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Retour sur… les ateliers de sensibilisation au handicap visuel avec les CE1/CE2 de l’école Lesseps

Nous vous avions annoncé dans un billet précédent la venue de la classe de CE1 /CE2 de Céline pour 3 séances à la médiathèque.
De retour en classe, les élèves ont rédigé quelques lignes reprenant ce qu’ils avaient découvert et ressenti lors des activités que nous leur avons proposées. Nous les remercions beaucoup pour les 3 heures agréables que nous avons passées ensemble et publions ci-dessous leurs textes accompagnés de quelques photos.

 

3- idem, Marie écoute, sourianteL’atelier sur l’ouïe (Mahé et Tanzila)
Pendant les activités il fallait se servir de l’écoute pour retrouver où était une bouteille, essayer de reconnaître des bruits quotidiens et des sons dans une histoire.
Les aveugles peuvent reconnaître quelqu’un grâce à sa voix. Grâce aux sons ils savent aussi souvent où se trouve la chose qu’ils cherchent. Les sons leur servent beaucoup dans la vie de tous les jours.

 

5- une petite fille, les yeux bandés, tente de reconnaître sa camarade en lui touchant le visage

L’atelier sur le toucher (Ferdinand, Salomé, Kévin, Hiba, Sarah, Lila)
Les objets: savoir reconnaître en touchant c’est aussi reconnaître les formes, la matière, si c’est plus ou moins dur.
Pour les aveugles la principale façon de se repérer est le toucher.
Nous avons bien aimé quand il fallait fouiller dans un sac pour reconnaître des objets sans les voir, et toucher le visage des autres pour essayer de deviner qui c’était.
Les livres:  on a touché des formes dans des livres et on devait reconnaître les intrus. On avait un bandeau sur les yeux. On voyait tout noir ! Des fois on avait du mal à reconnaître les formes. Certaines étaient douces, d’autres pas. Certaines formes à reconnaître étaient des fruits, des pommes, des carrés, des triangles, des étoiles… C’était amusant !
Hélène nous a raconté qu’avant elle croyait que les poules avaient des poils parce que dans les livres à toucher les plumes de volailles sont représentées par de la fourrure ! Donc quand on est aveugle, les livres peuvent nous tromper !

 

Ashra, Hélène et l'instit debout, les enfants travaillentComment lit-on en braille ? (Aaron, Youri, Aurélien)
Nous lisons l’écriture braille grâce au toucher. On l’écrit avec des points en relief. Maximum six points par lettre !
Hélène nous a expliqué l’écriture braille avec des boîtes à œufs… L’inventeur de l’écriture braille est Louis Braille.

La machine à écrire en braille (Choeyang et Saoud)
Les deux machines à écrire de la médiathèque sont grise et verte. Sur les machines, il y a des nombres de un à six et il faut appuyer en même temps pour former une lettre en braille. Par exemple, pour le é il faut appuyer sur les six touches, et pour le A seulement sur la touche n°1. Il y a la touche espace comme sur les autres appareils. On a commencé par découvrir le braille puis on a tapé notre prénom sur une carte.

 

2- Hélène et Ashra accroupies face à des enfants

Les chiens-guides (Zoé, Chloé, Marilou et Suzanne)
Les chiens-guides sont des chiens spéciaux : ils aident les aveugles à se repérer dans la rue, à rentrer chez eux, à se rendre dans les lieux publics (ils ont le droit d’aller dans les parcs, les magasins, et même les restaurants). Ils ont un accessoire de plus que les chiens normaux : le harnais que la personne aveugle tient. Les chiens-guides commencent à aller dans une école spéciale pour chiens d’aveugles à 1 an. Quand ils sont à l’école, tous les week-ends et pour les vacances, ils vont dans une famille d’accueil. Ils prennent leur retraite vers 10 ans. Ashra, la chienne d’Hélène, a 9 ans. Elle est adorable comme tout ! Le prénom « Ashra » veut dire DIX en arabe.

