Découverte de l'Est parisien

Meubles en folie : dans l’intimité retrouvée du Pavillon de l’Ermitage

Le Pavillon de l’Ermitage, partenaire du fonds Découverte de l’Est parisien de la médiathèque, ré-ouvre ses portes après la trêve hivernale. Il inaugure une nouvelle exposition Les Plaisirs de l’Ermitage – dans l’intimité retrouvée d’une folie au XVIIIe siècle, qui se tient jusqu’au 16 avril 2017. Dans ce cadre, nous vous proposons une série de cinq « Chroniques mobilières » qui revient sur l’étonnante histoire de quelques meubles anciens au nom chantant et aux formes revisitées par nos actuels designers.

 

Plaisirs du rangement : vous avez dit « commode » ?

Chronique n° 3 / 5

 

Commode galbée de style Louis XV – collection particulière

Les premières caisses à tiroir sont nées de la nécessité d’un rangement rationnel.

Les observateurs peinent à décrire ce meuble d’invention nouvelle, apparu avant 1700 : une espèce d’armoire en forme de bureau, une grande table garnie de tiroirs, un coffre sur pied « propre à serrer du linge », c’est-à-dire à le protéger de l’humidité, de la poussière et de la convoitise des autres…

Un dictionnaire de 1760 en propose une définition simple : « un meuble que sa commodité a rendu bien vite d’usage très commun ».

Un meuble commun, la commode ? Les ébénistes de la période Louis XV rivalisent d’ingéniosité pour masquer son caractère utilitaire et la parer de bronzes ciselés, de laques d’importation ou de vernis Martin, un procédé imitant les produits de Chine et du Japon. Il faudra toutefois attendre le 20e siècle pour maîtriser pleinement cet art.

Pendant ce temps, la commode s’assagit, ses formes galbées et ventrues se raidissent et s’ajustent sur des pieds droits et cannelés, « à la grecque ».

L’essor de la salle à manger et des pièces à usage fixe exige des meubles pratiques. La commode se mue en commode-desserte ou arrondit ses angles pour se loger dans une encoignure.

Commodes contemporaines – design B& B Italia

Ses pieds se raccourcissent jusqu’à disparaître et les tiroirs se multiplient en façade : ainsi le semainier, doté de sept tiroirs, ou le chiffonnier.

Dans nos intérieurs contemporains, dépourvue de caractère propre, la commode se fond dans l’architecture d’une pièce, au sein d’un ensemble voué au rangement.

 

 

Lire la chronique précédente

Lire la chronique suivante

La prochaine chronique de la série paraîtra le 31 mars.

«Les Plaisirs de l’Ermitage – dans l’intimité retrouvée d’une folie au XVIIIe siècle », du 16 mars au 16 avril 2017, au Pavillon de l’Ermitage, 148, rue de Bagnolet, 75020 Paris (ouverture du jeudi au dimanche 14 h – 17 h 30).

 

 

 

Découverte de l'Est parisien

Meubles en folie : dans l’intimité retrouvée du Pavillon de l’Ermitage

Le Pavillon de l’Ermitage, partenaire du fonds Découverte de l’Est parisien de la médiathèque, ré-ouvre ses portes après la trêve hivernale. Il inaugure une nouvelle exposition Les Plaisirs de l’Ermitage – dans l’intimité retrouvée d’une folie au XVIIIe siècle, qui sera visible du 16 mars au 16 avril 2017. Dans ce cadre, nous vous proposons une série de cinq « Chroniques mobilières » qui revient sur l’étonnante histoire de quelques meubles anciens au nom chantant et aux formes revisitées par nos actuels designers.

 

Plaisirs du jeu : jouons « cartes sur table » !
Chronique n° 2 / 5

 

Le château de cartes par Jean-Baptiste Siméon Chardin (1737) – Washington, National Gallery

Le XVIIIe siècle a la passion du jeu, la Duchesse d’Orléans elle-même se livre avec délices aux parties de biribi, un jeu de hasard et d’argent d’origine italienne, proche de notre loterie.

En société, hommes et femmes jouent aux cartes – brelan, quadrille -, aux dés associés à des pions – tric-trac, (back) gammon, jeu de l’Oie, reversi, aux dames, aux échecs.

