvoir du chienLe pouvoir du chien / Tom Savage
Un western surprenant. Le héros, étrange, viril est une sorte de John Wayne. Un roman étonnant rempli de personnages hauts en couleurs.

En attendant la prochaine séance qui aura lieu le 30 mai, vous trouverez dans notre Pinterest l’intégralité des titres présentés lors du dernier Salon de Marguerite et des précédents.

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Le Salon de Marguerite, février 2015

Salon de marguerite

Samedi 28 février, se tenait, comme tous les mois, le salon de Marguerite, salon littéraire, réunissant bibliothécaires et lecteurs autour de leurs lectures.

Voici les titres dont bibliothécaires et lecteurs ont parlé :

Le Dernier gardien d'Eliis IslandLe dernier gardien d’Ellis Island / Gaëlle Josse

En 1954, le centre d’Ellis Island ferme sa « Golden Gate ». Son directeur, John Mitchell, décide de tenir une sorte de journal de bord rétrospectif, durant ses dix derniers jours sur l’île. A travers ce récit du quotidien mais aussi personnel et amoureux, ce sont les vies de milliers d’exilés qui nous sont esquissées. Et l’histoire de l’Amérique s’y reflète.
Gaelle Josse, très marquée par sa visite du centre d’Ellis Island, tente de nous restituer par la fiction ce qu’elle a ressenti à la vue de photos et parmi les salles maintenant vides, abandonnées et cependant encore remplies d’attente, d’espoir et de larmes.

Récits d'Ellis IslandRécits d’Ellis Island / Georges Pérec, Robert Bober

Livre et film documentaire sont divisés en deux parties : « Traces » et « Mémoires ».
« Traces » tente de raconter l’arrivée d’émigrés de 1892 à 1924 (jusqu’à 10000 personnes par jour). Seul 2 % des émigrants étaient refoulés mais ce fut autant de vies et d’espoirs brisés. Ce qui lui doit son surnom : « l’île des larmes ».
Mais comment décrire ce qui est donné à voir, ce que l’on ressent lors d’une visite ? Perec répond à ces questions par son écriture poétique, qui laisse la place à l’imaginaire. Et si nous continuons à être touchés par ce lieu et ses récits de vies, c’est que ces immigrés auraient pu être nos ancêtres.
Dans la seconde partie, « Mémoires », Pérec et Bober choisissent d’interviewer des immigrés juifs mais aussi des italiens, deux communautés qui ont été très fortement représentées à Ellis Island – et la première dans laquelle ils se reconnaissent tout particulièrement.
Ici, le non-verbal joue à plein. Attitudes et expressions trahissent l’émotion à revivre l’expérience de l’exil et de l’attente à Ellis.
Ces impressions, ces photos, ces témoignages demeurent extrêmement actuels voire éternels. Car il y a/aura toujours quelque part dans le monde des personnes qui tenteront de s’exiler pour essayer de trouver un monde meilleur. Or, la question de les accueillir dans de bonnes conditions ou de les refouler est malheureusement toujours problématique.

Comment j'ai vidé la maison de mes parentsComment j’ai vidé la maison de mes parents /Lydia Flem

Psychanalyste, Lydia Flem offre ici un récit profond, empreint de pudeur et d’émotion, de sa propre expérience de deuil et du difficile devoir d’héritage qu’il comporte : vider la maison de ses parents. Que faire de ses objets ? Comment faire face à l’histoire et aux souvenirs qui y sont liés ?
Un petite perle sur un sujet peu abordé par les écrivains.

Le pelerinageLe pèlerinage / Osamu Hashimoto

M. Shimoyama est atteint du syndrome de Diogène, une maladie qui consiste à accumuler des déchets. Sa propriété est devenue une véritable nuisance visuelle et olfactive pour son voisinage. Ce fait incongru sert de point de départ pour retracer l’histoire de cet homme : son enfance dans le Japon d’après guerre, son adolescence, ses amours, son héritage familial et ses traumas. Un roman emprunt de mélancolie où l’homme apparait en complète inadéquation avec son époque.

