Sans modération

La technologie vous contrôle : « Le pense-bête » par Fritz Leiber

Couverture du roman Le pense-bête de Fritz LeiberDans un monde post-apocalyptique, une nouvelle société a vu le jour. Elle ne ressemble en rien à ce que la Terre a pu porter. Tous les rescapés se sont réfugiés dans les sous-sols de notre malheureuse Terre et ne sont pas prêts de revoir la lumière !

Mais quelques irréductibles survivants refusent de passer du côté obscur de la force et s’entêtent à habiter dans les derniers immeubles encore debout. Au passage, on nous rappelle que la végétation a quand même repoussé mais, comme il y a eu une petite apocalypse nucléaire, il n’est plus possible de faire bronzette longtemps ! Bref, dans un de ces immeubles logent Gusterson (Gus pour les intimes) et sa femme Dasy. Pour les mettre en totale opposition on nous apprend que dans les sous-sols vivent Fay, un ami de Gus et également une foule de personnes dont on se fiche éperdument.

Gusterson est un donneur d’idées, il y a des donneurs d’organes mais lui est calé dans les idées. C’est un peu le mec qui dit « J’ai une idée qu’elle est bonne mon idée et qu’elle est pas chère en plus ». Il est le relais créatif de Fay qui met donc en application et en process (je dis process pour faire le gars branché) les idées de son ami. Par exemple, il est le concepteur génial de la formidable invention du « masque de beauté intégrale », un chef d’œuvre de l’esthétisme !

Je vous passe quelques pages et quelques dialogues pour entrer dans le vif du sujet. Un jour, en se levant de bon matin, Gus a une idée : pourquoi ne pas créer un truc qui penserait à dire aux êtres humains de faire des trucs et de ne pas oublier d’en faire. Bingo ! C’est Le Pense-bête ! Comme vous pouvez vous en douter, ça va un tantinet déraper… L’homme devient esclave de cette formidable machine qui puise son énergie au cœur même de l’individu, crée des tensions et des dissensions et même des scissions (plein de mots en « ion » pour la rime) ! Tout ce reste d’humanité est plongé corps et âme dans ce Pense-bête qui évolue jour après jour. Le monde pense Pense-bête, vit Pense-bête, dort Pense-bête… On n’en sort pas la tête de la journée, il régit, rythme votre vie…

Hop, hop, hop, retournement de situation subtilement apporté par notre auteur oh combien visionnaire : le Pense-bête prend le pouvoir (hé oui, Cameron et son Terminator n’a rien inventé), l’homme est asservi par divers procédés plus ou moins fourbes. Et, la question qui nous brûle les lèvres, que nous nous posons tous : comment éradiquer cette machine démoniaque qui, je vous assure fait de l’homme le portrait craché d’un Quasimodo en tutu.

Portrait de Fritz LeiberFritz Leiber est un écrivain visionnaire, en 1962, il invente donc une humanité dirigée par un petit ordinateur. De sa plume aérienne mais néanmoins très directe, Lieber nous entraîne dans un monde high-tech comme il était possible de l’imaginer dans les années 60 ! De décors épurés mais efficaces, il fait en sorte de créer une totale opposition urbaine entre le monde de dessus et celui du dedans mais également une opposition philosophique entre les personnages principaux. Il crée un univers fermé qui suffit largement à nous faire ressentir le malaise d’une société qui se reconstruit et évolue. Il anticipe quelques décennies plus tôt cette recherche incessante du progrès technologique qui à force de développement et d’expériences peut nuire à l’humanité.

Je vous propose un rendez-vous à la côte SF LEI et dans le catalogue pour y penser, c’est ici !

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