Sans modération

Premiers romans de la rentrée (suite)

                 

Envie de découvrir un nouvel auteur ?

 

Parmi les romans à dévorer à la rentrée, nombre de premiers romans. En voici quelques uns à découvrir qui nous ont particulièrement plu. A la médiathèque, vous les repérerez grâce à un logo « Premier roman » collé sur la couverture.

 

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Une fiche est glissée à l’intérieur de l’ouvrage sur laquelle vous pouvez écrire une critique. En fin d’année, une bibliographie d’une trentaine de romans sera publiée grâce à vos coups de cœurs.

                           

Mary, Mary

Mary / Emily BARNETT (Rivages)

barnettMary, une adolescente, vit recluse avec sa mère dans un château. Dans les années 2000. Mary, une jeune Américaine, vit à Paris avec son mari. Dans les années 1950.

Un seul prénom, deux Mary aux destins tourmentés. La première s’exprime à la première personne, l’autre est vue à travers le regard d’une narratrice. Un lien unit ces deux femmes mais quel est-il ? Emily Barnett entrelace des destinées marquées par la violence et la folie. Le lecteur se perd dans les délires de l’une pour se retrouver dans les interrogations de l’autre.

Un puzzle troublant et énigmatique.

 

Un impossible oubli

 Daniel Avner a disparu / Elena COSTA (Gallimard)

 

costadanielavneradisparuDaniel Avner n’a rien oublié. Ni l’assassinat de sa famille dans les camps d’extermination, ni la brutalité physique de son grand-père à son encontre pendant des années. Il se prive de nourriture. Il déambule dans Paris jusqu’à l’épuisement. Ses pas le conduisent inéluctablement vers l’hôtel Lutetia, là où il attendit vainement ses proches à l’issue de la guerre.

Pourquoi David Avner accepte t-il la souffrance jusqu’à son paroxysme ? La rencontre d’une jeune femme, Dora, n’ y changera rien, Avner s’enfoncera dans la nuit.

Elena Costa dresse le portrait d’un homme rongé par la culpabilité pour n’avoir pas disparu avec les siens.

Un roman obsédant et glacial.

 

Chronique de la folie

Le présent infini s’arrête / Mary DORSAN (POL)

 

dorsan« Bon, j’écris ce qui se passe dans mon service. Je travaille dans un appartement thérapeutique, rattaché à un hôpital psychiatrique. On accueille des adolescents. Très malades, souvent, dont personne ne veut. Qui en plus de leurs troubles psychiatriques, ont des troubles de l’attachement, des pathologies du lien. Alors, ça remue ! Ça remue les soignants. J’écris les souffrances de ces jeunes. La difficulté de les soigner, de les accompagner ou tout simplement de rester là, avec eux. Je tente d’écrire la complexité des relations avec eux et la complexité des effets sur les soignants et les relations des soignants entre eux. Je veux raconter ce que c’est, ce travail, leur vie. Je veux … Dire. Décrire. Montrer. Tout. Le bon et le mauvais. Je voudrais que l’on pense davantage à eux. Ces adolescents sont invisibles ou méconnus dans notre société. Ou incompris. Terriblement vulnérables, fragiles, si près de l’exclusion totale, ils sont à la marge. À la marge de notre pensée, de nos yeux. Au cœur de mon cœur. »

700 pages qui décrivent le présent infini du quotidien d’une infirmière psychiatrique et de l’équipe qui l’entoure, auprès d’adolescents atteints de troubles psychiatriques, sans repère familial et affectif, ou si peu. La vie donc : la cuisine, le jardinage, les sorties culturelles, les réunions de service… La vie avec son lot d’émotion, d’attentions, d’exaspération, de découragement, de puanteur, de douceur, de rires, de larmes, de cris mais avant tout de violence et de souffrance.

700 pages qui disent l’extrême difficulté d’être, d’être à soi, d’être aux autres. Mais également un roman dans lequel la couleur d’un ciel, la lecture d’un roman, un fou rire illuminent la vie.

De sang-froid

 La petite barbare / Astrid MANFREDI (Belfond)

manfrediLa petite barbare a la beauté du diable.

Elle n’a pas su dire non et a commis l’irréparable sans sourciller. Elle n’éprouve aucun remords. Elle est à l’isolement en prison et crache son venin à la face du monde dans un long monologue. Elle raconte tout : l’enfance dans une cité, la famille absente, les amitiés douteuses, l’argent facile, l’engrenage fatal.

Astrid Manfredi s’est inspirée d’un faits-divers pour dresser le portrait d’une jeune fille qui crie sa haine des autres. Dans un style cru, direct.

 

Radiographie d’un amour

 Avec lui / Nathalie POITOUT (Alma)

 

Poitout« Pour Marie, Paul était l’incarnation d’un rêve. Il était celui qu’elle avait toujours attendu. »

« Pour Paul, Marie était la femme qui allait le sauver. Elle allait être la passion qui l’aiderait à renaître de ses cendres. »

Marie et Paul tombent amoureux. Follement. Passionnément. Si pour Marie, Paul est l’incarnation de l’amour absolu, pour Paul, ce nouvel amour est et restera un amour réparateur à la suite d’une séparation douloureuse. Et Marie sortira de cet amour plus forte.

L’air de rien, par petites touches, passant d’un personnage à l’autre dans des scènes courtes et fortes, Nathalie Poitout dissèque le couple et le sentiment amoureux.

 

Le marché du travail

Ressources inhumaines / Frédéric VIGUIER (Albin Michel)

 

ViguierLe lieu : un hypermarché dans une zone commerciale quelconque.

Les personnages : suivant une hiérarchie immuable, un directeur, des chefs de secteur, des chefs de rayon, des employés et des stagiaires. Et il y a « Elle », « Elle » qui, entrée à l’âge de 22 ans pour effectuer un stage d’immersion, a gravi les échelons de manière fulgurante en utilisant les moyens les plus vils.

Frédéric Viguier, qui a travaillé plusieurs années dans la grande distribution, dénonce brutalement et rageusement le profit érigé en système. Au détriment du bien-être des salariés. Son hypermarché est un théâtre où se joue une pièce dénonciatrice d’un monde impitoyable dans lequel la moindre humanité se paye très cher. Une écriture clinique, glaciale.

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