Eric Faye NagasakiNagasaki / Eric Faye

Un homme japonais d’une cinquantaine d’années mène une vie de célibataire faite d’habitudes. Son quotidien se trouve bouleversé par des phénomènes inexpliqués. Des petites quantités d’aliments disparaissent de son frigo. Des objets sont déplacés dans son appartement. On s’interroge sur sa santé mentale lorsqu’il plonge une règle de quarante centimètres dans une brique de jus de fruit afin d’en vérifier la quantité et de la consigner dans un carnet. Il décide alors d’installer une caméra dans son appartement et ce qu’il découvre est pour le moins insolite.

l'annulaireL’annulaire / Yoko Ogawa

Suite à un accident du travail dans une usine de fabrication de soda, une jeune femme se retrouve embauchée comme assistante et réceptionniste de M. Deshimaru, un « taxidermiste du souvenir ». Dans son laboratoire hors du commun, il apporte une réponse à des problèmes personnels par la préparation et la conservation de spécimens en tous genres (champignons microscopiques, mélodie, cicatrice, ossements d’oiseaux…).Un univers singulier et dérangeant.

tokyo sanpoTokyo Sanpo / Florent Chavouet

Une bande dessinée atypique, à mi-chemin entre carnet de voyage et guide touristique, à travers laquelle on déambule dans les différents quartiers de la capitale japonaise à la découverte de la faune tokyoïte et de tout ce que son quotidien peut avoir de dépaysant.

101 poèmes du japon d'aujourd'hui101 poèmes du Japon d’aujourd’hui / éd. Philippe Picquier

Une sélection de poèmes de 55 auteurs de la seconde moitié du XXe siècle, dévoilant l’évolution de la poésie japonaise d’après-guerre vers la fantaisie, l’étrange et un rapport ludique au langage. Ce recueil propose un aperçu de la diversité de la poésie contemporaine japonaise.

En attendant la prochaine séance qui aura lieu le samedi 28 mars à 15h30, vous trouverez dans notre Pinterest l’intégralité des titres présentés lors du dernier Salon de Marguerite et des précédents.

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Le Salon de Marguerite : Portraits de famille

Samedi 31 janvier, se tenait, comme tous les mois, le salon de Marguerite, salon littéraire, réunissant bibliothécaires et lecteurs autour de leurs lectures.

Ce mois-ci, la famille est à l’honneur dans les pages présentées, faisant écho au cycle d’animations « Portraits de famille » du 20 janvier au 26 février 2015 dans les bibliothèques de la Ville de Paris

Portraits de famillePortraits de famille

Voici les titres dont bibliothécaires et lecteurs ont parlé :

 

Couverture Un membre permanent de la familleRussell BANKS, Un membre permanent de la famille
Actes Sud, 2014

Douze nouvelles. Douze personnages. Un ancien Marine qui s’est reconverti dans le braquage des banques, une retraitée en Floride qui perd son mari, un homme invité chez son ex-femme le soir de Noël, un couple qui se sépare et une petite chienne qui ne sait plus où aller… Il suffirait d’un rien pour que le drame éclate.
Russell Banks dépeint avec beaucoup d’humanité les illusions perdues, les ruptures, la solitude. Le portrait d’une Amérique qui n’a rien de triomphante.

Un jour avant le bonheurErri DE LUCA, Un jour avant le bonheur
Gallimard, 2010

Naples après la Seconde Guerre mondiale. Un orphelin se réfugie sous la protection affectueuse d’un concierge, Don Gaetano, qui l’ouvrira sur le monde.
Roman ? Récit ? Autobiographie ? Ce chef-d’œuvre est avant tout un bijou éblouissant de poésie et de lyrisme.

