Premiers romans 2015 à lire avant la rentrée littéraire

Envie de découvrir un nouvel auteur ?

 

Parmi les romans à dévorer à la rentrée, nombre de premiers romans. Avant de les découvrir, lisez ceux parus au cours de l’année. A la médiathèque, ils sont repérables grâce à un logo « Premier roman » collé sur la couverture.

 

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Une fiche est glissée à l’intérieur de l’ouvrage sur laquelle vous pouvez écrire une critique. En fin d’année, une bibliographie d’une trentaine de romans sera publiée grâce à vos coups de cœurs.

 

 

 

Requin / Bertrand BelinRequin chagrin

Requin / Bertrand BELIN (POL)

« Mes poumons seront bientôt remplis de l’eau du lac. Entre ce moment et ma mort, il y aura certainement quelques secondes, ou une seconde seulement. Je produirai un dernier mouvement involontaire, j’imagine. Comme une cornemuse qu’un sonneur vient de poser sur une table se vide de son air en s’affaissant et agite bourdons et chalumeau dans une dernière imploration, je produirai un dernier mouvement et ce mouvement continuera sans moi ».

Une banale crampe et voici notre héros en train de se noyer bêtement dans les eaux d’un lac artificiel. Avant de s’enfoncer à jamais, le temps (180 pages) d’un chant d’adieu. Sa femme et son enfant, restés sur la berge « dans un carré de lumière », semblent déjà loin.

Si près de la mort « dont on se doute qu’elle ne promet pas grand chose d’incontestablement folichon » et, cependant, la regardant comme il semblait déjà affronter la vie, sans illusion aucune, avec une distance teintée de résignation quoique… Dans un monologue parsemé de digressions parfois burlesques se détachent des images déchirantes comme celle d’une pêche miraculeuse de lait ou d’une chasse désespérée au cygne, symboles d’une vie manquée.

Bertrand Belin, auteur-compositeur talentueux, ajoute une corde à son arc avec ce beau roman où l’absurde le dispute à la mélancolie.

 

Data transport / Mathieu BrosseauObjet poétique non identifié

Data transport / Mathieu BROSSEAU (L’Ogre)

 

Exercice de style(s) ou objet poétique non identifié ? Ou les deux ? Car voici un bien étrange livre dont le romanesque est résolument absent. Tout ici désarçonne à commencer par la forme : des textes fragmentés sans lien décelable entre eux, une écriture parsemée d’équations énigmatiques et d’interrogations métaphysiques …

L’histoire ? M, le personnage, est sauvé des eaux par un cargo. Nu comme un ver, comme au premier jour. Il a perdu l’usage de la parole et oublié sa propre histoire. Parole et histoire qu’il se réappropriera par de bien curieux artifices. Entre résurgences de bribes d’enfance et perceptions bizarres du monde, M s’interroge sur le sens de la vie et notre présence au monde.

Benoît Laureau et Aurélien Blanchard, les fondateurs des toutes jeunes éditions de l’Ogre, définissent ainsi leur ligne éditoriale : « Avec l’Ogre, nous souhaitons défendre des livres qui, d’une manière ou d’une autre, mettent à mal notre sens de la réalité, traitent de ce moment drôle ou terrifiant où les choses et les gens ne semblent plus être ce qu’ils sont d’habitude, où le dehors arrête d’être sage et rangé … ». Pari tenu avec ce premier roman poétique de Mathieu Brosseau.

 

99 nuits / Yves CabanaJe t’aime moi non plus

99 nuits / Yves CABANA (Gallimard)

Autopsie d’un amour défunt.

Corso aime Juliette, qui le quitte ou souhaite le quitter, on ne sait plus. Corso qui, après avoir épousé des femmes et fait des enfants en veux-tu en voilà, souffre encore et toujours. Corso, jamais remis de la mort de ses parents (une mère rongée par le chagrin et l’alcool, un père qui, sur son lit de mort, le confond avec son frère défunt), porte un regard acéré et piquant sur la société. Mais quant à donner un sens à sa vie, c’est une autre histoire ! De nombreux chapitres courts donnent un rythme soutenu au récit. Une écriture précise, enlevée. Un humour salvateur.

 

 

Après le silence / Didier CastinoMort de la classe ouvrière

Après le silence / Didier CASTINO (Liana Levi)

« Savoir qu’on n’écrit pas pour l’autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimer de qui j’aime, savoir que l’écriture ne compense rien, ne sublime rien, qu’elle est précisément là où tu n’es pas – c’est le commencement de l’écriture ». Cette citation de Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes, mis en exergue par Didier Castino illustre à merveille le sujet de son roman.

Roman de la condition ouvrière, monologue d’un homme simple et digne, un ouvrier syndicaliste aux Acieries & Fonderies du Midi qui aimait son travail à l’usine, mort écrasé par un moule de plusieurs tonnes. La voix passe, de manière très subtile, du père à son fils. Celui-ci, encore enfant à la mort de son père, héritier d’une image magnifiée de ce père, n’a de cesse de se défaire de cet héritage. En vain.

Une très belle écriture. Un roman très fort.

 

La triomphante / Teresa CremisiAutoportrait d’une femme libre

La triomphante / Teresa CREMISI (Éditions des Équateurs)

Autoportrait d’une femme libre, celui de l’éditrice Teresa Cremisi. Celle qui présida aux destinées littéraires de grands auteurs, chez Gallimard puis chez Flammarion, se lance dans l’arène de la fiction, non pour dépeindre le milieu éditorial mais pour aller à la rencontre de la petite fille d’Alexandrie qu’elle fut dans les années 40 dans une Égypte cosmopolite et solaire. Puis ce fut le brusque départ en 1956 et la découverte de l’Europe tant rêvée.