Le billard reste un loisir d’extérieur proche du croquet et conseillé pour combattre l’embonpoint !

Il faudra attendre le XIXe siècle pour accueillir une table de billard chez soi.

Spécialisés dans le travail de l’os, l’ivoire ou la nacre, les maîtres tabletiers s’en donnent à cœur joie et conçoivent des tables sophistiquées, garnies de plateaux mobiles, de damiers, de pions et dés précieux. Les ébénistes fournissent les modèles adaptés de sièges, tels la voyeuse ou la voyelle, qui permettent au spectateur de suivre la partie en cours, assis à califourchon face au dossier du siège.

La plupart de ces jeux se pratiquent encore aujourd’hui, de manière virtuelle, coordonnés en réseau à la faveur du développement d’Internet. Toujours créatif, le design haut de gamme propose des tables combinées, associant les plaisirs de la table à ceux du divertissement.

 

Table à jeu contemporaine – design Legacy

 

Lire la chronique précédente

Lire la chronique suivante

«Les Plaisirs de l’Ermitage – dans l’intimité retrouvée d’une folie au XVIIIe siècle », du 16 mars au 16 avril 2017, au Pavillon de l’Ermitage, 148, rue de Bagnolet, 75020 Paris (ouverture du jeudi au dimanche 14 h – 17 h 30).

 

Découverte de l'Est parisien

Meubles en folie : dans l’intimité retrouvée du Pavillon de l’Ermitage

Le Pavillon de l’Ermitage, partenaire du fonds Découverte de l’Est parisien de la médiathèque, ré-ouvre ses portes après la trêve hivernale. Il inaugure une nouvelle exposition Les Plaisirs de l’Ermitage – dans l’intimité retrouvée d’une folie au XVIIIe siècle, qui sera visible du 16 mars au 16 avril 2017. Dans ce cadre, nous vous proposons une série de cinq « Chroniques mobilières » qui revient sur l’étonnante histoire de quelques meubles anciens au nom chantant et aux formes revisitées par nos actuels designers.

 

Plaisirs des yeux : la table (en) chiffonnière
Chronique n° 1 / 5

 

chiffonnier-contemporain
Table chiffonnière attribuée à BRVB (1784) – Paris, Musée du Louvre

Au XVIIIe, la petite table « volante » nommée table chiffonnière fait l’agrément des intérieurs féminins et se transporte au gré des besoins de la réception.

Rectangulaire ou cylindrique, la table, étroite, est montée sur trois ou quatre hauts pieds galbés ou droits selon le style et consolidés en partie basse par une tablette d’entretoise.

Léger et raffiné, le meuble combine plusieurs fonctions : rangement de menus objets, table à écrire ou à ouvrage. Un ou plusieurs tiroirs, certains simulés, d’autres dissimulés par le décor – panneau marqueté, scène pastorale… garnissent la « ceinture » de la table, une bande de bois plus ou moins large qui entoure le meuble et sur laquelle viennent s’ajuster les pieds et le plateau amovible.

 

table-chiffonniere
Chiffonnier contemporain en bois massif – Paris, Maison Crozatier

Parmi les signatures prestigieuses, apparaît celle, mystérieuse, de BVRB. L’ébéniste hollandais Bernard Van Risen Burgh se masque derrière ce sigle laconique. Sa production, accessible sur commande auprès de maîtres merciers, se distingue par l’intégration de plateaux de porcelaine de Sèvres et de bronzes dorés.

De plus sobres modèles habillent avec élégance les cabinets de hauts personnages de la cour, comme chez la marquise de Pompadour ou dans nombre d’intérieurs plus modestes.

La reprise de formes élégantes et le travail sur la patine du bois massif caractérisent l’actuelle table chiffonnière, épurée et colorée, commercialisée par les maisons de décoration.

 

marquise-de-pompadour
Portrait de la marquise de Pompadour (détail) par François Boucher (1756)

 

Lire la chronique suivante

«Les Plaisirs de l’Ermitage – dans l’intimité retrouvée d’une folie au XVIIIe siècle », du 16 mars au 16 avril 2017, au Pavillon de l’Ermitage, 148, rue de Bagnolet, 75020 Paris (ouverture du jeudi au dimanche 14 h – 17 h 30).