L’année de la pensée magiqueJoan DIDION, L’année de la pensée magique
Grasset, 2008

Joan Didion est une figure des lettres américaines. Le 30 décembre 2003, son mari, l’écrivain John Gregory Dunne, meurt d’une crise cardiaque. L’année de la pensée magique est un livre autobiographique, un reportage sur le vif sur la douleur, l’incompréhension, l’égarement. Comment continuer à vivre quand tout s’effondre autour de vous ? Peut-être, après des mois de douleur, vient l’apaisement et l’amère constatation que « Nous devons nous défaire des morts, les laisser partir, les laisser devenir la photo sur la table de chevet. » Un témoignage fort et émouvant.
Sur le même thème, à lire également J’ai réussi à rester en vie de l’écrivaine américaine Joyce Carol Oates.

Ma famille et autres animauxGerald DURRELL, Ma famille et autres animaux. Trilogie de Corfou, T.1
La Table Ronde, 2014

L’histoire se passe à la veille de la Seconde Guerre mondiale sur l’île de Corfou où la famille Durrell a trouvé refuge.
Qui pouvait évoquer plus subtilement que l’écrivain Lawrence Durrell, frère de Gerarld, cette chronique familiale si délicieuse : « L’auteur a merveilleusement réussi à se mettre dans la peau du naturaliste de douze ans qu’il était alors, décrivant avec un humour aussi étincelant que caustique les bouffonneries et les absurdités de la famille Durrell. Il a enrichi la littérature du plus rare des présents : un livre vraiment comique. »

La pêche au saumonJeannette HAIEN, La pêche au saumon
J. Losfeld ; Arcanes, 2002

L’histoire se déroule en Irlande. Le père Daclan reçoit les confidences d’Enda au soir de la mort de celui que tout le monde considérait comme son mari. Elle livre un secret familial à ce prêtre, irrésistiblement troublé par la force et délicatesse d’Enda.
Un magnifique portrait de femme. Ecrit par une inconnue de 63 ans, La pêche au saumon fut saluée par la critique, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, lors de sa parution en 1986.

Bad girlNancy HUSTON, Bad girl : classes de littérature
Actes Sud, 2014

La bad girl, c’est Nancy Huston. Enfant non désirée, encore dans le ventre de sa mère, elle écrit cette autobiographie singulière à la deuxième personne. L’écrivain retrace l’histoire familiale en insistant sur un moment clef ; celui où sa mère quitte le domicile familial.
Cette confession, illustrée de références littéraires et artistiques, éclaire de façon prodigieuse le cheminement de Nancy Huston.

loin d'euxLaurent MAUVIGNIER, Loin d’eux
Minuit ; Double, 2002

Jean le père, Marthe la mère, Luc le fils. Ces trois-là s’aimaient sans jamais avoir su ou pu se le dire. A force de silences, Luc s’est enfui deux fois, la première pour aller travailler à Paris, la seconde pour mettre fin à ses jours. Deux ans après sa mort, six voix – celles du père, de la mère, d’un oncle, d’une tante, d’une cousine aimée et même la sienne propre – disent l’incompréhension, la culpabilité, le chagrin face à ce drame.
Lors de sa parution en 1999, ce premier roman de Laurent Mauvignier fut très remarqué. Il garde, aujourd’hui, toute sa force.

une poignée de gensAnne WIAZEMSKY, Une poignée de gens
Gallimard, 2000

A travers la belle histoire d’amour entre Nathalie et Adichka, que l’on découvre rapidement vouée à la tragédie, ce récit, empreint de romantisme et de nostalgie, nous donne à voir la vie et la destinée fatale d’une famille d’aristocrates russes aux prémices de la révolution russe de 1917.
Un beau roman qui nous transporte dans une Russie d’un autre temps…

Comment j'ai vidé la maison de mes parentsLydia FLEM, Comment j’ai vidé la maison de mes parents
Seuil, 2004

