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Chroniques musique (octobre) : Marguerite sur écoute !

JAZZ

 

Dominic Miller 

Silent light, ECM, 2017

Comme son nom ne l’indique pas, Dominic Miller est un guitariste argentin ayant travaillé avec d’importants artistes britanniques comme les Pretenders, Phil Collins et surtout Sting. Silent Night est son nouvel album sur le prestigieux label ECM. Miller y joue quasiment en solo de la guitare acoustique, juste secondé par le fin et discret percussionniste Miles Bould sur quelques plages. Pétrie d’influences Folk, parfois brésiliennes, la musique joue surtout sur les ambiances, mais la mélodie n’est jamais absente. Comme toujours, la production ECM est impeccable et la dimension intimiste, voire méditative est parfaitement mise en valeur. Un moment hors du temps.

 

MUSIQUE ÉLECTRONIQUE (mais pas que…)

 

UNKLE_-_The_Road_Part_1 Unkle

The Road : Part I, Songs for the def, 2017

C’est quoi cette pochette ? Le cavalier sans tête qui revient d’une partie de paintball ?!

Pas du tout, voici le dernier album du collectif anglo-saxon Unkle. Ayant démarré dans les années 1990, le projet était influencé par les courants du trip-hop, de la pop, du rock, de l’expérimental et tout ce qui a trait à la musique électronique. A l’initiative d’Unkle il y a James Lavelle et Tim Goldsworthy, la formation a vu passer de nombreux collaborateurs (tels DJ Shadow, DJ Krush ou encore Josh Homme de Queen of the Stone Age…), aujourd’hui à sa tête seul reste James Lavelle.

Résolument à contre courant, Unkle se plaît à brouiller les pistes, les genres et même si on note une prédominance de la musique électronique, aucun album ne se contente d’une seule orientation musicale.

Alors dans quelle case placer The Road : Part I, cette route ponctuée par différentes étapes musicales, différentes destinations ?

Après une dizaine d’albums et une vingtaine d’années d’existence d’Unkle, comment parler de ce nouvel opus ? On citera, là encore, les artistes présents: Mark Lanegan, Keaton Henson ou encore Andrew Innes de Primal Scream. Et puis pourquoi faudrait-il « ranger » un album ? On préfèrera l’écouter et partir sur ce chemin, parfois sinueux tracé par Unkle et conseillé par votre discothèque.

 

 

ROCK

The Germs

GI

Les Germs sont avec les Weirdos l’un des premiers groupes californiens de punk rock. Ils sévirent de 1977 à 1980 et sortirent un album unique GI  produit par Joan Jett.

Leur chanteur  Darby Crash fait partie de la grande traditions des « fracassés » de l’histoire du rock. Après une tentative avortée de suicide sur scène, il met fin à ses jours le 7 Décembre 1980. Le lendemain, John Lennon est assassiné en sortant de chez lui. Inutile de préciser que dans ces conditions la mort du chanteur des Germs passa totalement inaperçue !

Pat  Smear le guitariste du groupe intégrera Nirvana en 1993 à la demande de Kurt Cobain, autre « fracassé », grand fan du groupe…

 

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Chroniques musique (juillet-août) : Marguerite sur écoute !

ELECTRO

                                           

 Forest Swords

 Compassion, Ninja Tune, 2017

Forest Swords est le projet du britannique Matthew Barnes, après son premier album Engravings, paru en 2013 sur le label Triangle, le voici de retour avec un nouvel LP.

Suite à plusieurs collaborations, notamment avec le groupe Massive Attack, le musicien et producteur, propose, avec Compassion, une musique expérimentale, proche du trip-hop, du dub, où des sonorités orientales ou tribales s’invitent sur certains morceaux. Des nappes instrumentales inquiétantes ou plus tranquilles font leur apparition et laissent cours à la rêverie, parfois la mélancolie. A d’autres instants des éléments synthétiques peuvent surgir et rappeler une certaine rudesse de la musique électronique.

La musique de Forest Swords est puissante car elle est riche, sans être fourre-tout. Il faut du talent pour restituer autant de facettes de la musique électronique et Matthew Barnes y parvient, nous entrainant dans une heure de divagation émotionnelle et musicale.

 

FUSION LATINE

 

Orkesta Mendoza

¡Vamos a guarachar! Glitterbeat records, 2016

Avec l’élection de Donald Trump, on a oublié qu’une bonne partie du sud des États-Unis est de plus en plus hispanophone (s’il ne l’a pas toujours été). Voici donc un combo de Tucson, Arizona, emmené par un des musiciens du groupe Calexico, célébrant les Cumbias, Mambos et autres Rancheras à la manière des voisins mexicains. Enfin, pas tout à fait, Sergio Mendoza et ses acolytes aiment trop le Rock pour ne pas insuffler quelques guitares « surf »et une touche de psychédélisme. On pense parfois aux groupes alternatifs de Barcelone comme Dusminguet, mais avec le charisme du chanteur mexicain Salvador Duran et un savoir-faire certain de l’orchestre, la sauce (piquante !) prend rapidement.

