Le Numérique

Fact check : La vérification des faits sur Internet

Dans la pratique journalistique venue d’outre atlantique je demande… le fact-check. Le fact-checking c’est le fait de vérifier les faits.  Particulièrement ceux qui parcellent les discours des hommes et femmes politiques.

Devant la masse d’informations qui nous parvient chaque jour, devant la possibilité pour chacun de partager avec le monde des affirmations ou des faits sans qu’il soit possible de les confronter. Devant la surmédiatisation d’hommes publics devenus docteurs ès mise en scène de leurs actions, devant les dérives sensationnalistes de certains médias, devant la montée des démagogues experts en approximations, en contrevérités et en désinformation, la recherche de la vérité est peut-être plus nécessaire aujourd’hui que jamais. Depuis quelques années des cellules, des individus au sein des médias, des sites se spécialisent dans la vérification des faits, le fact checking. Aidés en cela par les nouvelles technologies (data-journalisme, algorithmes) qui ont permis de développer des expériences de vérification innovantes.

Voici une mise en lumière de quelques sites et applications qui nous ont semblé représenter au mieux cette pratique journalistique.

Les Décodeurs (Le Monde.fr) et leur excellent DECODEX (listage de sites diffusant de fausses informations). Créée le 10 mars 2014, les décodeurs est une rubrique du site Web du quotidien français Le Monde dont l’objet est de vérifier des informations données sur des thématiques variées. L’équipe des décodeurs est constituée d’une dizaine de personnes incluant des journalistes, des infographistes, des spécialistes de réseaux sociaux des Data journalistes (journalisme de recherche et d’analyse des données informatiques, les datas).

Hoaxbuster.com fonctionne sur un principe collaboratif de fact check. L’internaute qui reçoit un courriel s’apparentant à un hoax (canular) ou qui détecte une information suspecte peut recopier une partie du message dans le moteur de recherche d’HoaxBuster. Si le message est recensé, le site fournit des précisions sur la véracité des informations et l’attitude à adopter. Que le message ne soit pas recensé n’implique pas qu’il ne s’agisse pas d’un hoax. Il peut par exemple être trop récent pour avoir été ajouté. L’internaute a alors la possibilité de faire des recherches dans les forums du site HoaxBuster. S’il n’y a rien trouvé non plus, il a la possibilité de poster un message afin qu’il soit analysé par d’autres internautes et par l’équipe animant le site.

Association de loi de 1901, « Acrimed » se donne pour but « d’intervenir publiquement, par tous les moyens à sa disposition, pour mettre en question la marchandisation de l’information, de la culture et du divertissement, ainsi que les dérives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il véhicule le prêt-à-penser de la société de marché ».

CrossCheck : Coordonné par une ONG, CrossCheck est une plate-forme de fact check qui implique 37 rédactions françaises et des médias internationaux. Lancée le 28 février 2017, elle a été imaginée par le réseau de fact-checking « First Draft News » et financée en partie par Google News Lab.

Map-Checking  est un vérificateur de densité urbaine. Si vous en avez assez, à chaque fin de manifestation ou de rassemblement, de l’éternelle guerre des chiffres rapportés par les uns ou les autres, ce site est fait pour vous.

Enfin, pour des conseils pratiques sur la vérification des l’information et fournies par la foule et leur utilisation, consultez le « Guide de Vérification ». Créé à l’intention des journalistes, chacun peut l’utiliser à titre personnel.

Les fact-checkeurs suscitent de nombreux débats. Posent-ils les bonnes questions ? Passent-ils à côté des vrais enjeux ? N’est-il pas dangereux de tout objectiver par des nombres ? Ce qui peut contribuer à un affaiblissement du débat. Quelle place cette pratique de l’instantané fait-elle à l’analyse du sens prêté aux chiffres ? D’autres encore soulignent que si le fact-checking est impressionnant au début, le « Power-checking » serait plus intéressant, révélant d’où parle quelqu’un, comment il est arrivé là, à qui il dit merci, qui le téléguide et surtout…qui le paie. Un peu l’esprit, en somme, de l’émission Web « Osons Causer ».

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s