Sans modération

Les Ravissements de Marguerite : BD (octobre)

Une métamorphose iranienne, Mana Neyestani, éd. ça et là, 2012

Dessiner des cafards dans le supplément pour enfants d’un hebdomadaire peut vous conduire en prison… en Iran!

C’est l’amère expérience qu’a vécue le journaliste Mana Neyestani dans cette BD au noir et blanc très évocateur. Le cafard qu’il dessine l’entraîne dans un cauchemar (interrogatoires, faux espoirs de libération) qui ne prendra fin qu’avec sa fuite hors d’Iran.

Il y a du Kafka bien sûr dans cette “Métamorphose iranienne” mais aussi beaucoup d’humour dans cette histoire qui nous plonge avec son héros (malgré lui !) dans les âfres de l’univers carcéral iranien.

inoxydableInoxydable, Sébastien Floc’h & Steve Baker, éd. KSTR, 2014

Harry, un repris de justice, aidé d’un robot, est contraint de délivrer un justicier fraichement kidnappé : Major Pulsor. Seulement, tout ce beau monde se trouve être abusé et manipulé. Cela donne lieu à une bande dessinée survitaminée, aux influences multiples : films de série B, mangas et comics.  Le ton y est décalé et les dialogues efficaces.

demainDemain demain, Laurent Maffre, éd. Actes sud, 2012

Cet ouvrage décrit le quotidien, l’attente, les espoirs, les désillusions « d’environ 1500 ouvriers « célibataires » et quelques 300 familles d’Afrique du Nord qui habitaient, sans électricité et sans eau courante (…) une seule adresse administrative : le 127, rue de La Garenne ».

En 1962, ce bidonville, dit La Folie, est le plus vaste et le plus insalubre des bidonvilles de Nanterre. BD reportage émouvante, en noir et blanc, qui donne à voir depuis l’intérieur le racisme, la détresse et le déracinement éprouvés par ces familles, sur fond de Trente glorieuses et fin de guerre d’Algérie. En annexe, les témoignages recueillis par Monique Hervo, militante et habitante de La Folie, illustré par des photographies.

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Heure du cinéma : les adaptations de BD au ciné

Le 21 juin 2014, dans le cadre du festival « Bulles Zik », les bibliothécaires ont abordé le thème des adaptations live de BD à l’écran.  Loin d’être exhaustifs sur ce sujet très à la mode, mais qui inspire le cinéma depuis des décennies, nous nous sommes efforcés de vous offrir un panorama général des adaptations, à travers le temps, comme à travers les pays d’origine des œuvres. Nous avons aussi essayé de citer à la fois les œuvres marquantes du genre, mais aussi certaines curiosités, que nous vous laissons découvrir …

 

(extrait de Fais gaffe à la gaffe)

 

(Popeye, Robert Altman)

 

Pour ceux qui n’ont pu assister à cette Heure du cinéma, voici le déroulé de la séance …

 

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Les Ravissements de Marguerite : BD (septembre)

cairo bluesCairo Blues, Pino Creanza, éd. Rackam, 2014

Cette bande dessinée, entre documentaire et carnet de voyage, au style réaliste et aux tons ocres, nous donne à voir Le Caire entre 2009 et 2012, sous le régime d’Hosni Moubarak (qui démissionna en février 2011). L’auteur nous fait pénétrer dans cet enchevêtrement architectural qu’est la mégalopole égyptienne ainsi que dans les villes alentours. Nous déambulons de lieu en lieu et découvrons le quotidien des Cairotes (et notamment celui des chrétiens coptes) et leurs difficultés. L’incurie des hommes y est soulignée.

alois nebelAlois Nebel, Jaroslav Rudiš & Jaromir 99, éd. Presque lune, 2014

Cette trilogie en noir et blanc, dont le premier volume a paru en 2003, a été rééditée, revue et complétée par les éditions Presque Lune. L’adaptation cinématographique d’Alois Nebel a reçu le premier prix européen du film d’animation en 2012.

Le romancier tchèque Jaroslav Rudiš y livre l’histoire de son grand-père cheminot en Silésie : le protagoniste éponyme, Alois Nebel. Alors contrôleur du trafic ferroviaire, celui-ci, traumatisé par la Seconde Guerre mondiale, est depuis en proie à des hallucinations. Il se confie à un personnage énigmatique Bily Potok, interlocuteur idéal, car muet, également interné dans l’hôpital psychiatrique de Lipôva. Un roman graphique, voire un roman noir fantastique, sur l’histoire chaotique et longtemps refoulée d’un pays et les répercussions sur sa population.

super crooksSuper Crooks – le casse, Mark Millar & Leinil Yu, éd. Panini comics, 2014

L’auteur du comics à succès Kick-ass nous sert ici un “cocktail explosif et détonnant de X-men et d’Ocean’s Eleven”. Dans New York, où grouillent des super-héros, réussir à faire un casse devient presque impossible. C’est pourquoi, et afin d’aider un des leurs en difficulté, le couple formé par Johnny et Kasey, voleurs multirécidivistes et emprisonnés à maintes reprises décide de faire le braquage du siècle en Espagne, « là où il n’y a pas une seule cape à la ronde », exceptée celle du super méchant Christopher Matts, alias le Bâtard. Pour ce faire, ils réunissent les anciens membres d’une bande de super-criminels.