 

Découverte de l'Est parisien

Street art des années 2000 rue de Bagnolet

L’exposition « 109 – 115 rue de Bagnolet, années 2000 » présentée par la médiathèque au fonds Découverte de l’Est parisien (DEP) est prolongée jusqu’au 26 février 2017.
garage-du-parc-de-charonne
Le garage du Parc de Charonne, qui occupait la parcelle correspondant aux 109-115 rue de Bagnolet, 2002. © Claude Soret / Médiathèque Marguerite Duras

Du milieu des années 1990 à 2006, les 109 et 115 rue de Bagnolet (auxquels on peut ajouter le 105, de l’autre côté de la ligne de la Petite Ceinture) constituaient une vaste friche urbaine investie par les graffeurs.

Peu se souviennent que le site, aujourd’hui occupé par les classieux immeubles du Mama Shelter et de la médiathèque Marguerite Duras, fut auparavant un joyeux terrain de jeux où les fresques se succédaient sur les façades murées. De véritables palimpsestes sur lesquels des artistes connus (Miss-Tic, Nemo, Mesnager) ou moins connus, donnaient libre cours à leur créativité.

De cette époque où le street art commençait tout juste à prendre son essor, il reste peu de traces – les œuvres disparaissaient sans avoir été captées pour être publiées dans des livres ou sur Internet.

Heureusement, il reste de nombreuses photos issues des archives de bibliothécaires amoureux du quartier, que le fonds Découverte de l’Est parisien (DEP) se propose de vous faire découvrir jusqu’au 26 février 2017, au 3ème étage de la médiathèque.

Ci-dessous une petite revue de détails, en attendant de vous retrouver prochainement au DEP !

commissair
109 rue de Bagnolet, 1999 © Claude Soret / Médiathèque Marguerite Duras
pigeon
105 rue de Bagnolet, 1999 © Claude Soret / Médiathèque Marguerite Duras
cochon-dingue-detail
105 rue de Bagnolet. Détail de la fresque Au cochon dingue, 1999 © Claude Soret / Médiathèque Marguerite Duras
Découverte de l'Est parisien

Femmes solidaires dans l’Est parisien : Amicie Lebaudy (1847-1917)

Le fonds Découverte de l’Est parisien de la médiathèque, en partenariat avec le Pavillon de l’Ermitage, vous propose la dernière chronique de la série consacrée aux femmes solidaires dans l’Est parisien, dans le cadre de l’exposition actuellement visible au Pavillon de l’Ermitage jusqu’au 18 décembre 2016.

 

Amicie Lebaudy (1847-1917) : « Mère pieuse, tout sauf charitable »

 

Chronique n° 4 / 4

cliche-lebaudy-rue_annam-et-boyer-14_v1
Profil d’Amicie Lebaudy en médaillon © Coll. Amis de l’Ermitage

En 1863, Marguerite Amicie Piou, seize ans, épouse Jules Lebaudy, trente-cinq ans, propriétaire d’une raffinerie de sucre et bon parti.

Bon parti certes, mais plus pour longtemps.

Lebaudy et son fils cadet, dit « le petit sucrier », salissent la réputation familiale par leurs extravagances financières. Amicie quitte alors le foyer conjugal pour s’installer seule dans le quartier de Saint-Lazare.

Elle n’a désormais plus qu’une idée  : se consacrer à la cause ouvrière en construisant des logements sociaux pour les employés de la raffinerie.

Elle fonde alors le Groupe des Maisons ouvrières qui érige des immeubles d’habitations permettant aux familles d’ouvriers de vivre, contre un modeste loyer, dans un lieu sain qui leur assure de garder leur force de travail entière.

Ces logements deviennent aussi un lieu d’éducation : les murs sont parés de décors sculptés, moulés ou en mosaïque pour éveiller les consciences à l’art. La concierge, elle, surveille que les mœurs des habitants ne se dissipent pas.

L’entreprise construite par Amicie devient en 1917 la Fondation Lebaudy, à qui l’on doit aujourd’hui plus de trente immeubles d’habitations dans Paris.

 

Lire la chronique précédente

« Femmes solidaires – sociabilité mondaine et philanthropie dans l’Est parisien» au Pavillon de l’Ermitage, du 15 septembre au 18 décembre 2016 (ouverture du jeudi au dimanche 14 h – 17 h 30)