Psychanalyste, Lydia Flem offre ici un récit profond, empreint de pudeur et d’émotion, de sa propre expérience de deuil et du difficile devoir d’héritage qu’il comporte : vider la maison de ses parents. Que faire de ses objets ? Comment faire face à l’histoire et aux souvenirs qui y sont liés ?
Un petite perle sur un sujet peu abordé par les écrivains.

sur la scène interieureMarcel COHEN, Sur la scène intérieure : faits
Gallimard ; L’un et l’autre, 2013

Presque toute la famille de Marcel Cohen a disparu à Auschwitz en 1943 et 1944.
Sur la scène intérieure contient des bribes de vie de ces êtres que l’auteur, alors tout jeune enfant, a très peu connus . Nés à Istanbul, les parents de Marcel Cohen s’étaient rencontrés et mariés en France. Entre souvenirs et témoignages, Marcel Cohen reconstruit en quelque sorte leurs vies. Photographies et objets sauvés de l’oubli viennent illustrer le propos de l’auteur dans ce livre émouvant entre tous.

En attendant la prochaine séance qui aura lieu le samedi 28 février à 15h30, vous trouverez dans notre Pinterest la liste des titres présentés lors du dernier Salon de Marguerite et des précédents.

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Le Salon de Marguerite : Goût et gourmandises

Samedi 22 novembre, se tenait, comme tous les mois, le salon de Marguerite, salon littéraire, réunissant bibliothécaires et lecteurs autour de leurs lectures.

Ce mois-ci, la gourmandise est à l’honneur dans les bibliothèques de la Ville de Paris et aussi dans les pages présentées, commentées autour de quelques biscuits et jus de fruits !

Salon de Marguerite

Ce que les bibliothécaires ont présenté :

 Des romans alléchants …

Couvertude La Batarde d'IstanbulLa Batarde d’Istambul / Elif Safak

Dans ce roman, Elif Shafak nous raconte les destins liés et croisés de deux familles, l’une turque, l’autre arménienne, qui ne savent ni ne veulent rien savoir l’une de l’autre. Si les aînés préfèrent garder le silence et la distance, la jeune Armanoush a soif de vérité et elle décide de partir à la recherche d’elle-même, de ses origines et son amitié avec la jeune Asya va faire voler en éclats les secrets les mieux gardés.
Enchevêtrant la comédie au drame et le passé au présent, Elif Shafak dresse un portrait saisissant de la Turquie contemporaine, de ses contradictions et de ses blessures. Les chapitres aux titres évocateurs «cannelle », « pois chiches », « noisettes grillées », « oranges pelées » en appellent aux mélanges, à l’alchimie, à la rencontre, … et sous-entendent que la vie est parfois comme une « grande » recette de cuisine.

Couverture Mangez-moi Agnes DesarteMangez-moi / Agnès Desarte

Myriam, 43 ans, a décidé de réaliser son rêve : ouvrir un restaurant ou plutôt ouvrir un lieu où les gens pourront venir goûter des plats qu’elle aura imaginés, concoctés avec soin. Pour ce faire, elle va légèrement tricher sur son CV, arranger la réalité et devoir trouver une énergie qu’elle pensait perdue. Le lieu qu’elle va ouvrir va vite devenir un lieu de vie, de rencontre, chaleureux et humain, mais un commerce reste un commerce, car si côté « cuisine » elle assure, côté « gestion » c’est un peu la catastrophe !
Un très beau portrait de femme qui affiche forces et fêlures, grain de folie et raison douce, le tout saupoudré de recettes et de bons petits plats qui donnent envie de se mettre à table !

Couverture Le restaurant de l'amour retrouvéLe restaurant de l’amour retrouvé / Ito Ogawa ; traduit du japonais par Myriam Dartois

Ce roman savoureux où le merveilleux et le spirituel s’entremêlent nous fait voyager au Pays du Soleil Levant : l’amitié, l’amour, la mort, les liens familiaux nous transportent dans un autre monde pour un dépaysement total. La cuisine toute particulière de la jeune Rinco empreinte de sagesse, de poésie et d’émotion sollicite tous nos sens pour notre plus grand plaisir.

