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Chroniques musique (décembre) : Marguerite sur écoute !

Inclassable ou plutôt néo-classique…

Luca D’Alberto

Endless, !K7, 2017

Voici le premier album du compositeur italien Luca D’Alberto, ce multi-instrumentiste de formation classique a pourtant signé Endless sur la branche axée musique dite néo-classique du label !K7. Un label allemand reconnu en tant qu’éditeur de musiques électroniques. Les compositions de Luca D’Alberto sont riches en émotions, certains parfois les trouvent mélancoliques ou tristes et il est vrai qu’elles invitent à la réflexion voire à l’introspection mais pas nécessairement à broyer du noir ! Sa musique pourrait tout à fait être utilisée comme bande originale de film et certains ne s’y sont pas trompés puisque des réalisateurs tels que Wim Wenders ou Lars Von Trier ont utilisé ses morceaux. Également amateur de performances, Luca D’Alberto a collaboré à des projets, l’un autour de l’œuvre de Pina Bausch, un autre,  avec son compatriote l’écrivain Erri De Luca, ou encore à une installation à la Fondation Louis Vuitton en 2015.

Si vous appréciez le piano, le violon et des compositeurs tels que Nils Frahm, Max Richter ou Henrik Schwarz, l’univers d’Alberto devrait vous plaire…

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Chroniques musique (août) : Marguerite sur écoute !

MUSIQUE INCLASSABLE

 

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Vintage k-pop revisited, Buda Musique 2016

Si vous êtes fan d’ethio-jazz, vous connaissez sans doute le groupe parisien Akale Wube mené par le saxophoniste Etienne de la Sayette. Adepte de la sono mondiale, le musicien et son nouveau groupe lorgnent cette fois-ci du côté de l’Asie en revisitant les chansons du crooner coréen des années soixante Bae Ho, inconnu en France et oublié en Corée. Avec ces 10 reprises instrumentales, le quintet propose une musique inédite et pleine de charme mélangeant en toute liberté jazz, musique faussement naïve à la Comelade, ambiances cinématographiques, exotica rigolote, pop planante et easy listening. Si la mixture peut sembler hétéroclite, l’originalité et les qualités musicales sont au rendez-vous : douceur mélancolique, beauté des mélodies et osmose entre les musiciens.

 

JAZZ

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Makaya McCraven

In the moment, IARC 2016

C’est un faux disque live que nous propose le jeune batteur Makaya McCraven. Même si tout le matériel de base vient de ses concerts donnés en 2014, les enregistrement ont été découpés, remontés, transformés en boucle parfois. Le plus souvent accompagné d’un bassiste et d’un vibraphoniste, le batteur développe des climats très originaux, parfois fascinants. Entre jazz (il est bien là !) et hip-hop, avec quelques forts parfums électro. Moins « Soul brother » que Robert Glasper, Makaya McCraven joue dans la veine actuelle mais a visiblement un univers très personnel, dont cet album fait espérer qu’il s’épanouira dans l’avenir.

 

 

ROCK

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The Long Ryders

The best of the Long Ryders, Prima Records, 2009

The Long Ryders étaient un des principaux éléments de la scène rock de Los Angeles durant les années 80. Ils combinaient une inspiration mi-folk rock mi-country (le « Y » de Ryes étant un clin d’œil aux Byrds) avec une énergie héritée du mouvement punk et un attrait pour le psychédélisme.

On pourrait les comparer aux Flamine ‘ Groove de la 2e période, dont ils reprennent d’ailleurs un titre : Miser!

Après avoir enregistré quatre albums ils se séparent à la fin des années 80…

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Les ravissements de Marguerite : musique (mars)

ROCK

 

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Heartbreakers

L.A.M.F. Jungle, 2013

Les Heartbreakers enregistrent en 77 l’un des meilleurs albums du moment L.A.M.F (like a motherfucker… tout un programme ) mais le groupe ne décollera pas vraiment au niveau des ventes. Las, Nolan quitte le groupe et retourne à N.Y ! Thunders, quant à lui, enregistre en 78 son légendaire album solo So Alone, avec divers membres des Pistols, des Only Ones ainsi que Steve Marriott, juste avant d’être expulsé d’Angleterre. Il entame alors une carrière erratique avec quelques hauts (Hurt me , copy cats ) et pas mal de bas.

 

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Johnny Thunders,

So Alone,  Warner Bros, 2000.

En 1975, lors de la dissolution des New York Dolls, Johnny Thunders (lead guitar) et Jerry Nolan (batterie) décident de continuer ensemble au sein d’ un nouveau groupe  : les Heartbreakers . Ils s’adjoignent les services d’une autre gloire locale : Richard Hell qui vient de quitter Télévision, le groupe phare de l’underground new yorkais.Après avoir recruté un second guitariste, Walter Lure, Hell sera remplacé à la basse par Billy Rath.

Si le groupe devient très vite légendaire sur N.Y  et réussit à se constituer un solide following, aucune maison de disques ne veut les signer : les Heartbreakers, Thunders en particulier, sont des junkies incontrôlables…

C’est Malcom Mc Laren, l’ancien manager des Dolls, qui leur propose en 1976 de débarquer en Angleterre afin de rejoindre la tournée Anarchy in the U.K avec les Sex Pistols, les Clash et les Damned. Plus expérimentés, plus affutés, les Heartbreakers sont alors considérés par leurs pairs comme le meilleur groupe  live, même si leur musique est plus proche du R&R que du Punk-Rock.

 

 

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Heartbreakers

Down to Kill, Jungle records, 2005

Un album live, D.T.K , capturant les Heartbreakers en 76, sortira dans les années 80, prouvant à quel point la réputation des Heartbreakers fut méritée.

Johnny Thunders meurt finalement en 1991 à la Nouvelle-Orléans dans des circonstances troubles, rejoint un an après par son batteur Jerry Nolan.

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Johnny Thunders et Jerry Nolan /photographie ©Marcia Resnick

 

 

       MUSIQUE INCLASSABLE

artworks-000103420461-ikb0qs-t500x500 Henrik Schwarz

Instruments, Sony Classical, 2015

Reconnu pour ses collaborations avec des artistes de tous horizons (Boy George, The Foals, Matt Murphy) et pour ses expérimentations Deep House, le DJ allemand Henrik Schwarz s’est lancé avec cet album dans un nouveau challenge : faire jouer certaines de ses compositions (électro, donc) par un orchestre classique. Avec l’aide de Johannes Brecht, musicien électronique ayant une formation classique, et du Tokyo Secret Orchestra, il nous livre un opus inclassable, entre minimalisme répétitif, musique spectrale et musique de film. Même s’il atteint rarement des sommets, cet exercice de style est très plaisant et pourrait être, pour certains, une porte d’entrée vers la musique contemporaine.