Sans modération

Petits et grands plaisirs du cinéma d’Aki Kaurismäki

Peu de cinéastes, même parmi les plus grands, peuvent se vanter d’avoir imposé un style reconnaissable d’entre tous. Aki Kaurismäki est de ceux-là.

A tel point que dans le déjanté Aaltra, le tandem Kervern-Delépine lui a rendu un hommage explicite dans lequel il tient même un petit rôle !

Extrait du film Aaltra (2004) avec Aki Kaurismäki

Qu’est-ce qu’un film de Kaurismäki ?

Avant tout, des ambiances un peu rétro. De vieilles voitures américaines, des chansons sentimentales, des gangsters et des bars miteux… on est toujours à la limite du ringard, quand on n’y bascule pas carrément. Quel plaisir, que de regarder un film de Kaurismäki et de se délecter de ces trognes impassibles et de ces coiffures improbables !

L’exemple le plus poussé est sans conteste la drôle de dégaine des « Leningrad Cowboys« , ce groupe de vrais-faux musiciens auquel Kaurismäki a consacré deux films : Leningrad Cowboys Go America (1989) et Les Leningrad Cowboys rencontrent Moïse (1994).

Les premières minutes des Leningrad Cowboys go America

Mais la richesse du cinéma de Kaurismäki est sa capacité à recycler en permanence cette imagerie qui aurait pu devenir lassante, alternant scénarios originaux et adaptations littéraires (rien de moins que Shakespeare, Dostoïevski et Juhani Aho !), alternant la comédie pure (les deux Leningrad Cowboys, Tiens ton foulard Tatiana ! 1994) et la noirceur (Hamlet goes business, 1987, Les lumières du faubourg, 2006) en passant par le film social à la Ken Loach (Ariel, 1988; Shadows in paradise, 1986).

Kaurismäki, cinéaste humaniste

Homme de défi – il a réalisé le dernier film muet du 20e siècle, Juha – il est aussi un des meilleurs représentants d’un cinéma humaniste, et probablement celui qui a le mieux su aborder la question des migrants (Le Havre, 2011 et L’autre côté de l’espoir, 2017). Il est aussi très impliqué, avec son frère Mikä (réalisateur et producteur important en Finlande), dans le Festival du film du soleil de minuit en Laponie.

Enfin, ce réalisateur très engagé (au meilleur sens du terme), qui aura si bien su filmer la dignité des “petites gens” et les modestes joies tapies dans la médiocrité du quotidien, est un vrai plasticien : son utilisation de la couleur comme du noir et blanc confère à tous ses films une beauté plastique qui contribue largement à la fascination exercée par son univers.

Affiche du film L'autre côté de l'espoir (2017)
L’autre côté de l’espoir (2017)

Les DVD des films d’Aki Kaurismäki sont bien sûr empruntables ou consultables sur place à la médiathèque Marguerite Duras

« Quand j’étais jeune, je m’asseyais dans le bain et des idées me venaient. Mais je ne suis plus jeune, alors maintenant je reste assis dans le bain. » Aki Kaurismäki

AV


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