Sans modération

Souvenirs des Imaginales d’Epinal

Connaissez-vous les Imaginales d’Épinal ? Non ? Pourtant, c’est la 17ème édition de ce festival consacré aux mondes de l’Imaginaire qui  s’est déroulée du 24 au 27 mai dernier. Et devinez quoi ? Nous y étions !

 

[L’édition 2017 en vidéo]

Alors je vous vois venir, toute l’équipe de Duras n’y était pas. Déjà parce que se déplacer et se loger à cinquante, ça aurait nécessité une logistique démentielle, mais surtout parce qu’on n’allait pas vous priver de médiathèque pendant quatre jours quand même ? Nous savons que sans nous, vous êtes tout perdu (bon, et vos documents se retrouvent en retard aussi).

Quand je dis nous, je parle en réalité d’un groupe de huit personnes, connu dans le réseau parisien sous le nom de : comité science-fiction, fantasy, fantastique, et qui est chargé de lire, commenter et recommander (ou déconseiller) les romans issus des littératures de l’imaginaire aux collègues du réseau. Et parmi ces huit personnes, et bien il y a deux Durassiens (c’est comme ça qu’on s’appelle entre nous. C’est notre gentilé si on peut dire).

Pour des raisons d’organisation du travail (un peu), et financières (beaucoup), nous n’avons pas pu nous y rendre les quatre jours, mais nous y étions tout de même du vendredi midi au dimanche fin d’après-midi.

Mais finissons-en avec cette longue introduction, et passons à l’essentiel : qu’est-ce qui se passe de beau aux Imaginales ?

Pour commencer, il faut savoir que le festival se déroule dans le parc public d’Épinal.

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Celui-ci accueille quatre magic mirrors, sorte de chapiteaux en semi-dur (plancher et murs en bois surmontés de toile) évidemment dotés de miroirs, qui accueillent les conférences et tables rondes (si vous voulez avoir une idée de ce à quoi ça ressemble,, c’est par ici).

On trouve également un grand barnum, qui abrite les espaces de ventes de la librairie et les auteurs en dédicace,  une mini salle polyvalente qui cette année accueillait les stands de bande-dessinée et d’illustrateurs, un village de toile où l’on retrouve divers stands tant de d’éditeurs que de passionnés d’histoire et de fantasy (artisans du cuir ou du métal, compagnies de reconstitution historique, tatoueurs…) et enfin, un temple maçonnique qui propose des cycles de conférences plus en rapport avec la spiritualité et l’ésotérisme qu’avec les univers de fiction.

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La bibliothèque municipale d’Épinal est également partie prenante, accueillant comme chaque année, une murder party le vendredi soir et une exposition en rapport avec le festival, avec cette année rien moins qu’une exposition de l’illustrateur John Howe. Vous ne savez pas qui est John Howe ? Vraiment ? Plus sérieusement c’est l’un des illustrateurs du monde de Tolkien les plus fameux. Il a même travaillé sur l’adaptation filmique du seigneur des anneaux de Peter Jackson. Pour jeter un œil au travail de cet immense Monsieur, c’est par .

Cette année, la thématique des Imaginales était : créatures, et le pays invité : le Canada. On notera que John Howe remplit doublement le cahier des charges puisqu’il est Canadien, et connu pour la qualité de ses dragons, serpents de mer, araignées géantes et autres balrogs.

Sur l’ensemble du festival, moult conférences sont proposées chaque jour de 10h à 19h dans les magic mirrors. Dix prix des Imaginales sont également attribués, mais nous y reviendrons plus en détails au moment de la remise des prix, patience !

Avec un tel programme, difficile de s’ennuyer, mais impossible de tout voir et tout faire ! Il a fallu faire des choix (cornéliens), sacrifier certaines conférences pour pouvoir se réhydrater (il a fait très, très chaud) ou glaner quelques livres ou dédicaces.

Impossible d’être exhaustif, et vous devrez donc vous contenter de quelques impressions fugaces, quelques souvenirs embrumés, peut-être même imaginés ? Ce serait de circonstances, mais vous ne pourrez jamais en être sûr…

De mon vendredi, je garde le souvenir du plaisir que j’ai eu à écouter David Bry nous parler du personnage de son roman, et de l’envie de le lire qu’il a réussi à me communiquer, de l’humour so british de Christopher Priest, de la mini controverse entre Steven Erikson (canadien) et Pierre Bordage, sur la question de l’égalité homme / femme dans la fantasy , Steven Erikson avouant ne pas comprendre l’intérêt de reproduire dans la fiction les inégalités du monde réel, de quelques moments de grâce lors d’une lecture à voix haute proposée par Estelle Faye et Stefan Platteau, et enfin, des souvenirs émus d’une succulente côte de bœuf, puis ceux, plus embrumés, de longues et forts peu sérieuses conversations autour d’un (de ?) verre(s) en compagnie de quelques auteurs et autres festivaliers.

