Les coulisses

Le Paris de nos aînés

Tous les 15 jours nous recevons, les mercredis matins, 2 groupes de personnes âgées des Centre d’accueil de jour Les Balkans et Etimoë , pour une séance de lectures, de chansons, de contes ou de projections de films.

Ces séances conviviales sont très appréciées. Non seulement par le public, (quelques-unes de ces dames adorent chanter ) mais aussi par nous, bibliothécaires, qui les organisons. C’est l’occasion de mettre en valeur nos documents et faire découvrir des pépites.

La dernière séance était consacrée à Paris et nous vous recommandons le beau court métrage de Joris Ivens « La Seine a rencontré Paris » un documentaire poétique en noir et blanc de 1957.

Sur une musique originale de Philippe Gérard, enchanté(e)s par le commentaire de Jacques Prévert dit par Serge Reggiani nous pénétrons dans Paris par voie fluviale en nous laissant conduire au fil de l’eau. On participe au plaisir du cinéaste qui observe les gestes quotidiens des mariniers, des  artisans, filme à la dérobée des couples d’amoureux, un photographe et ses mannequins .

Puis (heureux hasard ?) survient un thème récurrent dans l’œuvre d’Ivens : l’orage fait fuir les promeneurs qui courent s’abriter.

Joris Ivens (1898-1989) eut une longue carrière d’artiste militant. Il répondit notamment à l’invitation de Poudovkine pour travailler en Union soviétique, il s’engagea aux côtés des républicains espagnols, puis porta témoignage sur tous les combats de ce que l’on a appelé le Tiers-mondisme. Cependant, si le sens de la responsabilité politique le préoccupait au plus au point, Joris Ivens ne renonça jamais au regard poétique qu’il aimait porter sur les choses et qui marquait déjà ses tout premiers films.

Le film de Joris Ivens  est un film-poème sur Paris et la vie parisienne aux bords de la Seine.
« Jacques Prévert n’a pas mis Paris en bouteille. Il l’a mis en Seine ».

Pour compléter cette projection nous avons lu des textes… de Prévert bien sûr ! « Chanson de la Seine », « Étranges étrangers », ainsi que ce « Couplet de la rue de Bagnolet » de Robert Desnos que nous vous livrons :

Couplet de la rue de Bagnolet

Le soleil de la rue de Bagnolet
N’est pas un soleil comme les autres.
Il se baigne dans le ruisseau,
Il se coiffe avec un seau,
Tout comme les autres,
Mais, quand il caresse mes épaules,
C’est bien lui et pas un autre,
Le soleil de la rue de Bagnolet
Qui conduit son cabriolet
Ailleurs qu’aux portes des palais.
Soleil ni beau ni laid,
Soleil tout drôle et tout content,
Soleil d’hiver et de printemps,
Soleil de la rue de Bagnolet,
Pas comme les autres.

Robert Desnos

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s