BD enlevée grâce notamment au découpage et à l’esthétique cinématographique du dessinateur philippin, Leinil Francis Yu.

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Les Ravissements de Marguerite : BD (juillet)

dark countryDark Country, Thomas Ott, Thomas Jane & Tab Murphy, l’Apocalypse, 2013

Retour aux sources mêmes du roman graphique avec cette histoire sans paroles, tout en noir et blanc, évoquant l’univers tragique du film noir et des récits cauchemardesques de la Quatrième Dimension.

Ce scénario a été adapté une première fois au cinéma en 2009 par l’acteur-réalisateur Thomas Jane avant que celui-ci ne propose à l’artiste suisse Thomas Ott sa propre version des faits. Un résultat saisissant.

Une collision accidentelle sur le chemin de l’école collision-accidentelle-imhopeut-elle donner lieu à un baiser ?, Shintaro Kago, éd. IMHO, 2014

Une compilation d’historiettes intelligemment irrévérencieuses, s’ouvrant par une série de gags absurdes et trash en couleurs. Elle met en évidence le caractère monstrueux de la société en exacerbant à outrance ses travers. L’auteur se joue des personnages et de la forme qu’il tord avec humour et virtuosité.

L.10EBBN001571.N001_SUCCOMBEq_C_FRSuccombe qui doit, Rica & Antoine Ozanam, éd. KSTR, 2014

Après un hold-up ayant mal tourné, 4 jeunes voyous trouvent refuge dans une casse, celle d’un ancien boxeur, José Marchado, qui lui aussi s’y cache depuis 15 ans.

Au rythme d’un découpage cinématographique (un peu lent au début) et du polar, se démêle inexorablement un nœud d’affaires sordides, ayant pour dénominateur commun le commanditaire M. La Villette.

« Succombe qui doit », inscription tatouée sur le dos de Marchado dit Laser Jo et qui annonce le destin funeste des personnages pris dans l’engrenage de la violence et de la vengeance. Ce huis-clos, d’une cruauté froide, bouscule la temporalité et fais tomber les masques.

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Les ravissements de Marguerite : BD (juin)

harbinger Harbinger, t. 1, Joshua DYSART, éd. Panini comics, 2014

Peter Stanchek, une jeune homme de 18 ans se retrouve en cavale avec son meilleur ami, Joe Irons, après s’être tous deux échappés d’un hôpital psychiatrique.

En proie, l’un à des hallucinations et l’autre à de multiples voix s’entrechoquant dans sa tête, cet étrange couple se voit débaucher par Harada, le président de la société « Harbinger », une team de super-héros, appelés les « Psiotiques ». Harada, incarne une figure paternelle fallacieuse à laquelle Peter qui s’avère détenir des pouvoirs phénoménaux tente violemment de s’affranchir.

Cette nouvelle série, publiée initialement par l’excellente collection américaine « Valiant » s’apparente à  une réécriture anti-manichéenne et contemporaine des X-Men. Un comics captivant et plein de rebondissements.

ma vie mal dessinéeMa vie mal dessinée, Gipi, éd. Futuropolis, 2009

Autobiographie bigrement décalée dans laquelle Gipi se dévoile sans pudeur aucune. Il aborde ainsi, dans une narration complexe, faite de flash-backs et forwards, ses soucis sexuels, ses errances et une adolescence marquée par une expérimentation tout azimut de psychotropes. Le tout servi par un graphisme alternant crayonnés saccadés et de magnifiques aquarelles.

last manLast man, Balak-Vives-Sanlaville ; éd. Casterman ; coll. KSTR, 2013

Adrian Velba, 12 ans, s’apprête à participer à son premier grand tournoi et représenter son école de combat dirigée par Maître Jansen. Seulement, son partenaire fait défection à quelques heures de la clôture des candidatures. Heureusement, surgit  in extremis un grand gaillard que personne n’a jamais vu en ville, Richard Aldana.

Une série prometteuse qui adopte les codes du manga et qui fait preuve d’un sens aigu de la narration et du spectacle.