Ce que nous avons ressenti pendant les visites (Ammayas, Louis, Alexane, Elora, Kawter, Marie-Catherine et Tom)
C’était bien parce que c’était comme des jeux sans les yeux.
La médiathèque est grande et belle.
On a bien aimé les ateliers : écrire en braille, trouver les intrus, faire des jeux dans la salle obscure…
On était impressionné qu’un chien puisse entrer dans la médiathèque !
Ça nous a plu de caresser Ashra.
On a aimé qu’Hélène nous raconte sa vie, comment elle a rencontré Ashra…
Ça doit être dur pour un aveugle de ne pas pouvoir voir les gens qu’il aime !
On peut être aveugle de naissance, par maladie ou par accident. Un non-voyant peut imaginer les choses mais ne peut pas les voir. Il se sert davantage de ses autres sens : le toucher, l’ouïe et l’odorat.
Si on était aveugle, on n’aurait pas la même vie.

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Ca swingue à Duras !

Le 15 février dernier, les bibliothécaires ont fait vibrer et se balancer le public de la médiathèque au cours de l’heure musicale consacrée au Swing.

Jitterbugging at a juke point, november 1939
Jitterbugging at a juke point, november 1939

Né au début des années 1930, cette musique coïncide avec l’apogée des grands orchestres, les fameux big bands. Ces derniers jouent principalement pour le plaisir des danseurs, d’où sa popularité qui sévit encore aujourd’hui.

A travers des écoutes et des extraits filmiques, ont été présentés les orchestres les plus célèbres et leurs solistes.

Ouvrez grands vos oreilles pour apprécier la playlist concoctée par la discothèque :

 

dont voici le programme

et pour ceux qui n’ont pas pu assister à cette heure musicale, voici le déroulé de la séance …

 

 

 

 

 

Sans modération

Les ravissements de Marguerite : roman (mai)

lolalafonLa petite communiste qui ne souriait jamais de Lola LAFON (Actes sud – 2014)

Souvenez-vous ! C’était aux Jeux Olympiques de Montréal, la petite gymnaste roumaine, Nadia Comaneci, 14 ans, décrochait un 10, note jamais atteinte dans cette discipline.
Gracile, légère, celle qui en cet été 1976 incarnait le rêve pour des milliers de petites filles, fut aussi un mythe dans la Roumanie de Caucescu, un pur produit du communisme.
Alternant récits documentés, échanges fictifs ou épistolaires avec une Nadia Comaneci devenue adulte, le roman de Lola Lafon permet de replonger avec intelligence dans les moments forts de ce que fut le parcours de cette jeune fille déterminée, travailleuse, courageuse, prête à tous les sacrifices mais qui servit les intérêts politiques d’un homme, d’un pays, d’une pensée politique, devenant malgré elle un formidable instrument de propagande.

Sans modération

Les ravissements de Marguerite : BD (mai)

autrecoteDe l’autre côté de Jason AARON et  Cameron STEWART (Urban Comics – 2013)

Une vision unique et complète sur la guerre du Vietnam, à hauteur d’hommes, où nous suivons deux soldats, deux nations, deux faces d’un même cauchemar, embourbés dans une guerre idéologique absurde. Malgré la noirceur du propos, les couleurs sont éclatantes et restituent au mieux les visions dantesques d’un récit profondément marquant.

Ambre grisambregris de Michel DURAND (Glénat – 2013)

Bande dessinée qui adopte le point de vue littéraire et châtié de l’abbé Grégoire membre de l’équipage d’un baleinier afin de relater les turpitudes d’un commandant tyrannique. Magnifiques aplats de couleurs mimant parfaitement les mouvements capricieux de la mer et ceux des viscères des baleines éventrées. Série prévue en deux volets.

Vertical de Shinverticalichi ISHIZUKA (Glénat – 2013)

Histoires touchantes et drôles de sauvetages en montagnes dont les décors hyperréalistes sont rendus de manière vertigineuse. Une thématique et une esthétique proche du Sommet des Dieux de Taniguchi. Série terminée et composée de 18 tomes. Celui-ci a été successivement gratifié en 2008 du grand prix Manga Taisho awards, puis du Shogakukan Manga Award (en 2009).