À peine le temps de dormir quelques heures (un peu plus de quatre), et il faut déjà y retourner ! Dure est la vie de festivalier à Épinal. Une première conférence drolatique autour de la figure de l’assassin en fantasy (si, si, ça peut être drôle !), un grand entretien avec Marie Brennan (dont on ne peut que recommander la lecture) avant d’assister à une superbe conférence sur l’exploration spatiale, où les auteurs se sont littéralement « trouvés », au point d’animer la conférence presque sans que le modérateur ait à intervenir. Un régal !

L’après-midi, une rencontre intimiste (pas plus de six personnes), avec l’auteur britannique Al Robertson (pas de fiche wikipedia pour M. Robertson, mais j’ai dégotté une interview de lui, en français !), qui se débrouille plus que bien dans la langue de Molière.

Une séquence d’achats / dédicaces au stand librairie, l’occasion aussi d’apercevoir en passant Robin Hobb (qui vient à Épinal tous les deux ou trois ans), toujours aussi souriante et débonnaire, puis je file vers un nouvel entretien, cette fois avec l’autrice américaine Nnedi Okorafor (que je ne connaissais pas, mais il va falloir combler cette lacune), et voici déjà le temps de la remise des prix !

Les prix écoliers, collégiens et lycéens avaient déjà été remis le jeudi, mais je vais vous récapituler le palmarès complet ci-dessous :

Il est à noter que le prix des bibliothécaires apparaissait pour la première fois cette année, et qu’il sera reconduit l’an prochain (on aura donc l’occasion d’en reparler).

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Boudicca-Jean-Laurent-Del-Socorro-ActuSF

Et la journée touche déjà à sa fin.

Nouvelle courte nuit, car en cette dernière matinée de festival, c’est à 8h30 que nous sommes attendus pour une rencontre entre les bibliothécaires présents aux Imaginales et les organisateurs de l’événement. Et oui, une réunion professionnelle le dimanche matin !

Beaucoup de choses à discuter avec le bilan à tirer de cette première édition du prix Imaginales des bibliothécaires. L’occasion aussi de rencontrer et échanger avec des collègues d’un peu partout. Bien sûr, beaucoup de collègues des Vosges (la proximité géographique, ça aide), bien sûr, les huit parisiens que nous étions, mais également des collègues venues de la bibliothèque universitaire de Rouen, et sans doute aussi d’ailleurs, mais je n’ai pas tout retenu.

Mais le temps file, et nous devons céder la place à l’une des grosses conférences du jour consacrée à la rémunération des auteurs / autrices en festival. Une recommandation du Centre National du Livre pas toujours respectée. Heureusement Épinal fait plutôt partie des bons élèves.

Plus que quelques heures avant le départ, et pourtant encore tellement de choses à voir ou faire.

  • Un moment quasiment magique lors de la conférence : Villes réelles… villes imaginaires ! lorsque après une heure de discussion de haute volée, Sabrina Calvo, lance une piste de réflexion à la cantonade et où tous les intervenants se perdent dans leurs pensées, le temps de s’apercevoir qu’il y a là matière à une autre heure de discussion et à tout un monde de possibilités. Un régal de les voir à la fois contents de ce nouveau terrain d’investigation, et frustrés parce qu’il faut mettre un terme à la rencontre.

Voilà pour ces quelques impressions d’Épinal qui, je l’espère vous auront donné envie d’aller y faire un tour un de ces jours. Je ne peux que vous y encourager. L’ambiance est bon enfant, les auteurs tous très disponibles et chaleureux, et la programmation est de qualité.

Histoire de vous imprégner un peu plus de la magie des lieux, vous pouvez contempler quelques photos sur la page facebook des Imaginales, sur la page facebook du comité science-fiction, fantasy, fantastique (n’hésitez-pas à rejoindre la page, ça nous fera plaisir) ou sur le très bon site d’informations / éditions des littératures de l’imaginaires Actu SF. Il est même possible, de réécouter quelques conférences directement uploadées sur leur site.

Alors, elle est pas belle la vie ?

 

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