Ravissements de Marguerite : Livres d’Art ( juillet )

CorbijnAnton Corbijn, 1, 2, 3, 4 est un ouvrage qui met en valeur le travail de ce photographe dans l’univers de la musique. Il n’est pas musicien mais veut faire partie de ce monde depuis tout jeune.
Le titre du livre reprend celui d’une expo mais évoque également le tempo de départ donné par le batteur. Alors, 1, 2, 3, 4, le voilà sorti de sa chambre où il rêvait en regardant les pochettes des vinyles. Pour aller contre sa timidité, il s’arme d’un appareil photo, demande à monter sur scène pour prendre des clichés, entre finalement dans les loges etc. Ainsi, il se fait au fur et à mesure une petite réputation auprès de groupes de rock des années 70-80.
Autodidacte, il n’appartient à aucun courant en particulier. Par la suite, il se sent inspirer par d’autres univers et élargit son champ de compétences. Il est notamment réalisateur de clips vidéo mais aussi de films comme Control qui présente la vie de Ian Curtis. Le cinéma est à présent son grand défi.
Pour cet ouvrage, il a dû consulter des piles de planches-contacts et d’archives. Au fil des pages, on croise ainsi Nick Cave, Sting, les Rolling Stones, Johnny Cash, Tom Waits, Curt Cobain. Quelques-uns s’expriment même sur son travail photographique comme Mike Jagger, Bono ou le groupe Dépêche Mode. Et alors, nous aussi on rêve musique, en regardant ses noirs et blancs.

Cléo RoubaudLa BNF a présenté pour la première fois, début 2015, le travail d’Alix Cléo Roubaud. Le catalogue de l’expo rassemble photos, textes et documents. Dans ses photos, elle n’hésite pas à mettre en scène son propre corps, nu, en mouvement ou encore sur de longs temps de pause. Cette instrumentalisation d’elle-même, comme dans la série « 15 min la nuit au rythme de la respiration », lui permettait sans doute de gérer sa fragilité physique. En effet, elle était gravement asthmatique depuis l’enfance et à cela s’ajoutait diverses addictions. Elle meurt d’une embolie pulmonaire à 31 ans.
Trois ans avant sa mort, elle épouse Jacques Roubaud qu’elle met aussi en scène dans son travail tout comme elle l’avait fait avec ses amants.
Sentant que sa vie serait brève, elle a donc choisi, très tôt, de se concentrer sur la photo. Ainsi, elle ne cesse de faire des recherches formelles relayées dans son journal, véritable travail d’écriture. Sa série « Si quelque chose de noir » en témoigne.
Et pour elle, deux dangers à la pratique photographique :
-La répétition et notamment celle du passé. C’est pourquoi, elle modifie intensément le négatif avant le tirage, parfois au pinceau lumineux, son invention. Les effets alors obtenus rappellent ceux du dripping de Jackson Pollock, peintre dont elle se sent proche. Et d’autre part, elle détruit systématiquement ses négatifs.
-Que la photo se substitue à la mémoire. Ainsi, elle truque et réinterprète ses albums de famille.

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