 

 

MUSIQUE CLASSIQUE

 

Filarmonica della Scala

Riccardo Chailly, dir.

Overtures, preludes & intermezzi  Decca, 2017

Cet enregistrement célèbre plus de 230 ans de créations dans la légendaire salle milanaise.

Le programme présente une sélection d’extraits symphoniques d’opéras italiens du XIXème siècle, créés à la Scala.

On y trouve des tubes (Norma, Madame Butterfly) mais également des ouvrages moins célèbres comme « Il finto Stanislao » de Verdi ou « Siberia » de Giordano. L’Orchestre Philharmonique de la Scala et Riccardo Chailly mettent magnifiquement en valeur ce répertoire inscrit dans leurs gènes.

 

 

 

ROCK

 

The Weirdos

Weird world 1977-1981 vol. 1 Frontier Records, 1991

 

We got the neutron bomb vol. 2 Frontier Records, 2003

The Weirdos est l’un des groupes phares de la scène punk de L.A.  de la fin des années 70 (avec X, les Germs et les Screamers).

Leur 1er single « destroy all music » sort en 1977 , il sera suivi par 2 maxi EP .

Le groupe est un équivalent humoristique de leurs collègues new-yorkais les Ramones,  avec un chanteur dont la voix ressemble à celle de David Johansen des N.Y. Dolls.

The Weirdos comme beaucoup de groupes punk de leur génération se séparent au début des années 80 pour se reformer ensuite début 90  donnant naissance à une compilation et un nouvel album « Condor ».

 

 

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Chroniques musique (janvier) : Marguerite sur écoute !

POP

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Soft Hair

Soft Hair, Weird World, 2016

Connan Mockasin et Sam Dust, dit LA Priest, le duo du groupe Soft Hair (cheveux doux !) sortent leur premier album peaufiné pendant cinq ans de collaborations épisodiques, car ils étaient pris par d’autres projets. Ceci explique peut-être l’absence de pression et l’impression de décontraction émanant de l’album. Entre électro pop, psyché et relents disco, une véritable personnalité se dégage de la musique du duo. Une espèce de douceur vaporeuse exempte de niaiserie, et sans trop de maniérisme, ce qui constitue un exploit dans le créneau qu’ils ont choisi. Superbement futile, à l’image de la pochette !

 

 

BANDE ORIGINALE

 comancheriaNick Cave & Warren Ellis

Comancheria, bande originale, Milan, 2016

Ce n’est pas la première fois que Nick Cave et Warren Ellis s’acoquinent pour écrire pour le cinéma. Depuis 2005, les deux musiciens composent des bandes-son dont certaines ont été primées. Ce sont généralement pour des films à l’ambiance Western, et c’est encore le cas cette fois-ci. S’il se situe de nos jours, cet affrontement de fratries (l’une réelle, l’autre de circonstance) s’approprie tous les codes de l’ouest américain remis à neuf. Cave et Ellis ont composé des ambiances dépouillées et inquiétantes, et ont sélectionné d’excellents morceaux de grands artistes de country et d’americana (Townes Van Zandt, Waylon Jennings,etc) pour illustrer ce drame très campagnard et « white trash ». Du beau travail.

ROCK

everywhere-at-onceThe Plimsouls

Everywhere at once, Distrib. BMG, 1992

Le groupe se forme en 1978, à Los Angeles par Peter Case, après la séparation de son précédent groupe The Nerves. L’un de ses morceaux Hanging On The Telephone, repris par Blondie a d’ailleurs un succès international.

Les Plimsouls affectionnent un style subtil mélangeant l’énergie du rock et la finesse de la pop… Leur premier EP zero hour sort en 1980, suivi d’un live et de deux autres albums en 1981 et en 1983.

Ce dernier Everywhere at Once est un disque hors-pair avec des compositions remarquables comme A million miles away ou the oldest storie in the word !

Malgré leur talent et l’adulation de la presse spécialisée, le groupe se sépare en 1986.

Peter Case entame alors une brillante carrière solo dans un style folk rock plus dépouillé, abandonnant le coté « power pop » des Plimsouls…

 

 

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Chroniques musique (décembre) : Marguerite sur écoute !

ROCK

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Kilburn & The High Roads

Handsome, Cherry Red Records, 1974

Formé autour du chanteur Ian Dury, en 1970, le groupe est hors normes musicalement :

Il se situe à la lisière du jazz, du rock et du cabaret. Mais ce qui marque le plus dans ce groupe est sa grande maturité musicale. Ils vont enregistrer deux albums exceptionnels, en 1975 et 1978, sans rencontrer de véritable succès, malgré la reconnaissance unanime des critiques.

A la dissolution du groupe en 78, Ian Dury formera quant à lui les Blockheads (les têtes de c… ) et entamera alors une brillante carrière internationale illustrée par quelques hits, dont le fameux Sex & drugs & rock&roll !

