Les ravissements de Marguerite : musique (septembre)

MUSIQUE DU MONDE

 

SIAMLimousine

Siam roads, Ekler Shock 2014

Dans une recherche musicale toujours passionnante, les français du groupe Limousine sont partis un mois en immersion dans le Nord-Est de la Thaïlande, sur le plateau de l’Isan. Ils ont été fascinés par le molam, la musique traditionnelle des paysans de cette terre de rizières et région la plus pauvre de Thaïlande. Originaire du Laos, le molam (ou mor lam) s’est progressivement diffusé dans tout le pays jusqu’à Bangkok, par le biais des travailleurs migrants. Dans l’Isan, c’est la musique qu’on entend dans tous les bars et dans toutes les fêtes. Adepte des paysages sonores entre jazz et rock instrumental, les quatre chauffeurs de Limousine nous invitent à un voyage envoûtant. Le suave saxophone tenor, la guitare, la batterie et le farfisa (un orgue électronique des années 70) se mêlent aux intruments traditionnels d’un jeune musicien local, Yodh Warong, ardent défenseur du molam qui leur a suggéré des mélodies. Ce multi-instrumentiste apporte une tonalité originale avec l’incontournable guitare à trois cordes du molam (phin), le xylophone en bois (pong lang) et le surprenant orgue à bouche (khên) présent dans toute l’Asie de l’Est et du Sud-Est. Enregistré dans des conditions live sur un matériel d’enregistrement sommaire, la musique est contemplative, hypnotique, planante mais aussi ondulante et dansante. Avec des moments de pure magie, les 11 excursions de ce voyage de 52 minutes ne vous laisseront pas de marbre, alors monter à bord de cette Limousine qui a comme toujours la grande classe !

 

siam2  The ssiam1ound of Siam : leftfield luk thung, jazz & molam In Thailand : 1964-1975, Soundway 2010

  The sound of Siam. vol. 2 : Molam & luk thung from north east Thailand 1970-1982, Soundway 2014

L’excellent label londonien Soundway qui œuvre pour la réédition de sons perdus venus de musiques africaines, latines ou caribéennes vient de sortir son 2e volume sur les musiques thaïlandaises focalisé sur le molam et le luk thung, un autre genre de musique rurale du centre du pays qui a eu un impact très important au niveau national. Sur cette compilation on voit comment ces genres ont évolué d’une tradition acoustique à l’intégration d’autres instruments (guitare électrique, claviers, saxo…) et d’autres influences (funk, surf, pop, country…).

 

Lam Plern Chawiwan par Chawiwan Damnoen où on reconnaît un célèbre riff des Rolling Stones.

 

 

isan1isan  Molam. Vol. 1 : Thai country groove from Isan, Sublime Frequencies 2006

 Molam. Vol. 2 : Thai country groove from Isan, Sublime Frequencies 2007

Dès 2004 les défricheurs musicaux du label américain Sublimes Frequencies ont exploré ces contrées musicales jusque là inconnues de nos oreilles. En réaction à la vision «world» de certains labels et leur musiques du monde aseptisées à la sauce pop, ce label fondé en 2003 propose plutôt à l’auditeur de s’imprégner de cultures qui lui sont inconnues en proposant des enregistrements compilant titres exhumés de vinyles ou cassettes et extraits radiophoniques.

 

 Pour aller encore plus loin, un reportage dans Tracks sur Arte : Gros plan sur le molam

 

 

MUSIQUE CLASSIQUE

 

ZOOM sur : L’Ame et la corde. Ivry Gitlis. Buchet-Chastel

 

Ivry Gitlis a vécu mille vies en une. Il nous les conte dans ces mémoires captivantes. Au fil des pages, il transmet avec intelligence et dérision ses réflexions sur le violon, l’interprétation, l’enseignement, le public. Un texte à conseiller sans modération pour ceux qui veulent en savoir plus sur le violon et plus généralement la musique et la vie !

Extrait :

« Je ne peux pas jouer, physiquement, ce que je n’aime pas ou alors il faut que je fabrique cet amour. Philips m’avait demandé un jour de faire un disque avec des œuvres de Saint-Saëns qui n’ont jamais été enregistrées dont le Deuxième concerto. Quand j’ai vu la partition, j’ai eu comme un voile devant les yeux. Non je ne pouvais pas jouer ça ! On a fait un compromis, j’ai joué aussi des choses que j’aime de Saint-Saëns et le concerto en dernier lieu. Je l’ai travaillé et me suis aperçu que, finalement, ce n’était pas une œuvre sans intérêt. Il y a un amour spontané et un amour acquis. Avec le violon sur lequel je joue maintenant, cela n’a pas été un coup de foudre, mais un amour difficile. Maintenant, je l’aime, j’ai tellement souffert avec lui. Je ne peux pas dire que c’est celui qui me va le mieux mais … J’ai tant lutté avec lui, contre lui aussi… On raconte qu’un jour Pablo Casals a cassé une corde de son violoncelle et qu’au lieu de la remplacer il a fait un petit nœud. Quelqu’un a lancé :

« Pablo, mais, pourquoi ce nœud ? C’est difficile, non ? »

– Justement, cette petite difficulté… »

Parfois, les petites difficultés donnent ce petit quelque chose de plus.

 Pour aller encore plus loin et entendre son âme : vous pouvez emprunter ce récital

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