La jeune femme va s’adapter « jamais triomphante, toujours prudemment dissimulée ». C’est l’histoire d’un exil, sans l’empreinte d’une nostalgie quelconque. Teresa Cremisi clôt cet autoportrait par un très beau poème de Constantin Cavafy, né comme elle à Alexandrie

 

Minuit et demi. L’heure a vite passé,

depuis qu’à neuf heures j’ai allumé la lampe,

et suis venu m’asseoir ici. Je suis resté sans lire,

et sans parler. À qui aurais-je pu parler,

moi qui vis seul dans cette maison

 

Minuit et demi. Comme l’heure a passé.

Minuit et demi. Comme les années ont passé.

 

La surface de réparation / Alain Gillot Echec et mat

La surface de réparation / Alain GILLOT (Flammarion)

 

Soit Vincent, entraîneur de football de l’équipe junior de Sedan, un type solitaire et juste ce qu’il faut de bougon. Soit Léonard, son neveu, un ado atteint du syndrome d’Asperger. Soit Madeleine, la sœur de Vincent, accessoirement mère de l’ado, toujours en galère. Soit Catherine, psychiatre, qui va s’enticher de Vincent. Soit …

Alain Gillot, scénariste, a écrit ici un roman très cinématographique, simple, charmant, sentimental.

 

 

Je ne vous quitterai pas Pascal LouvrierTestament

Je ne vous quitterai pas / Pascal LOUVRIER (Allary Éditions)

 

« Je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas.». C’est par ces mots que François Mitterrand conclut ses vœux aux Français en 1994.

Presque vingt ans plus tard, Jacques Libert, vieux routier de la politique, ami intime de très longue date de l’ancien président, se réfugie dans sa bicoque au bord d’une falaise près de Varengeville. Cet homme ambigu, cynique va mourir, entouré de ses fantômes dont celui de sa femme qu’il humilia sans cesse. Il va publier un ouvrage dans lequel il livre des secrets sur Mitterrand. Deux témoins vont l’aider à se raconter, une jeune femme et un journaliste.

Agréable récit romanesque par un auteur qui a été la plume de plusieurs hommes politiques.

 

Les oubliés du dimanche / Valérie PerrinRédemption

Les oubliés du dimanche / Valérie PERRIN (Albin Michel)

 

Les oubliés du dimanche et des autres jours, ce sont les pensionnaires de la maison de retraite les Hortensias. Une jeune aide-soignante va se prendre d’affection pour l’une d’entre elles, Hélène, et noter les souvenirs de cette vieille dame dans un petit carnet bleu. Des portraits joliment dessinés, de belles et tristes histoires d’amour passées et présentes, des secrets… Un mélange d’émotion, de nostalgie et d’humour. Un roman très cinématographique.

 

 

Finir la guerre / Michel SerfatiDommages de guerre

Finir la guerre / Michel SERFATI

La guerre d’Algérie a pris fin il y a plus d’un demi siècle. Après le suicide de son père, un vieil homme taciturne et tourmenté, Alex part en Algérie sur les traces de ce père mal-aimé, mobilisé en 1959, pensant qu’il allait trouver là une réponse à ses doutes. Grâce à une jeune femme, fille d’un Algérien que le père d’Alex a sauvé, Alex va remonter le temps et mettre au jour des serments non tenus. Il découvrira aussi l’Algérie d’aujourd’hui, lumineuse et violente.

Passé et présent s’entremêlent, douloureusement, dans ce beau et émouvant roman qui sonne vraiment très juste.

 

De notre envoyé spécial / Philippe TrétiackPortraits croisés

De notre envoyé spécial / Philippe TRÉTIACK (L’Olivier)

 

« Bien qu’inspiré de reportages effectués autour du monde, ce livre est une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec des faits et des êtres réels ne serait que pure coïncidence ».

D’emblée, Philippe Trétiack, nous avertit : il a écrit une fiction même si celle-ci a tout l’air d’un document pris sur le vif. Une fiction avec de vrais-faux personnages qui ne répondent pas au grand reporter venu les rencontrer mais parlent après le départ de celui-ci. Ils sont 17, photographe, chauffeur, fixeur, documentariste, homme d’affaires… Ils habitent Palerme, Moscou, Belfast, Tchernobyl ou encore le Queens, et chacun à son tour se confie sur sa propre vie et livre ses impressions sur ce journaliste venu de si loin pour les interviewer. Philippe Trétiack, grand reporter, témoigne lui-même dans le dernier chapitre de l’histoire de sa famille.

Ces monologues fictifs d’une force inouïe, emplis d’humanité, loin de tout artifice journalistique, touchent en plein cœur.

 

La brûlure de l'été / Jacques WeberAu bord du monde

La brûlure de l’été / Jacques WEBER (Stock)

Pour son premier roman, Jacques Weber s’est inspiré d’un fait-divers dramatique survenu dans les années 80 : une famille se suicida sous les roues d’un TGV.

Le comédien se fait le héraut de ces laissés-pour-compte en leur rendant dignité et courage. Il plante le décor dans un petit village avec son bistrot, ses piliers de bar qui refont le monde et la famille de Dino et Lisette en lisière, vivant dans une gare désaffectée. Au bord du monde. Dino, rescapé d’un pays en guerre dans les Balkans, Lisette, venue d’une île bretonne se sont retrouvés là avec leurs enfants, adoptés par les villageois. Mais peu à peu, la précarité progresse …

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