Des bandes-dessinées succulentes …

Couverture En cuisine avec Alain Passard En cuisine avec Alain Passard : récits / Christophe Blain ; couleurs de Clémence Sapin et de Christophe Blain

Une bande dessinée truculente dans laquelle Christophe Blain nous fait découvrir avec humour et vivacité le « personnage » d’Alain Passard dans ses cuisines. Les textes et le dessin de Blain virevoltent à l’image de ce grand chef étoilé, véritable artiste-peintre, qui redonne ses lettres de noblesse aux légumes. Et pour mieux nous mettre en appétit, des recettes inédites complètent ce beau tableau.

Couverture Le gourmet solitaireLe Gourmet solitaire / Jiro Taniguchi

Ce manga de Jiro Taniguchi est un voyage culinaire au pays du soleil levant. La diversité de la cuisine japonaise n’aura plus aucun secret pour vous : du bol d’anguilles grillées sur du riz « Unagi-don » aux saucisses au curry en passant par les haricots noirs sucrés en gelée « Mamekan ». Chaque page est un régal, une invitation à la flânerie et à la gourmandise. Car même si chaque chapitre est l’occasion de la découverte culinaire de ce représentant de commerce dans un restaurant, une échoppe, le thème principal de l’ouvrage est aussi bien la gourmandise que le « Yoyû », cet art nippon d’accorder du temps au temps, de la disponibilité à son esprit.

Des contes appétissants …

COuverure Contes des sages cuisiniersContes des sages cuisiniers / Pascal Fauliot, Patrick Fischmann

À travers les continents et les époques, cette sélection de contes autour de la cuisine joliment illustrés donne à voir, à entendre petites et grandes leçons de vie.
Pour petits et grands !

Couverture Les soupers de SchéhérazadeLes soupers de Schéhérazade : recettes / Odile Godard

Les soupers de Schéhérazade est plus qu’un simple livre de recettes orientales, c’est un livre de chevet pour gourmets. Odile Godard a choisi 15 contes des « Mille et une nuits », 15 des histoires que la belle Schéhérazade livrait chaque soir au roi Chahriyâr afin de rester en vie. S’y intercalent des recettes toutes plus alléchantes les unes que les autres : bouchées aux amandes, rouget au basilic, confit de légumes au citron, soufflé glacé aux pêches, … Un ouvrage enchanteur et gourmand.

Ce que les lecteurs ont présenté :

Couverture Le Cuisinier Martin SuterLe Cuisinier/ Martin Suter

Un roman alléchant concocté avec mots, phrases, évocations, sensations, odeurs, toujours justes. Martin Suter, tout comme son personnage, Maravan, sait choisir, doser, assembler les ingrédients adéquats pour nous plonger dans la culture culinaire tamoule, dans une histoire d’amour, dans une histoire d’argent, … et le tout avec saveurs et arômes. Un régal !

Couverture Pétronille Amélie NothombPétronille / Amélie Nothomb

La relation amicale entre deux femmes passionnées de sorties et surtout de Champagne !

Couverture gourmandise Muriel BarberyUne gourmandise / Muriel Barbery

Aux portes de la mort, le pape de la gastronomie est en quête d’une saveur, d’un mets originel et merveilleux dont il pressent qu’il vaut bien plus que tous ses festins de gourmet accompli. Alors il se souvient et il vogue au gré des méandres de sa mémoire gustative.

 En attendant la prochaine séance qui aura lieu le samedi 31 janvier à 15h30, avec comme thématique « Portrait de famille », vous trouverez dans notre Pinterest la liste des titres présentés lors du dernier Salon de Marguerite.