 

 

 MUSIQUE CONTEMPORAINE

dsl-92205dreamingawakecover

Philip Glass/Bruce Levingston (piano), Ethan Hawke (voix)

Dreaming awake, Sono Luminus, 2016

Le pianiste américain Bruce Levingston livre une interprétation admirable des compositions de Philip Glass. Au programme un arrangement pour piano hypnotique de la bande originale The Illusionnist, les études dont la numéro 2 avec de subtiles allusions à Bach et Chopin, sans oublier la lecture de l’acteur Ethan Hawke du poème Wichita Vortex Sutra d’Allen Ginsberg…. un joli écho de la performance de Ginsberg et Philip Glass en 1988.

ELECTRO

betterBetter Perspective : Technimatic

Better Perspective, Shogun,  2016

Deuxième album pour Pete Rogers et Andy Powell, le duo Technimatic, qui nous propose toujours une Drum&Bass mélodique et accessible, aux accents Pop et Soul, parfois pas si loin du Trip Hop. Les ambiances dégagent une certaine sophistication, voire du lyrisme, et le duo de Brighton ne néglige aucun détail. Même si on pourrait reprocher un manque d’aspérités à cet opus (mais est-ce obligatoire ?), où la dimension « tubesque »de certains titres est évidente, on ne peut que saluer l’incontestable qualité de la production. A suivre.

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Chroniques musique (novembre) : Marguerite sur écoute !

INCLASSABLE

 

banabilaMichel Banabila

Early works, things popping up from the past, 2016

Se définissant lui-même comme artiste sonore, le néerlandais Michel Banabila œuvre depuis les années 80 dans les mondes du cinéma, du théâtre et de la danse. Ce disque présente, comme son nom l’indique, ses premières productions et on y découvre un compositeur inspiré, déjà inclassable et intéressé par l’expérimentation. Si son travail sur les bourdons de la musique Drone et les samples (dont c’était les premiers pas) fascinent, on retiendra la fraîcheur de ses mélodies et de ses ambiances. Un disque qui pourrait séduire les aficionados de l’ambient, d’un certain jazz moderne, voire des compositeurs classiques du début du XXe siècle. Et surtout ceux qui, sans ornières, sont prêts à s’immerger dans l’univers de Michel Banabila.

 

 

ROCK

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Pure Hell

Noise addiction : 1978 New York & London sessions, Welfare Records, 2016

En 1978, Marguerite D. – grande fan de Rock comme chacun sait – eut la surprise de découvrir, en première partie de Johnny Thunders à Londres, un groupe de punk rockers entièrement noirs : Pure Hell.

Le groupe se forme en 1974 et se situe dans la lignée des Stooges et du MC5 et de Hendrix.

Ils migrent dès 75 à New York où le Glam est en train de virer au punk avec des groupes comme les Ramones, Television et autres Dead boys, et ouvrent l’un des derniers concerts des N.Y Dolls.

Pure Hell est en fait assez similaire aux Dead Boys : d’authentiques «  black trash ( !) » pratiquant un rock féroce et noisy. Un 45 tours sorti en 78 : une reprise de Nancy Sinatra : these boots are made for walking alors que leur excellent album « noise addiction » ne parait qu’en 2006.

Faute de succès le groupe se sépare en 1980.

Un groupe comme les Bad Brains, avec une carrière plus conséquente, cite Pure Hell comme une de leur influence principale.

Découvrez ce groupe atypique et leur album Noise Addiction ainsi qu’un dvd live en studio.

Merci Marguerite.

 

 

 

INCLASSABLE : musique contemporaine et musique électronique

Statea V. Wagner & Murcof

Vanessa Wagner & Murcof

Statea, InFiné, 2016

La rencontre de ces deux artistes était loin d’être évidente: l’une pianiste française au répertoire classique, le second un producteur de musique électro, Fernando Corona, plus connu sous le pseudonyme de Murcof.

Pourtant c’est à l’occasion d’un évènement proposé par le label InFiné, au cours duquel les deux musiciens étaient programmés, qu’ils se sont connus. Vanessa Wagner terminait d’interpréter d’une pièce d’Erik Satie, lorsque Murcof prit le relais afin de proposer une transition originale.

Suite à cela, les deux artistes se sont retrouvés et de là, est né ce projet intitulé « Statea » (soit « balance » en ancien italien), un album qui propose des réarrangements d’œuvres issues du répertoire de la musique classique et contemporaine (Satie, Cage, Glass…) avec un morceau, malgré tout, du groupe culte de musique électronique, Aphex Twin.

Ce disque nécessitera certainement plusieurs écoutes (j’en suis à la 4e !) afin d’être apprécié mais pas besoin d’être amateur de classique, de contemporain ou d’électro pour se laisser transporter vers des horizons riches et variés: certains thèmes sont revisités de manière plus sombre voire angoissante, d’autres plus cinématographique alors qu’au contraire, certains, mènent à la rêverie avec une légèreté que ne proposaient pas les orchestrations originales.

Alors soyez curieux et laissez-vous tenter par ce voyage…