Sans modération

Les ravissements de Marguerite : musique (mai)

LATIN SOUL

setenta

Setenta

Latin piece of soul, Hot Casa Records 2013

Hot Casa Records est un label parisien spécialisé dans la réédition de pépites afro soul et tropical funk mais il comporte aussi une branche production. Ainsi Setenta le groupe phare du label s’est-il formé à Paris, né de la rencontre de sept musiciens venus de la salsa ou du jazz. Et ce groupe où tout le monde est leader est prêt à en découdre pour mettre le feu sur la piste de danse. Leur latin soul pulse, groove. Pourtant leur salsa n’est pas très académique ! La preuve : il n’y a pas de cuivres ! Le groupe est volontairement composé d’une section jazz-soul-funk et d’une rythmique typiquement latine. Mais l’absence de cuivre ne nuit pas à l’énergie de la musique ; ici l’énergie est funk et certains titres sont carrément afro soul, sans oublier la dimension jazz et les influences caraïbéennes de cette musique décidément très riche. Composé de 14 titres, l’album alterne instrumentaux et titres chantés par des voix gonflées à bloc. On trouve aussi une reprise de Busta Rhymes et une autre très réjouissante de Nirvana. Un titre carrément afro beat est interprété par le vieux routard nigérian Orlando Julius au chant.

JAZZ

zara_frontZara Mcfarlane
If you knew her, Brownswood Recordings 2013

Remarquée par le deejay Gilles Peterson et signée sur son label Brownswood Recordings, la chanteuse anglaise d’origine jamaïcaine délivre un second album tout en douceur et délicatesse. Open heart le titre d’ouverture minimaliste et hypnotique donne le ton et nous entraîne inexorablement. La voix soyeuse seulement accompagnée d’une contrebasse et d’un hang, cette percussion au son aérien si envoûtant nous invite à l’introspection. Au fur et mesure des titres les arrangements changent mais restent sobres. Piano, contrebasse, batterie et parfois saxophone, trompette ou harpe dialoguent et soutiennent la voix de velours qui se fait plus soul sur certains titres un peu plus « pêchus ». Tous les morceaux sont composés par Zara à part trois reprises bien choisies : Plain gold ring de Nina Simone, le classique reggae Police and thieves du jamaïcain Junior Murphin ainsi que Angie La La de Nora Dean, une composition ovni du producteur jamaïcain Duke Reid. Dans ce disque intime, la chanteuse dévoile petit à petit l’étendue de sa voix délivrant émotion, force et sincérité. Attention talent !

 

MUSIQUES DU MONDE

Zanmari Baré - Mayok fler

Zanmari Baré

Mayok flér, Cobalt 2013

Au cas où Danyel Waro, le chantre du maloya réunionnais voudrait prendre sa retraite, ce qu’on lui souhaite dans 100 ans… on sait aujourd’hui que la relève est assurée. En effet l’arrivée dans nos oreilles de la musique de Zanmari Baré fait inévitablement penser à celles de ses pairs musicaux que sont Danyel Waro et Alain Peters, mais en aucun cas comme une copie ou un plagiat. Car là, on est dans le maloya, dans la pure tradition de cette musique jouée par les neg’marrons, esclaves échappés des plantations esclavagistes et regroupés dans les montagnes. Et qui dit tradition dit filiation et transmission et c’est bien de ça qu’il s’agit ici et la présence de Waro sur un titre l’atteste. Leurs voix proches se répondent et se confondent. Mais alors que Waro est un révolté, Baré semble plus doux, poétique et sensible à la manière de Peters. Les musiciens de Waro aussi sont de la partie ainsi que son fils Sami à la kora. Tout ce beau monde accompagne les chansons interprétées en créole. Deux histoires racontées elles aussi en créole ponctuent ce disque et nous rappellent l’importance de l’oralité tout en nous invitant au voyage.