Le Salon de Marguerite, juin 2015

Salon de marguerite

Samedi 6 juin, se tenait, comme tous les mois, le salon de Marguerite, salon littéraire, réunissant bibliothécaires et lecteurs autour de leurs lectures.

salon margot juin

Voici les titres dont bibliothécaires et lecteurs ont parlé :

Joseph, Marie-Hélène LafonJoseph / Marie-Hélène LAFON (Buchet Chastel)

Marie-Hélène Lafon, professeur agrégé, enseigne le français, le latin et le grec à Paris. « Née dans une famille de paysans », elle est originaire du Cantal, où elle a vécu jusqu’à ses 18 ans, décor de la majorité de ses romans.
Joseph, son dernier roman, est le portrait d’un homme, ouvrier agricole, à l’heure de ses 58 ans.
On découvre ce personnage par petites touches. Une vie en retrait.
C’est un homme qui observe beaucoup. On nous décrit quelqu’un de doux et d’un peu seul.
Il évoque ses différentes places, les patrons qu’il a connus, son enfance, ses souvenirs d’école, sa famille
C’est le portrait du monde rural, d’un monde qui se délite ; le portrait des « gens de peu ».
L’écriture de Marie-Hélène Lafon est « organique ». Ce court roman est dense, sans fioritures, dotée d’une belle écriture.

Belleville-Barcelon, Patrick PecherotBelleville-Barcelone / Patrick PECHEROT (Folio policier)

Écrivain et journaliste né en 1953, Patrick Pécherot a exercé plusieurs métiers dans le social.
Un temps proche des milieux libertaires et pacifistes, il s’engage syndicalement à la CFDT. Il écrit des livres plutôt policiers mettant en scène le monde prolétaire.
« Belleville- Barcelone » est le deuxième volet d’une trilogie qui se déroule dans le Paris de l’entre-guerre et met en scène un personnage détective prénommé Nestor (clin d’œil à Léo Malet).
Le premier volume s’appelle « Les brouillards de la Butte » et le troisième « Boulevard des branques ».
« Belleville-Barcelone », qui peut se lire tout à fait indépendamment du premier, se déroule dans l’Est parisien.
Nestor, détective de l’agence Bohman, est engagé par un riche industriel pour mettre un terme à l’idylle que sa fille entretient avec un ouvrier communiste. Une affaire a priori facile mais qui va le plonger au cœur de la lutte qui oppose communistes et trotskystes à la veille de la seconde guerre mondiale.
L’enquête est jonchée de cadavres, tous impliqués dans un trafic d’armes à destination des Républicains espagnols.
On découvre un petit monde industrieux, celui des débardeurs du canal de l’Ourcq, des bougnats et des lavandières, des rempailleuses et des concepiges, on se promène dans les quartiers populaires de Paname.
L’ambiance est vraiment réussie.

L'homme incertain, Stephanie ChaillouL’homme incertain / Stéphanie CHAILLOU (Alma)
1er roman 2015

« Il arrive que nous vivions séparés de « ce que nous pouvons ». C’est même le sort de la plupart des hommes, la plupart du temps. » Gilles Deleuze.

C’est l’histoire d’un homme qui rêvait d’une vie simple. Avoir une ferme, une femme qui l’aime, des enfants. Cultiver la terre. En somme, être heureux.
Mais le rêve se brisa net dans les années 70 lorsque la politique agricole commune fit son apparition et emporta tout sur son passage : la ferme, les bêtes, les champs et l’espoir. En un long monologue, cet homme nous livre le récit d’une vie tiraillée entre désarroi et culpabilité. D’une vie qu’il pense ratée. En contrepoint de ce témoignage, s’entend une autre voix, douce et si présente, celle des enfants du fermier qui, telle une comptine, évoque les jours heureux à la ferme.
Une prose simple, délicate et profonde qui va à l’essentiel.

Baronne BlixenBaronne Blixen / Dominique de SAINT PERN (Stock)
1er roman 2015

Dominique de Saint Pern livre tous les visages de cette femme flamboyante et complexe que fut Karen Blixen.
C’est par le regard et la voix de Clara Svenden, qui fut sa secrétaire après son retour d’Afrique, que Karen Blixen renaît dans cette biographie romancée. Si Meryl Streep rendit célèbre la romancière, sur ses années en Afrique, dans le film Out of Africa de Sydney Pollack, Dominique de Saint Pern décrit également les drames qui ont jalonné sa vie (son père se suicide alors qu’elle avait 10 ans, elle se marie par défaut au frère jumeau de l’homme qu’elle aimait, cet homme lui transmettra la syphilis, son grand amour Denys Fynch Hatton se tuera en avion…). A son retour au Danemark dans la maison familiale, elle écrira des contes et des romans qui auront un très grand succès.

Evariste, François Henri DésérableÉvariste / François-Henri DÉSÉRABLE (Gallimard)
1er roman 2015

20 chapitres emplis de verve, de vivacité, de drôlerie pour relater autant d’années de vie d’un génie dont : « On a dit à tort qu’il fut victime d’un complot ; à raison qu’il fut aux mathématiques ce qu’à la poésie fut Arthur Rimbaud : un Rimbaud qui n’aurait pas eu le temps de nous envoyer la Saison à la gueule… »
Évariste Galois, jeune homme fougueux au funeste destin, fut, semble t-il, un personnage romanesque. François-Henri Désérable en dessine les contours de manière flamboyante, apostrophant le lecteur d’un « Mademoiselle » virevoltant, mélangeant les anachronismes. Évariste Galois, mathématicien de génie, révolutionna cette discipline. Il mourut sur un pré, le corps transpercé par une balle, lors d’un duel.

La miséricorde des coeursLa miséricorde des cœurs / Szilárd BORBÉLY (Christian Bourgois)

À travers les yeux d’un petit garçon de 5 ans, Szilárd Borbély raconte la vie d’une famille d’anciens koulaks dans un village hongrois dans les années 70. Entre un père devenu alcoolique, une mère abrupte, une grande sœur et un petit frère malade, cet enfant sans nom n’a de cesse d’observer, de subir et d’interpréter à sa manière la misère, la haine, la violence de tous. Comme si le poids du passé était insurmontable, comme si la miséricorde des cœurs n’existait pas.
La miséricorde des cœurs, roman paru en 2013 en Hongrie, est le seul roman de Szilárd Borbély, poète, critique littéraire qui s’est suicidé en 2014.
Il a écrit là un chef d’œuvre.
Imre Kertész, prix Nobel de littérature, lui a rendu hommage lors de sa disparition : « L’effroyable situation de notre pays. J’ai le sentiment, j’ai l’intuition de vivre dans une société malade qui rend ses membres malades », m’a écrit dans une de ses lettres Szilárd Borbély. Il a été le poète le plus prometteur et le plus perdu de la poésie hongroise qui aurait pu prétendre à un grand et brillant avenir ».

Vous trouverez dans notre Pinterest l’intégralité des titres présentés lors du dernier Salon de Marguerite et des précédents.

Advertisements
Catégories : A croquer sans modération!, A l'affiche! | Étiquettes : , , , , | Poster un commentaire

Navigation des articles

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :