Sans modération

Plus bèlè la vie ! La disco vous fait voyager…

Direction la Martinique  ! Pour lire l’article en musique, cliquer ici !

 

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Carte postale des années 1910 ou 1920. On reconnaît, outre la danseuse, le joueur de tanbou bèlè (3ème à partir de la droite) et le joueur de ti-bwa (2ème à partir de la droite). collection G. Michaux-Vigne
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De gauche à droite, Raoul Grivalliers (Ti Raoul) et Florent Baratini en 1962. Extrait de Caribbean Voyage : The 1962 Field Recording. Martinique : Cane Fields and City Streets (Rounder Records, 2001)

L’origine du bèlè (appelé aussi bel air) remonte au temps de l’esclavage en Martinique. Le bèlè conjugue des influences africaines et européennes. Plus précisément, ce sont les contraintes du système esclavagiste qui, en agissant sur les traditions musicales africaines, ont donné naissance à une nouvelle expression musicale. Dans ce « processus transculturel il est difficile de déterminer la provenance de chaque élément, sans oublier les évolutions au fil des générations. »

Les chants racontent la vie quotidienne avec une certaine ironie. Un chanteur (la vwa douvan) entouré de répondè (les répondeurs, ou la vwa dèyè) mène la musique avec une voix qui porte, alors que se développe le dialogue entre les danseurs avec le tambouyé (joueur de tambour) et le joueur du tibwa (un bambou frappé avec des bâtons). Cet emploi habituel de la formule soliste/répondeurs est un trait caractéristique de la musique africaine de même que la recherche d’une certaine rudesse de timbre dans la voix. La conception fonctionnelle de la musique qui intervient dans toutes les activités humaines se retrouve aussi en Afrique. Ainsi on trouve les bèlè de travail (fouyé tè, coupé kann…), les bèlè de divertissement (bélia, grand bèlè, kalenda, ladja, danmyé…), les bèlè pour veillées mortuaires (bénézuel, kanigwé…).

Avant la seconde guerre mondiale, les musiques traditionnelles de campagne étaient nombreuses. Aujourd’hui toutes les musiques liées au travail ont quasiment disparu. Le gwoka est l’équivalent guadeloupéen du bèlè.

Discographie

 

Les disques sont disponibles à la discothèque Marguerite Duras ou à la réserve centrale (RC).

 

TI-EMILE_PalmaresTi Emile (C’est lui que vous écoutez, si vous avez cliqué sur « ici » )

Ti Emile et son groupe folklorique Ste Marie of Martinique Distrib. Mélodie, 1994 RC

Emmanuel Casérus dit Ti Émile ou Ti Milo (1925-1992) est un des maîtres incontournables du bèlè. Il a connu le travail dans les champs de canne et plus tard, en tant qu’animateur culturel, il a beaucoup fait pour la sauvegarde d’un patrimoine fragile. Sur la fin de sa vie, il fit son retour à Sainte-Marie avec le groupe Bèl Alyans.

 

TI-RAOUL_MiBeleATi Raoul Grivailliers    

Mi bèlè-a Auvidis, 1996   RC

Né en 1934 à Sainte-Marie, Raoul Grivailliers dit Ti Raoul est issu d’une famille qui s’investit depuis plusieurs générations dans la tradition bèlè.

 

 

Rastocle, tambours-de-martiniqueBenoît & Paul ; Chonquet, Pierre ; Cébarec Félix…

Les maîtres du bèlè de Sainte-Marie : tambours de Martinique Buda, 2006  9.91 A

Réputée pour être un haut lieu de la tradition, la ville de Sainte-Marie accueille depuis 2003 La Maison du bèlè qui œuvre pour la préservation du patrimoine artistique et culturel et la valorisation des anciens, détenteurs de la tradition.

 

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Les Maîtres du bèlè : musiques au tambour de Martinique. vol. 2 Buda Musique, 2008  9.91 VEL

La plupart des titres sont des compositions originales des artistes présents sur l’album. Le mode de vie ayant évolué, les thèmes du travail et des problèmes sociaux sont remplacés par les histoires de couples assez cocasses.

 

BEL_ALIANSBèl Alians       

Le Bélia des Alliés Distrib. Bèl Alians, 1994   RC     

Le chanteur et flûtiste Paulo Athanase, tout jeune à cet époque est aujourd’hui un des meilleurs représentants du bèlè. Cet album a été enregistré en collaboration avec Sully Cally.

 

Mondésir, Edmond-Mondesir_EmosionBeleEdmond      

Emosion bèlè  Awi Music, 2011  9.91 MON

Plus qu’un artiste, il est un militant culturel de la première heure qui se bat depuis les années 70 pour que les Martiniquais soient fiers de leur identité culturelle et qu’ils se la réapproprient.

 

Eugen_MONA_TemoignageMona, Eugène 

Témoignage Distrib. Polygram, 1989  RC

Georges Nilecam dit Eugène Mona (1943-1991) était surnommé «le Nègre debout» ou «poto mitan» de la Martinique. Le chanteur flûtiste était un véritable chroniqueur de l’époque et empêcheur de tourner en rond. Rénovateur du bèlè, il dénonçait avec dérision les travers de la société martiniquaise post-esclavagiste.

 

BARON-BLACK_TradisyonMwenBaron Black    

Tradisyon mwen Black House Music, 2011  9.91 BAR

Digne représentant du reggae et du dancehall pendant près de vingt ans, Baron Black effectue un retour aux sources et renoue avec ce qui fait l’âme de la Martinique : bèlè, chouval bwa, tambours et tibwa.

 

3700077642062_600Brival, Roland 

Waka Ismaa, 2003  RC

Roland Brival puise à la source de la tradition musicale antillaise pour composer sa fusion Antilles, jazz, funk avec comme dénominateur commun le tambour. « C’est autour de l’exploration des principaux rythmes du tambour, de la musique traditionnelle de Martinique, de Guadeloupe, de la Réunion, même de la Guyane qu’on a tenté de développer la question. Il y a du maloya, il y a aussi du lewoz, de même qu’il peut y avoir du bélè ou de la biguine.»

 

Herve-Celcal_BelAirForPianoCelcal, Hervé, notre chouchou (il est venu faire un concert à la médiathèque lors du cycle piano)

Bel air for piano Debs Music, 2013   1 CEL

Le pianiste martiniquais propose un travail remarquable et parfaitement novateur autour de la musique traditionnelle de la Martinique : le bèlè, enregistré en quartette dans un esprit jazz.

Pour approfondir

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Sully-Cally      

Musiques et danses afro-caraibes : Martinique Sully-Cally-Lézin, 1990 RC             

Aux sources des danses et musiques afro-caraïbes, un ouvrage de référence culturelle, historique et sociale.

 

 

 

9782858026852ROSEMAIN, Jacqueline
La musique dans la société Antillaise : 1635-1902, Martinique, Guadeloupe L’Harmattan, 1986 RC             

C’est l’histoire de la société antillaise, des débuts de la colonisation jusqu’à ce siècle, qui est relatée à travers l’histoire de la musique aux Antilles : bals, carnavals, fêtes civiques et religieuses…

 

 

 

Et pour finir,  découvrez comment se danse le bèlè  !

 

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